Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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jeudi 22 mai 2008

Celle qui n'avait pas sa langue dans sa poche


Je sais ce que vous allez dire. Ne le dites pas, je le sais! "Commeeeent?! Luciiiile!! 17 jours sans un billet! C'est inadmissiiiiiiiiiiiible!" etc. Oui, vous avez raison. En plus je suis bien embêtée parce que maintenant je dois écrire un billet sur un livre que j'ai rendu à sa propriétaire, j'ai nommé Stéphanie, qui me l'avait fort aimablement prêté... Vous me direz que c'est bien fait pour moi, et vous avez encore raison, donc arrêtons là, s'il vous plaît, je déteste avoir tort.

Bien, qu'avons-nous là? Ce livre, avec lequel j'inaugure une catégorie "Actualité" de ce blog qui ne devrait pas être très fournie (même si je recommençais à publier un billet par jour comme au bon vieux temps), non parce que ça ne m'intéresse pas, mais tout simplement parce que quand j'ai le choix entre acheter un livre "intéressant" ou un bon vieux roman qui va faire travailler mon imagination y'a pas photo... ce livre, donc, traite d'un sujet d'actualité (d'il y a quelques mois tout de même) à savoir la mise en place de nouveaux dispositifs en faveur des personnes en recherche d'emploi ou en situation d'emploi précaire, en particulier le Revenu de Solidarité Active (RSA de son petit nom).

Ce livre est constitué de deux parties bien distinctes : une première, réunissant une correspondance suivie et étalée sur le second semestre de l'année 2007, entre Gwenn Rosière (chômarde lambda qui commence simplement par s'excuser de ne pouvoir participer à un groupe de réflexion sur le RSA organisé dans son département, et qui joint à sa première lettre un petit guide du chômard pour apporter ses réflexions au groupe) et Martin Hirsch (vous savez, l'ancien président d'Emmaüs France, étiqueté à gauche, qui a intégré le gouvernement actuel au poste de Haut-Commissaire aux Solidarités Actives). La deuxième partie du livre est une interview de Martin Hirsch par Jean-Michel Helvig, qui prend du recul par rapport à la thématique pour remettre les mesures en faveur des sans-emploi ou "avec-emploi-précaire" (j'ai le droit d'inventer des mots) dans un cadre plus large, Martin Hirsch dans son contexte et chaque chose à sa place.

C'est un livre réellement intéressant. Je n'irai pas jusqu'à dire "édifiant" mais je pense que chacun gagnerait à le lire, étant donné qu'il a le mérite de prendre le temps d'examiner le sujet en profondeur, sans s'arrêter aux habituelles schématisations qui ont nécessairement cours dans les médias.

La première partie met vraiment le doigt là où ça fait mal... Mes réactions les plus fréquentes à la lecture des lettre de Gwenn : "Mais, c'est possible de vivre avec 400 et quelques euros par mois!!??!!!?" ou encore "Cette fille est formidable! Comment garde-t-elle son sens de l'humour, sa patience, l'envie de s'en sortir avec tous les problèmes qu'elle a à gérer?!" Gwenn Rosière ne mâche pas ses mots : tout en restant polie et constructive, elle n'hésite pas à parler franchement à Martin Hirsch au sujet de la pertinence de ses réflexions, de l'orientation qu'il donne à son travail ou même de l'image qu'il renvoie dans les médias!! Là je regrette d'avoir rendu le bouquin car il y avait une phrase tordante où Gwenn prenait franchement un ton de coach, du genre "Ils vous prennent pour un débile? Mais prouvez-leur que vous avez de la suite dans les idées! Ils vous coupent la parole? Gueulez plus fort qu'eux!" ou encore "J'ai entendu que vous avez anoncé ça : c'est bien." et aussi "Votre sondage sur le site Internet, vous en attendez quoi? C'est franchement nul". Je ne veux surtout pas donner à croire que tout cela est gratuit, car ce qui rend cet échange très intéressant à lire, c'est que Gwenn Rosière à beaucoup d'idées, elle suit l'actualité, elle est intelligente. Et Martin Hirsch le sait, c'est pourquoi il ne s'offusque jamais de ses sorties (il faut dire qu'elle met toujours un petit mot gentil avec, comme pour dire "dans le fond je vous aime bien, mais ce que vous avez fait, là, ben c'est vraiment pas bon"). Quant à lui, il apparaît comme quelqu'un de sincère, qui réfléchit beaucoup à son sujet, et qui veut profondément parvenir à réduire les inégalités de la meilleure façon qui soit. Cela apprait déjà dans cette première partie mais cela se renforce ensuite...

L'interview de Martin Hirsch s'éloigne des préoccupations concrètes des chômards et SMICards pour détailler le fonctionnement du RSA, expliquer le parcours de Martin Hirsch jusqu'à son entrée au gouvernement... Là, on est bien remis à sa place quant à la caricature qu'on a vite fait de dessiner nous-mêmes entre les gentils / les méchants, la trahison / la fidélité, etc. (largement aidés par les médias, certes, mais bon, prenons notre part aussi...) : on pensait être des grandes personnes, capables de pondérer au moins un petit peu ce qu'on entendait/lisait/voyait mais non, on s'est précipité dans le cliché sans s'en rendre compte... Par rapport à son indépendance par rapport au gouvernement par exemple ou à ses rapports avec le président Sarkozy, Martin Hirsch tient un discours argumenté et très serein qui rend toutes les polémiques à ce sujet bien futiles.

En conclusion, c'est donc un livre riche d'enseignements, que je vous conseille donc de lire!

Encore merci à Stéphanie pour le prêt. Son avis ...

3 commentaires:

amanda a dit…

je vais demander à S de me le prêter !

Caro[line] a dit…

En effet, ça a l'air très intéressant mais j'ai beaucoup de mal à me plonger dans ce genre de livres. Comme toi, placée devant un livre de ce genre et un roman, je n'hésite pas ! ;-)

Lucile a dit…

@ amanda : je l'ai lu vite pour qu'il puisse tourner, je pense qu'il n'y aura pas de souci! :)

@ caro[line] : voui, comme souvent il faut se dire "allez, je prends du temps pour ça!". Mais au final ça va! :D