Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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mercredi 8 octobre 2008

La guerre est finie


Vous vous rappelez sans doute de l'horrible pression que me fait subir Laetitia : j'en ai déjà fait les frais et ... Non contente de m'avoir soumise plusieurs fois à sa volonté de fer, v'là-t-y pas qu'elle en a remis une couche! En me donnant deux Baricco supplémentaires à lire... Non mais je vous rassure, hein : je suis contente de les lire, ces livres! ;-)

J'ai commencé par celui-ci étant donné que j'en avais beaucoup moins entendu parler que de Novecento : pianiste, que je voulais donc me réserver pour la fin. Comme en plus c'est un tout petit livre (120 pages environ) je n'en attendais rien de particulier, et peut-être pour cela - mais pas uniquement, je pense - ce fut une bonne surprise.

Le livre est scindé en deux épisodes. Le premier est sanglant (ne pas se fier au titre!) et se déroule à la fin de la guerre : des hommes règlent leurs comptes concernant différents actes de barbarie commis pendant les années de conflit. Le second se passe plusieurs décennies (40 ans? 50 ans?) plus tard et décrit la rencontre de deux petits vieux, un homme et une femme qui vont revenir sur leur passé en discutant autour d'un gâteau dans un café.

Evidemment, ces deux épisodes sont liés, et on comprend bien vite comment. Une seule et même histoire se reconstitue donc sous nos yeux, entre la tension extrême du début du livre (qui m'a franchement évoqué un film tant la description était visuelle et les dialogues réalistes) et la sérénité très classe des deux vieux, et aussi leur intelligence, que l'on devine au cours de leurs monologues respectifs. J'ai beaucoup aimé ce changement d'ambiance, ce calme après la tempête, même s'il ne faut pas toujours se fier à l'eau qui dort. Le style est ici très différent de ce que j'avais pu lire dans Soie, du même auteur, mais la poésie sous-jacente (qui était beaucoup plus affirmée dans ma première lecture de Baricco) m'a cette fois encore enchantée quand je l'ai vue pointer son nez par endroits.

Quant aux thématiques abordées, il est question dans Sans sang du sentiment de culpabilité, de ce que l'on pense que la guerre "excuse", de vies individuelles vues à travers des prismes beaucoup plus larges et plus ou moins sacrifiées... J'ai beaucoup aimé la façon profondément sincère de traiter ces sujets sans se voiler la face ni donner de réponses définitives, ce comportement entre le haussement d'épaules indifférent et la sagesse la plus profonde face à ce qui nous dépasse.

Une très belle lecture que je recommande vivement, si possible sans rien en attendre a priori! ;-)
L'avis de Laetitia, qui avait autant aimé que moi! Et encore merci pour le "prêt"! ;-)

8 commentaires:

Laëtitia a dit…

Tu n'es pas au bout de tes peines ma grande ;-) J'ai encore quelques titres en stock pour toi... alors cesse de te rebeller !

Lucile a dit…

@ laetitia : boooon, d'accoooooord! (ah, tiens, je n'essaie même plus de me rebeller tu as remarqué?) ;-)

BlueGrey a dit…

De Baricco, j'avais beacoup BEAUCOUP aimé "Soie" et pas du tout "Océan mer"... Je note donc ce titre-là, afin de me faire un 3e avis !

chiff' a dit…

Je l'ai vraiment bien aimé celui-ci!!

Stéphanie a dit…

noté
j'ai adoré soie, et toujours rien lu d'autre de l'auteur :)

Lucile a dit…

@ bluegrey : ah tiens, je ne testerai pas "Océan mer" tout de suite alors... En même temps avec la cure de Baricco que je viens de faire, ce n'est pas grave! ;-)

@ chiff' : et je comprends tout à fait!! :)

@ stephanie : c'est un bon choix... :) Sinon il y a aussi Novecento pianiste (il y aura un billet ici demain) qui est très chouette aussi...

Caro[line] a dit…

Après avoir subi une pression de Laëtitia (un autre genre de pression... elle est terrible, cette fille-là ! pire que Foenkinos et moi presque... ;-)), j'ai lu "Soie" que j'avais adoré (j'ai été touchée par la poésie de ce livre) et "Sans sang" qui m'avait moins emballé. Toujours un style chouette mais l'histoire m'a moins touché.

Lucile a dit…

@ caro[line] : je pense qu'il faudrait monter un club des victimes de la pression littéraire de Laetitia! lol
Sinon je ne sais pas bien comment Baricco se débrouille pour avoir tellement de styles de narration différents avec toujours la même poésie. :)