Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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vendredi 2 janvier 2009

Atmosphère, atmosphère...


Tout d'abord, je vous souhaite à tous une excellente année 2009, pleine de bonnes choses et de lectures agréables... Merci à ceux d'entre vous qui ont gentiment déposé leurs voeux dans les coms pendant mon absence, j'en ai été très touchée!

Me revoici donc en cette nouvelle année pour vous parler d'un premier roman d'un auteur d'Afrique du Sud qui m'a globalement beaucoup plu.

Katie et Maria sont deux petites filles inséparables à Hebron, une ferme d'Afrique du Sud dans les années 20. Leur particularité? Katie est l'une des filles de M. King, le propriétaire, tandis que Maria est la fille de la servante (noire) de la ferme. Elles vivent pleinement cette amitié hors-norme et complexe et se réfugient souvent dans l'église en tôle au-dessus de l'étang de la propriété où elles prononcent des serments solennels et mystérieux. Alors qu'elle est âgée de huit ans, Katie quitte la ferme avec sa mère et sa soeur pour n'y revenir que près de vingt ans plus tard ; Maria restera à Hebron tout ce temps pour ne pas manquer son retour. Lorsque Katie rentrera enfin, ce sera pour se trouver nez-à-nez avec son ancienne amie, mais surtout avec M. Fyncham, le nouveau propriétaire de la ferme. Certaines choses ont changé, d'autres pas : c'est ce que vont découvrir les deux jeunes femmes.

On suit ici l'histoire de Katie et Maria à travers le regard de l'une et de l'autre mais aussi à travers celui de leur voisin Hendrik, plus jeune qu'elles d'une dizaine d'années, qui est complètement fasciné par Katie. Cette relation de fascination, de dépendance presque, n'est pas la seule du roman : en effet, Maria la ressent également envers Katie, et Katie envers Tom Fyncham. Quant à lui, ses motivations restent assez mystérieuses tout au long du livre.

La narration emprunte un chemin sinueux que l'on suit pourtant sans difficulté. L'auteur nous emmène au gré de ses narrateurs et de leurs flashbacks en différentes époques, que l'on peut classer en trois épisodes : l'enfance des fillettes, l'époque du retour de Katie à la ferme, et les années 90 (date à laquelle a lieu la découverte d'ossements par une fillette à Hebron qui entraînera la suite du récit).

Le principal point fort que j'ai trouvé à ce roman tient à son ambiance toute particulière qui rappelle à la fois le poids de la fatalité et le mystère ambiant que l'on retrouve dans Cent ans de solitude et les superstitions liées au culte vaudou en Louisiane : ça sent le bayou (même si on est en Afrique du Sud, on est d'accord), le mystère, la magie... L'indolence et les visions de Maria, sa placidité aussi, en font un personnage inquiétant tout en étant extrêmement neutre et passif. L'église en tôle, toujours éclairée et dans laquelle résonnent parfois des chants au coeur de la nuit ou apparaissent de petites empreintes dans la poussière, fait également froid dans le dos bien que l'auteur ne prenne jamais le parti de faire basculer son roman dans le fantastique. Cette atmosphère si finement rendue de maison abandonnée, d'esprit des lieux, de superstitions tues, m'a littéralement conquise...

De fait, le côté suspense, "impeccablement orchestré" d'après le quatrième de couverture, n'est pas à mon avis ce qui ressort principalement de ce roman. La preuve : je n'ai tout simplement pas mentionné les ossements qui sont découverts au tout début du roman quand je l'ai résumé. Pourtant, c'est vrai que je me suis régulièrement demandé au fil de ma lecture à qui ces os pouvaient bien appartenir et pourquoi ils étaient là, mais j'ai pris tellement de plaisir à être plongée dans cet univers que cela m'a paru tout à fait secondaire (en outre, il faut dire que les différents narrateurs ne peuvent guère s'en préoccupper dans de leurs récits, pusqu'ils sont antérieurs à la macabre découverte). Je pense que ça doit être lié à une perception personnelle, car des pistes et indices sont effectivement livrés au lecteur au fil du récit : je ne devais pas avoir envie de m'attacher principalement à ces histoires d'os (!). De même, si j'ai découvert l'histoire de Maria et Katie avec plaisir, je pense le devoir à cet écrin que lui avait créé Rosamund Haden plutôt qu'au fond, une histoire qui tient debout mais à laquelle il me semble que l'auteur aurait pu donner plus de punch.

