Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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jeudi 19 juin 2008

L'amour pour l'amour...



Je ne suis pas dans le cercle des blogueuses parisiennes du Club des Théières depuis très longtemps, cela dit il est des livres qu'il est fort difficile d'éviter longtemps en présence de certaines personnes... Des souvenirs ici, ou encore là, là aussi...

La douceur des hommes, de Simonetta Greggio, est de ces livres-là. Or ça tombe bien, c'est un petit livre d'à peine 150 pages, donc "ça ne compte pas" comme on dit beaucoup par chez nous, et je l'ai évidemment glissé dans mon SLAT lorsque Fashion me l'a proposé...

C'est donc l'histoire de deux femmes. Fosca, une dame âgée de pas loin de 90 ans qui a beaucoup aimé les hommes, qui aime toujours la vie (elle est coquette, elle fume des Craven, et elle boit l'apéro sans souci, et plutôt deux fois qu'une!) et qui va mourir (le livre débute lors de son enterrement avant de revenir sur le passé). Près d'elle, il y a Constance, la narratrice, jeune femme que je situerais dans la trentaine (mais je ne me rappelle pas avoir lu son âge quelque part), qui appelle Fosca "grand-mère" bien qu'elles se soient rencontrées de façon un peu étrange dans un restaurant à Venise (cela dit, le personnage de Fosca est tellement particulier que cette rencontre improbable n'étonne pas vraiment). Ensemble, elles partent vers l'Italie pour un dernier voyage dans le pays natal de la vieille dame, et ce périple dans sa vieille Rolls sera l'occasion pour Fosca de livrer une partie de ses souvenirs amoureux à Constance... Celle-ci continuera ensuite de découvrir Fosca à travers des lettres et un carnet lui ayant appartenu il y a bien longtemps.

Pour vous parler de ce que j'ai pensé de ce livre, je ne vois pas d'autre solution que de vous parler de ces deux femmes, ou plutôt de ces trois femmes.

Il y a tout d'abord Fosca, la vieille dame de la première partie du livre, une Italienne exilée en France qui raconte (en vrac et dans le désordre) son premier mariage, son second mariage, son premier orgasme, sa première passion, son éducation au milieu de femmes, etc. le tout par bribes... Elle témoigne d'une franche tendresse pour Constance, l'appelant souvent "mon chéri", ou "mon coeur"... J'ai trouvé ce personnage très attachant avec son fort caractère, sa perpétuelle malice dans le regard, sa coquetterie, sa "sagesse" et sa franchise...

Ensuite il y a Constance. Ah, Constance! Elle porte particulièrement bien son nom tant elle exprime peu de personnalité. C'est un personnage très effacé, portant toujours une tristesse dont on ne connaîtra pas la cause profonde (ou peut-être suis-je passée à côté de ça), et vouant une adoration sans borne à Fosca. Elle semble n'être que le réceptacle de la "confession" de la vieille dame, sans subjectivité, juste comme ça. C'est assez étrange. Et surtout, longtemps on ne comprend pas comment Fosca a pu s'intéresser à Constance lors de leur rencontre à Venise, ce qu'elle peut bien lui trouver, elle qui vit sa vie à fond, ce qui les rapproche...

Enfin, il y a la Fosca "d'avant", celle que l'on découvre dans la deuxième partie du livre à travers des lettres et son journal, celle pour qui l'amour n'a pas toujours été un jeu d'enfant, celle qui s'interroge et se construit, celle qui choisit sa vie. Et c'est de loin ce personnage qui fait selon moi tout l'intérêt de ce court roman, en mettant en perspective la vieille dame sympathique et amusante du début, en la rendant un peu plus complexe que ce qu'elle n'en a l'air.

Je n'ai pas eu de coup de coeur pour ce livre comme Stéphanie - qui est quand même à l'origine de cette lecture en chaîne, il faut bien que je vous le dise! - par exemple, mais je l'ai quand même bien aimé pour ce qu'il révèle sur ce qui peut fonder un choix de vie. Je le trouve optimiste aussi, par la mise en scène de ce personnage fort qui a composé avec son histoire, qui a évolué à partir d'un événement pas dramatique, mais tout de même marquant. Et c'est justement ça qui m'a plu : lire que des petites choses peuvent orienter notre trajectoire. Ce n'est pas une découverte révolutionnaire mais j'ai trouvé que c'était subtilement dit!

Ainsi donc, je vous conseille ce livre, court et plaisant à lire, tout en me demandant si vous y verrez la même chose que moi!

Un petit extrait pour finir, qui m'a arrêtée dans ma lecture et que j'ai relu plusieurs fois avant de continuer (p. 128) :
"Comme lui, je n'aime qu'une chose : m'appartenir. Mais, au contraire de lui, je ne connais pas l'état de manque. Il ne me manque pas, parce qu'il ne m'appartient pas. Mais ça, les hommes peuvent-ils le comprendre?"

Les avis de Stéphanie, Fashion, Amanda, Emeraude, Caro[line], Karine, Florinette, Bladelor...
Et merci Fashion pour le prêt! :)

PS : Pour le titre de ce billet j'ai hésité avec "La Constance du jardinier" mais c'était un peu uniquement pour les "happy few" ( ;-) ) qui ont lu le livre donc j'ai préféré cette citation (de Fosca, l'auriez-vous deviné?!)

11 commentaires:

Anjelica a dit…

Je l'ai lu l'année dernière. Comme toi, je l'avais bien aimé mais ce ne fut pas un coup de coeur non plus.

fashion a dit…

Dis donc, qu'est-ce que c'est que ces fadaises sur le prénom "Constance" ? Attention, tu risques d'être privée de la pâtisserie de ma Mom dimanche! :))

amanda a dit…

pfiou, j'ai pensé au Constant gardener, le film, et je ne comprenais pas...ouais, ça y est, pigé..

Lucile a dit…

@ anjelica : il faudrait que je retourne voir sur ton blog dans les livres que tu as lu et que j'ai lus aussi si on a souvent eu les mêmes impressions de lecture... ^_^

@ fashion : ah ben non alors! pas privée de pâtisserie! S'il te pléééééé... :(
Je n'ai rien contre le prénom Constance, que je trouve même très doux, juste que ce personnage-là... bon, voilà elle est très très effacée quand même cette Constance-là (mais je ne te l'apprends pas, vu que tu as lu ce livre...) Ca va tu me pardonnes? :)

Lucile a dit…

@ amanda : du coup tu as tout saisi! ^_^

Stéphanie a dit…

ce livre ne peut pas être un coup de coeur pour tous le monde
mais tu en parles très bien :)
et comme tu le recommandes, tout de même, tu ne seras pas privée de pâtisserie ;o)

Lucile a dit…

@ stéphanie : ouf alors! :)

Florinette a dit…

Un bien joli livre qui m'a beaucoup touchée et ce fut un plaisir de lire ton billet, même si nous ne partageons pas ce coup de coeur ! ;-)
Bon week-end Lucile !

alice a dit…

j'ai reçu ton colis aujourd'hui ! merci beaucoup ! c'est parfait !
et puis ça m'a permis de découvrir ton blog !
muller.alice (at) wanadoo.fr

Praline a dit…

miss, t'es taguée !

Lucile a dit…

@ florinette : merci, j'espère que ton week-end était aussi agréable que le mien! ;-)

@ alice : ah, je suis ravie que ça te plaise! Je me suis bien amusée à le préparer en tous cas :D

@ praline : chouette! :) (je vais essayer de me démener pour que ma réponse soit aussi imagée que la tienne!) ;-)