Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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mercredi 12 novembre 2008

Attention, chien méchant.


On m'avait prévenue : "Métropolitain, c'est... particulier!" C'était donc dans un mini-challenge (45 pages) que je m'embarquais en ouvrant cette novella qui fut la première publiée chez Griffe d'Encre.

Et j'ai beaucoup aimé.

Certes, c'est assez étrange : on se retrouve ici dans le plus pur style fantastique. Jugez plutôt : Romuald n'est personne (on n'apprend d'ailleurs son prénom qu'assez tard dans l'intrigue). La quarantaine, il est employé de banque (la non-personne par excellence, un costard gris comme d'autres ; d'autre part on ne sait pas ce qu'il est d'autre que ça) et surtout il est très laid. Il dégoûte les femmes. Mais il travaille avec Marie, une fille sublime qu'il reluque sans complexe à longueur de journée tandis qu'elle le déteste cordialement. Ca, c'est la situation de départ, qui vous met déjà un peu mal à l'aise. Ce gars au regard pervers et qui ne s'en cache même pas, même s'il ne dépasse aucune limite dans ses paroles ni dans ses actes... Brrr!

Pour l'instant, point de fantastique, vous me direz. Certes. Ca commence le jour où un chien se prend d'"affection" pour Romuald dans le métro. Non seulement il ne le lâche plus d'une semelle, mais en plus il lui mordille les mollets, il le lèche, il le mord... Il l'attend devant la banque toute la journée, il l'attend en bas de chez lui pendant la nuit... Ce cirque dure plusieurs jours jusqu'à ce que, excédé, Romuald se débarasse de l'horrible cabot. Fini? Bah non, c'est là que ça devient encore plus fou : désormais tout le monde veut goûter à Romuald. Et là je vous assure que ça devient vraiment très... bizarre!

Le narrateur est Romuald lui-même, qui nous décrit ce qui lui arrive avec lucidité, nous parle de son ressenti, sa colère, sa jubilation dans un style précis et fluide. Il ne comprend pas plus que le lecteur ce qui est en train de se passer mais, pragmatique, s'en accomode et organise sa vie en fonction. On ne s'attache pas à un tel personnage : on comprend ses réactions du fait de la vie d'humiliations qu'il a vécue, mais ce côté aigri et conscient de l'être nous tient justement à distance.

Cette étrange histoire est l'occasion pour Yan Marchand d'aborder des questions comme ce qui fait la valeur d'une personne et sur la différence qu'il y a entre cette valeur intrinsèque et ce que les gens recherchent à son contact, sur la solitude, sur la dépendance... C'est très court mais aussi très efficace. L'escalade dans l'absurde de la situation de Romuald m'a fait froid dans le dos, la fin m'a laissée perplexe, mais j'ai vraiment beaucoup aimé ça!

Je vous le conseille donc, notamment si vous aimez les histoires un peu glauques.

Merci à Griffe d'Encre pour m'avoir permis de le découvrir!
L'avis de Blue Grey ici!

Je vous renvoie à leur site pour en savoir plus sur Yan Marchand (l'auteur) et sur Zariel (l'illustrateur).


Griffe d’Encre

Et le traditionnel renvoi vers Facebook pour commenter (ou lire les commentaires sur) Métropolitain, ou n'importe quel autre livre!

9 commentaires:

Céline C. a dit…

Eh bien, il faut vraiment que je me penche plus sérieusement sur les publications de Griffe d'Encre moi !!
Etrange, ça m'a l'air bien bizarre en effet, mais j'aime bien les lectures qui sortent de l'ordinaire... Et peu de pages, ça me changera de mes pavés habituels !!

En tout cas, chapeau, tu réussis à m'intriguer sur une maison d'édition alors qu'en général, c'est plutôt les auteurs qui me mettent la puce à l'oreille !

Fantômette a dit…

Pas pour moi. Ma PAL te remercie.

Lucile a dit…

@ céline C : j'espère que celui-ci te plaira! Sur Griffe d'Encre... bah c'est sûr que j'en parle beaucoup mais il faut dire que je n'ai jamais été déçue par un de leurs titres! Et puis comme c'est une toute jeune maison d'édition, j'ai envie de les soutenir! ^_^

@ fantômette : c'est sûr que c'est spécial et on peut ne pas aimer... (Si tu veux être sûre, tu peux toujours aller lire un extrait là :
http://www.griffedencre.fr/catalog/redirect.php?action=url&goto=metropolitain_extrait.pdf )
:)

A_girl_from_earth a dit…

Wow! Sérieusement il ne semble n'y avoir que du bon cru chez Griffe d'Encre - en tout cas tes lectures donnent envie!

Lucile a dit…

@ a_girl : oui, je pense que du fait qu'ils ne puissent faire paraître qu'un nombre limité d'ouvrages (questions de moyens), ils ne sélectionnent que le meilleur de ce qu'ils reçoivent pour notre plus grand bonheur! :)

Caro[line] a dit…

Hou la la, celui ne me tente pas du tout. Je n'aime pas les histoires glauques et le sujet ne me tente pas du tout. Vais passer mon tour ! (Même si le livre est court, n'insiste pas ! ;-))

Lucile a dit…

@ caro[line] : ahlala, à la fois je te comprends (j'ai quand même mis du temps avant de m'y intéresser, j'avais plusieurs fois hésité à le prendre...) et d'un autre côté je pense que je traduis mal l'intérêt du livre... Il n'est pas siiiii glauque que ça... Tu ne veux même pas y jeter un oeil si je te le prête? ;)

BlueGrey a dit…

Un texte étrange, un univers décalé et déroutant, entre fantastique et absurde, un style serré et un humour sardonique : ce récit ne manque pas de qualités !

De plus je tiens moi aussi à souligner la qualité de la maquette des livres de cette maison d'édition. Je suis très sensible au livre en tant qu'objet et celui-ci est très réussi, avec une illustration de couverture qui rend parfaitement compte de l'ambiance du livre, et un inhabituel mais bienvenu bonus en fin d'ouvrage présentant l'auteur et l'illustrateur...

Lucile a dit…

@ Blue Grey : ton billet donne une bonne idée du livre et de son ambiance si particulière... J'ai rajouté le lien pour les curieux! ;-)