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dimanche 2 novembre 2008

Des bombes, des baffes et des bouteilles de whisky (10 000 de chaque)



Après plusieurs semaines de silence (dues à une impressionnante surcharge de travail que je vais peut-être retrouver à mon retour de vacances, donc j’en profite pour rédiger les quelques billets que j’ai pour vous), me revoici pour vous parler de De Niro’s game, un premier roman dont vous avez sans doute beaucoup entendu parler sur de nombreux blogs avant ce billet. L’auteur est un libanais exilé au Canada. Il me semble me rappeler que la majorité des avis étaient plutôt positifs sur ce livre. Pour ma part, je suis plutôt réservée. Ce n’est pas que je ne l’ai pas aimé du tout, mais bon, je suis un peu restée en-dehors de ce livre, c’est pourquoi je sens que je vais avoir beaucoup de mal à en parler…

Un petit résumé de l’histoire pour commencer : nous nous trouvons au Liban, à Beyrouth plus précisément, au début des années 1980, et les bombes pleuvent sur la ville. Des habitants vivent encore dans les décombres : ils font leurs courses, s’amusent dans des boîtes de nuit, tout pareil que vous et moi, sauf que c’est la guerre, qu’il y a de la poussière partout, des chiens errants, la milice et des cadavres dans les rues et le bruit des bombes et des coups de feu. Dans cette ville en guerre, Bassam, le narrateur, et Georges sont adolescents. Ils ont grandi et fait les 400 coups ensemble et continuent d’ailleurs au début du livre. Au début seulement car au cours du roman, leurs routes vont prendre des directions totalement différentes, Bassam continuant sa vie sur la droite ligne de ce qu’il avait commencé (travail sur le port, petits larcins pour arrondir ses revenus, amourette avec Rana…), Georges virant peu à peu vers la partie la plus violente de cette vie, embrigadé dans la milice. C’est cette dérive de Georges (surnommé « De Niro ») et les impacts que cela aura sur la vie de Bassam que nous conte De Niro’s game.

Le roman est divisé en trois parties : Rome, Beyrouth et Paris. Cette division reflète l’état d’esprit de Bassam, rêvant d’abord d’une vie meilleure (bâtissant ses châteaux en Espagne, sauf que Rome est en Italie, mais bon…), puis ramené brutalement à la dure réalité de la guerre au quotidien avant d’envisager une autre vie. Le style également est au plus proche de la pensée de Bassam : le plus souvent des phrases courtes et précises, factuelles, et puis de temps à autre une phrase d’une demie-page, accumulant mots et idées en une escalade effrayante de fureur ou de folie. Les dialogues sont sans guillemets ni tirets, comme dans la vraie vie. Il me semble que cela confère à la narration une certaine efficacité en termes de rendu d’une atmosphère, d’une tension, du désenchantement précoce de la jeunesse en temps de guerre. De Niro’s game donne aussi à voir le quotidien de la guerre pour les civils qui n’ont pas pu ou pas voulu partir ; le fait que Rawi Hage ait vécu cette guerre civile lui-même avant d’émigrer au Canada donne à son roman un caractère de témoignage qui ne peut qu’être salué.

Cela dit, je suis restée à quai sur ce coup-là : peut-être est-ce dû au style trop factuel, décrivant froidement tout ce qui arrive au narrateur et à son ami. Ou peut-être est-ce plutôt le caractère de Bassam, que j’ai eu du coup du mal à cerner à cause de cette narration qui laisse penser qu’il est plus spectateur qu’acteur de sa vie, alors que certaines de ses actions témoignent d’une réflexion de sa part et d’intelligence… Je pense que j’aurais eu besoin d’en savoir plus sur lui et ses desseins pour m’attacher plus à ce récit.

Les avis de Caro[line] (qui l’avait lu pour La Recrue sous son titre canadien, Parfum de poussière), Fashion, Delphine, Brize, Karine, Orchidée et bien d’autres que j’oublie sans doute…

Je remercie vivement les éditions Denoël et Chez les filles, qui m’ont permis de me faire mon opinion sur ce roman dont j’avais tellement entendu parler.

Concernant le titre de ce billet, il fait écho aux multiples mentions de « dix mille ... » que l’on trouve souvent en débuts de chapitres ou de paragraphes.

8 commentaires:

Karine ;) a dit…

J'ai pour ma part aimé ce livre bien qu'il m'ait donné d'horribles cauchemars! En fait, c'est cette horreur qui m'a surtout marquée après coup (ma lecture date d'ily a un moment) et beaucoup moins le parcours de Bassam...

Lucile a dit…

@ Karine : je t'ai rajouté dans les liens! ;-) C'est vrai que l'horreur est vraiment très présente à certains moments du roman.

Brize a dit…

Je comprends tout à fait ce que tu veux dire parce que je ne me suis pas, non plus, vraiment attachée aux personnages de ce roman. C'est, je crois, l'écriture (que tu décris très bien) qui m'a captée et m'a permis de m'intéresser au récit.

Lucile a dit…

@ brize : merci pour ton com! :) C'est drôle comme parfois la description d'un bloggeur sur un livre qu'on a lu aussi peut nous être parfaitement compréhensible alors que le ressenti final sur le roman peut être très différent...

Orchidee a dit…

pour ma part, je n'ai pas trop accroché à ce livre : à cause du style et du manque de sentiments et ce 10 000 m'a géné ... je dis tout ça sur mon billet ...
je suis en sommen mitigée comme toi,
voilà

Lucile a dit…

@ orchidée : je rajoute le lien vers ton billet. :)

akialam a dit…

j'ai un avis mitigé sur cet ouvrage, car si finalement le récit est intéressant, la dernière partie, à Paris, m'a en revanche complètement fait décrocher, car je n'ai pas vu son interêt...

Lucile a dit…

@ akialam : de mon coté la sensation que tu décris était plutôt générale sur l'ensemble du roman, si je me souviens bien... Merci pour ton com'! :)