Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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lundi 24 mars 2008

¡ Viva la revolución !



Le livre dont je vais vous parler aujourd’hui est paru chez Griffe d’Encre, une petite maison d’édition spécialisée dans le fantastique sous toutes ses formes qui sort des bouquins avec de très belles couvertures illustrées (comme vous pourrez le constater sur leur site Internet).

Juste une petite parenthèse introductive pour dire que Sortie de route est classé comme « novella ». « Mais qu’est-ce qu’une novella ? » vous demandez-vous, hein ? Non ? … Ah, vous êtes bilingue anglais… Très bien… Enfin, moi je ne le savais pas, et du coup j’ai eu besoin de Wikipédia angliche version (le terme de novella n’existe pas (encore ?) en français) pour m’apprendre qu’une novella est un récit de 17 500 à 40 000 mots. C’est donc plus long qu’une « short story » (moins de 20 000 mots, que l’on traduit « nouvelle ») et plus court qu’un « novel » (à partir de 40 000 mots, que l’on traduit « roman »). Nous en déduisons donc que novella veut dire « plus court qu’un roman ». Je ne m’aventurerai pas à la classer « plus longue qu’une nouvelle » vu que la nouvelle, à en lire diverses sources francophones, ne se définit pas par chez nous selon un décompte des mots mais plutôt par la « règle de un » : unité de lieu, de temps et de narrateur (si je me rappelle bien). Fin de la parenthèse.

Bref, me voilà donc avec entre les mains un Sortie de route d’une centaine de pages et qui est - « je vous l’donne Emile » comme disait l’autre, top suprêmissime de la classe - dédicacé par l’auteur et par l’illustrateur !! Whaow ! (Je sens que vous êtes cramoisis de jalousie !)

Enfin, voilà, je vais finir par vous dire ce que recèle mon précieux exemplaire trop beau… C’est donc l’histoire de Monsieur Théodore, ou plutôt de sa « sortie de route ». Monsieur Théodore, 42 ans, est guichetier à la poste. Il est un citoyen modèle et organisé. Il trie ses ordures, il arrive à l’heure à son travail, il prépare ses habits du lendemain le soir avant d’aller se coucher. Il ne déteste rien tant que les gens qui se démarquent, sauf peut-être les enfants. En clair il est triste à pleurer, terne, plat et satisfait de sa condition. Et puis un jour il se fait enlever par la brigade de Répression des Abus en Matière d’Etre et se retrouve prisonnier au milieu de 200 autres sur une île étrange avec d’autres tâches à effectuer, d’autres règles à respecter. De quoi Monsieur Théodore s’est-il rendu coupable pour subir pareil traitement ? Comment va réagir cet homme d’une banalité désolante à ce nouvel ordre qu’on lui impose ? C’est ce que l’on découvre dans cette histoire. « Et moi comment je vis ? Comment je réagirais ? », ce sont les questions que je me suis posées en écho aux (més-)aventures de l’anti-héros Monsieur Théodore.

Cette novella est l’occasion pour Nathalie Salvi de nous faire part de ses réflexions sur la nature humaine et sa propension à rejeter ce qui est différent, sur la soumission à un ordre imposé, sur les origines de la révolte, sur ce qui pousse les gens à remettre en cause ce qu’ils pensent savoir d’eux et des autres… Ce sont des sujets sérieux maintes fois abordés par ailleurs et qui, de ce fait, me paraissent difficiles à traiter. Pour autant l’auteur s’en sort plutôt bien : de bonnes questions sont soulevées sans passer par les cases « lyrisme » et « exagération ». Au contraire on reste toujours dans une histoire fluide où l’on trouve nos repères, notamment au niveau des personnages, remarquablement bien « croqués » : on les a tous déjà croisés sous une forme ou une autre, que ce soit la boulangère obtuse ou le bureaucrate en adoration envers sa hiérarchie, sans parler de Monsieur Théodore lui-même, que nous avons tous été amenés à côtoyer un jour.

Cela dit, si Nathalie Salvi a bien évité de s’enliser dans des sujets difficiles parce qu’universels, j’ai par contre regretté qu’elle ne s’attarde pas plus sur les réflexions, les états d’âme et tout ce qui concernait le cas particulier de Monsieur Théodore. Ce traitement un peu trop rapide à mon goût m’a donné l’impression d’une histoire « schématisée » : j’ai bien vu l’état A, puis B, puis C mais les transitions de l’un à l’autre méritaient selon moi d’être plus développées (à la toute fin en particulier). Mais bon, quant on y pense, ce point faible que je trouve à l’histoire peut se traduire par « j’aurais aimé en lire plus », qui est plutôt un bon point pour l’auteur !

Je compte donc guetter les prochains écrits de Nathalie Salvi et, en attendant, me procurer bientôt l’anthologie « Ouvre-toi ! » (chroniqué ici chez Chimère) chez le même éditeur où figure une de ses nouvelles...

La jolie couverture de Sortie de route est l’œuvre de Fablyrr, qui a un site et un blog !

Vous pouvez trouver la critique d’autres bouquins de chez Griffe d’Encre chez Fashion, Chimère et Yueyin (La porte de Karim Berrouka), chez Chimère encore (Métropolitain, de Yan Marchand) et j'en oublie sans doute, n'hésitez pas à vous manifester!

Et pour finir merci à Nathalie Salvi et Fablyrr pour leurs dédicaces illustrées ainsi qu’à Magali de chez Griffe d’Encre pour m’avoir procuré ce mâââgnifique exemplaire ! :D

EDIT du 21/08/2008 : Depuis aujourd'hui même, mesdames et messieurs qui êtes inscrits sur Facebook, il vous est possible de laisser votre avis sur les livres Griffe d'Encre en vous rendant !

7 commentaires:

Fantômette a dit…

C'est dommage, l'idée de départ semblait chouette... A suivre donc, dans tes chroniques ?

fashion a dit…

ça a l'air sympa, ça! Noté!

Lucile a dit…

@ fantômette : oh, ça reste pas mal! Juste que ça aurait pu être poussé plus loin, c'est tout! A suivre ici, oui (mais pas dans l'immédiat)!
@ fashion : bien, bien! Même que si tu veux je te le prête! :)

fashion a dit…

Je dis oui, évidemment : je n'ai rien à lire! :)))

Lucile a dit…

@ fashion : je m'en doutais! ;-) Je te l'apporte au prochain club des théières!

Florinette a dit…

Ooooh celui-ci aussi me plaît beaucoup !! :-)

Lucile a dit…

@ Florinette : héhé! Commande-les tous d'un coup, pour limiter les frais de port! ;-)