En conclusion, je vous conseille vivement ce livre si vous aimez les ambiances étranges et teintées de mystère, je vous le déconseille si vous vous attendez à une enquête policière ou à une réflexion sociologique sur l'appartheid en Afrique du Sud. Quant à moi, je vais guetter les prochains romans de cet auteur qui pourrait bien à mon sens sortir un chef d'oeuvre si elle parvient à donner au fond de ses histoires la force que j'ai trouvée à la forme de L'Eglise des pas perdus.

Merci au Livre de Poche pour m'avoir permis de découvrir ce premier roman que je n'aurais sans doute jamais approché sinon!

Les avis (unanimes, mais pas forcément pour la même raison que moi!) d'Amanda, Brize, Praline, Delphine, Joëlle, Lou...

PS : Un petit bémol pour la traduction du titre (The tin church) que "L'Eglise en tôle" aurait tout aussi bien servi à mon humble avis...

11 commentaires:

keisha a dit…

Je l'ai lu il y a quelque temps (j'aime bien l'éditeur d'ailleurs, il choisit des romans de qualité)et sa sortie en poche lui donne une seconde chance, et c'est justice !

Brize a dit…

Bravo pour ton analyse très fine d'un roman dont j'ai moi aussi apprécié la lecture !

Caro[line] a dit…

Très bonne nouvelle année, chère Lucile !!!

Karine :) a dit…

Ambiance mystérieuse... ça devrait me plaire. Presque tout le monde en dit du bien, en plus!!!

Lucile a dit…

@ keisha : avais-tu fait un billet? (je ne l'ai pas trouvé sur ton blog) Pour ma part je n'ai encore rien lu chez cet éditeur mais c'est vrai que c'est encourageant! :)

@ brize : merci (en lisant vos billets, je me disais plutôt que j'étais un peu passée à côté de l'histoire! ^_^).

@ Caro[line] : merci! :)

@ Karine : oui, je pense que tu ne seras pas déçue! :)

A_girl_from_earth a dit…

Mmmmh... serait-ce ma première cueillette de l'année? :)
J'en profite pour te souhaiter une très bonne année 2009!

Lucile a dit…

@ a_girl : coucou et très bonne année à toi aussi! Ce roman pourrait te plaire en effet! ;-) J'essaie de venir faire un tour par chez toi bientôt! Biz!

La Nymphette a dit…

Je ne l'ai pas encore lu... Mais j'aime bien ce titre moi! Il me rappelle un petite pièce vue il y a cinq ans et intituléé "la salle des pas perdus"

Lucile a dit…

@ la nymphette : oui, pardon je me suis mal exprimée! Je voulais juste dire que "l'église des pas perdus" n'a au final pas grand rapport avec l'histoire. Je suis d'accord sur son côté poétique par contre : "l'église en tôle" serait nettement moins vendeur! ^_^

Lou a dit…

Tu as raison de parler du suspense... certes il y en a, et c'est un roman qu'on lâche difficilement. Mais en lisant la couverture et en voyant cette histoire d'ossements, on s'attend presque à une narration de type "thriller", alors qu'au final ce fil conducteur n'occupe qu'une place relative dans le roman.

Lucile a dit…

@ Lou : je vois que tu as été complètement séduite par ce roman! Tout à fait d'accord avec toi pour le côté complexe et complet du livre, même si je suis moins enthousiaste que toi. Je le relirai peut-être plus tard! En attendant, je rajoute le lien vers ton billet!