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mercredi 4 mars 2009

Tout entière la prendre ou la laisser


Sitôt parue, sitôt chroniquée! Revoici une novella Griffe d'Encre, la première de 2009, signée Yan Marchand (l'auteur de Métropolitain, que j'avais commenté ici).

Ici la part de fantastique est hyper-light, pour ne pas dire inexistante (bon, y'a bien une toute petite touche à un moment, mais sachez que si le fantastique vous effraie d'ordinaire, vous n'avez pas à fuir devant ces Prothétiques...) : on s'approcherait plutôt du huis-clos psychologique... Tout commence lorsque M. Maréchal, qui mène une vie on ne peut plus heureuse bien que normée, se rend compte qu'il souhaiterait mettre un peu de piment dans sa vie, un brin d'imprévu... Une ou deux aventures extra-conjugales, par exemple. Le problème est qu'il n'a aucune envie de tromper sa femme. La solution? Qu'elle devienne quelqu'un d'autre pour qu'il ne lui soit pas infidèle vraiment. Mme Maréchal a été difficile à convaincre ; le problème est que son mari n'avait pas imaginé qu'il regretterait un jour d'avoir déclenché tout ça...

A partir de ce point de départ pour le moins cocasse (j'avoue qu'au début je me demandais franchement où Yan Marchand comptait m'emmener) va se dérouler le drame d'un naufrage conjugal où l'on manque de devenir aussi fou que ses protagonistes. Mais sont-ils vraiment fous? Ont-ils perdu le fil ou sont-ils très bons acteurs? Et combien sont-ils, d'abord?!? Est-ce un cauchemar? On se pose ces questions à plusieurs moments de ce tout petit livre (70 pages) et il faut bien avouer que l'ambiance électrique que l'auteur arrive à créer à certains moments du récit est saisissante. On n'est plus dans le glauque de Métropolitain, et en même temps, par certaines atmosphères étranges ou surréalistes, on retrouve cet univers.

De même, les réflexions qui figuraient dans la première novella de Yan Marchand (sur la valeur d'une personne aux yeux des autres, notamment) trouvent leur écho et leur prolongement dans Les Prothétiques, avec ici la question de l'image que l'on construit de soi pour les autres (et aussi un peu pour soi-même, d'ailleurs) et qui, peut-être, ne nous ressemble pas tant que ça ; et qui, donc, n'a tout aussi bien aucune valeur. Au passage, je tiens à signaler qu'il y a vers la fin du livre un dialogue autour de cette réflexion que j'ai trouvé magnifique, tant pour son contenu que pour la justesse de son ton.

Pour conclure, Yan Marchand propose une fin que, pour ma part, j'ai trouvé très jolie et élégante au vu de la progression de l'histoire - mais que d'autres pourront peut-être juger convenue ou confortable, je suis curieuse de voir, justement - et plutôt optimiste. Une novella aux allures de conte que je vous recommande chaudement!

Comme d'habitude, vous pouvez lire en ligne les premières pages de ce petit opuscule... Quelques mots sur l'auteur ici, et sur Zariel (l'illustrateur) (ou sur son site Internet)...

Si ça vous branche, vous avez jusqu'au 31 mars 2009 pour participer au concours organisé conjointement par Griffe d'Encre et Phénix-Web et peut-être gagner l'un des 5 exemplaires des Prothétiques mis en jeu!


Griffe d’Encre

P.S. 1 : vous aurez sans doute reconnu dans le titre de ce billet un petit bout de "Rien à jeter" de Georges Brassens.

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