Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
N’HÉSITEZ PAS A LAISSER VOS COMMENTAIRES SUR NOS LECTURES COMMUNES!

lundi 14 avril 2008

Là tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et austérité...



Certains l'ont remarqué, Luxueuse austérité est resté longtemps affiché comme ma lecture en cours. J'ai été assez occupée quand je le lisais, donc le livre n'est pas à mettre en cause. Cela dit, il me faut avouer que finalement je suis bien contente d'avoir eu le temps de digérer ce que je lisais...

Je vous rassure, il n'est pas du tout question d'un livre "dur". D'ailleurs de quoi est-il question? C'est difficile à dire : Marie Rouanet ne raconte pas une histoire (et c'est apparemment fréquent chez elle). Elle raconte certes quelques bribes de sa vie mais Luxueuse austérité n'est pour autant pas une autobiographie...

En fait, l'auteur nous raconte à travers quelques souvenirs précis qu'elle fait remonter à sa mémoire (des souvenirs des choses du quotidien : aller chercher de l'eau, cueillir des champignons, allumer le feu le matin... - un rude quotidien, je vous l'accorde, en tous cas certainement pas le mien!), le bonheur et la quiétude qu'elle a trouvés dans ces rythmes et ces mesures différents de ceux que nous connaissons aujourd'hui. Quand avoir à boire, à manger, de la chaleur, etc. coûte des efforts et du temps, on apprend à apprécier le peu qu'on peut avoir - toute cette austérité - comme un luxe : en gros, voilà le message que Marie Rouanet porte à travers ce livre.

On peut être d'accord ou pas avec son "retour aux sources" et ses choix de vie "à la dure", quand elle va de son plein gré passer ses vacances familiales dans une vieille masure sans eau courante et avec une simple ampoule électrique au plafond. On n'échappe pas à grand'chose des joies du "vivre simple" : le passage sur les pots de chambre est particulièrement peu ragoûtant, quant à celui sur "tuez vos animaux vous-même"... beurk! Et pourtant, il faut bien le peler, le lapin, si on veut manger du bon civet! Mais voilà, en "hommes modernes" on est complètement déconnectés de tout ça et on aime autant éviter de savoir ce qui se passe avant notre assiette... Enfin, ça fait que plusieurs de ces tâches diverses et variées m'ont fait me rendre à l'évidence : "Non, je ne suis pas une fille roots".

Cela dit, et pour en venir à ce que j'ai pensé de ce livre, je dois dire que j'ai beaucoup apprécié sa lecture. Marie Rouanet utilise une très belle langue, de celles qui apaisent, dense en messages et réflexions (d'où le bénéfique temps de "digestion" que j'évoquais au début) et je pense que j'aurai du plaisir à relire ce livre à l'avenir.

Des dizaines de passages de ce livre pourraient être mis en avant, mais en voici un qui donne bien le ton :

"Il faut savoir s'arrêter pour que la quantité de bien-être, de nourriture, de voyages, de sexe, d'amitiés ne devienne contrainte, fardeau à porter, abus de l'autre. Dire : assez pour n'être pas blasé, entraîné dans une course infinie mangeuse d'énergie et jamais satisfaite. Où passe cette ligne subtile à partir de laquelle le résultat est l'inverse de ce qui est cherché? Et qui la tracera sinon l'individu lui-même, par la méditation souvent aride?"


Je vous recommande donc la lecture de ces 175 pages, notamment à chaque fois que que vous avez l'impression de ne plus avoir les pieds sur terre ou de vous prendre la tête pour des broutilles. Attention, si vous n'êtes pas un minimum dans le trip "simple life"/"bon sens paysan", je ne garantis pas que ça vous plaira!

10 commentaires:

Stéphanie a dit…

Effectivement, à la lecture de l'extrait, je pense qu'il faut le lire doucement.
J'hésitais à la lecture de ton commentaire, mais puisqu'il ne fait que 175 pages, je le finirais certainement avant d'être "éceurée" par tant de "luxe" :)

Caro[line] a dit…

L'extrait que tu donnes m'interpèle... Je pourrais appliquer ce principe à ma frénésie bloguesque, justement !

En tout cas, c'est un livre à avoir sur sa table de chevet, on dirait...

amanda a dit…

mouais... je ne suis pas sure d'aimer!

chiffonnette a dit…

Il me fait toujours envie j'avoue!! Il y a besoin parfois de ces lectures tout doucement.

Lucile a dit…

@ stéphanie : oh, oui, d'autant plus que les descriptions du "luxe" alternent avec des réflexions plus générales... Pas de quoi se lasser, je pense! Je te le prête si tu veux!

@ caro[line] : oui, c'est exactement ça!

@ amanda : ça m'a paru certain qu'il ne pouvait pas plaire à tout le monde... Cela dit tu peux quand même essayer "pour voir", je veux bien le faire tourner!

@ chiffonnette : oui, certaines fois ça fait du bien des lectures de ce genre (mais pas trop sinon ça perd de son charme!) :) Et idem : mon exemplaire peut circuler! :)

Karine a dit…

Hmmmmmmm... pas sure que c'est pour moi!!!

Lucile a dit…

@ karine : je ne te connais pas assez pour le dire, en tous cas c'est tout à fait possible, je pense, de n'être pas du tout touché donc... possible! ^_^ (mais il y a teeeeeeeeellement d'autres choses à lire! ;-) )

Fantômette a dit…

Ce genre de livres fait du bien en ces temps de débauches de biens de consommation. Et le titre est chouette (j'adore les oxymorons). Allez hop ! sur la LAL.

Lucile a dit…

@ fantômette : il faudra que tu reviennes nous dire ce que tu en auras pensé, vu que tu n'as pas (encore?) de blog...

Fantômette a dit…

:-D