Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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mercredi 6 mai 2009

Vous avez dit "étrange"?


Je ne sais plus très bien comment je suis arrivée sur le site Internet de Le Calepin Jaune Editions (LCJ Editions). Cette petite et jeune (février 2007) maison d'édition est née de la "professionnalisation" d'un fanzine du même nom, spécialisé dans les littératures fantastiques et XIXème siècle (qui existe toujours). Malheureusement, je découvre au moment où je rédige ce billet qu'elle doit cesser (momentanément?) son activité de publication faute de succès (Lucile ou l'art d'arriver après la bataille). Bon. Hum. Ca ne va pas m'empêcher de vous parler de ces Gentlemen de l'Etrange... (mais quand même, ça fait tout drôle : je louchais déjà sur deux autres titres...)

Pour commencer, quelques mots sur l'histoire, ou plutôt sur ses personnages : Wolfgang Bloodpint, tout d'abord, autour de qui gravitent tous les autres. Il s'agit d'un jeune "dandy aux aptitudes étranges" (comme le présente le quatrième de couverture) possédant un hotel particulier à Belgravia, un quartier chic de Londres. Son ami Manfred Gladstone est un jeune et talentueux psychiatre à l'époque des balbutiments de cette science (un peu comme dans le troisième roman de Patricia Parry, sauf qu'ici, cette discipline n'est guère qu'un détail...). Ensemble, ils se passionnent pour les faits divers étranges et jouent les détectives pendant leur temps libre. Ils connaissent d'ailleurs de nombreux succès, qui leur valent d'être souvent appelés en renfort par Scotland Yard sur les affaires les plus étranges... Wilhelmine est également souvent de la partie : la jeune (oui, elle aussi! :) ) et belle gouvernante de Wolfgang, quelque peu versée dans la sorcellerie (elle concocte notamment des filtres d'amour aux curieux effets), accompagne ces messieurs dans leurs lointains voyages et s'accomode de ce qu'ils ramènent à Belgravia. Cela peut être une momie ensorcelée, un hôte un peu dangereux, un chien, ou Ernest. Ernest, c'est la souris de 60 centimètres qui s'échappe du monde des contes au début du livre et qui élit domicile chez la joyeuse... euh, mystérieuse?... bande : Ernest est très bien élevé et féru de littérature, il boit son thé à la petite cuiller, reste sagement assis dans la sacoche de Manfred quand il doit être discret et ne parle que lorsqu'il l'estime absolument nécessaire. Une souris très bien, en somme...

Le petit groupe de Belgravia va, de chapitre en chapitre, s'intéresser à - puis résoudre - toute une série d'étrangetés impliquant notamment la panoplie complète des créatures de la nuit (dont, forcément, certaines du genre de Lemashtu... ^_^). Rarement déstabilisés - ils se comportent avec tout le flegme et l'humour qu'on attend de vrais gentlemen - Wolfgang et Manfred exerceront leurs talents aux quatre coins de la ville et jusqu'à Biarritz ou aux Etats-Unis (où ils se rendent, excusez du peu, avec leur ami Bram Stocker).

L'écriture fait souvent appel au subjonctif ainsi qu'à un vocabulaire aux sonorités délicieusement désuètes (choir, guéridon, cénotaphe, demeure, fumerie...), à l'image du nom de la maison d'édition ou de ceux de ses collections : "Absinthes", "Passe-velours", "Incarnats" (pour public averti et majeur)... Pour cette raison en particulier, j'ai trouvé ce roman (recueil?) très agréable à lire.

En revanche, sur le fond je suis restée sur ma faim. Avec des débuts de chapitre très prometteurs, une ambiance bien posée, mystérieuse mais non-dénuée d'un certain humour, des affaires bien amenées, j'étais vraiment en attente de dénouements palpitants, qui me tiendraient en haleine un moment. Mais invariablement, toutes les enquêtes m'ont paru finir en queue de poisson : pourquoi s'en tenir à quelques phrases pour raconter la fin? Moi j'en voulais encore! J'aime bien cette ambiance de vieux Londres dans le smog et les fumées d'opium! J'aime le magnifique flegme des Gentlemen! Et puis aussi je veux savoir ce qu'elle a, cette Wilhelmine, à la fin! Rholala! Vraiment, j'ai rarement été autant frustrée... C'est trop dommage! (Peut-être suis-je passée à côté d'un choix que je n'aurais pas compris?)

Pour conclure, il me faut donc avouer ma déception malgré la très bonne plume d'Estelle Valls de Gomis, au moins dans ce contexte XIXe. Il semble qu'une suite était éventuellement prévue... A voir selon le devenir de la maison d'édition...

Etant donné que cet ouvrage n'est plus disponible à l'achat, je peux le faire tourner sur Paris (et peut-être plus loin si vous le demandez gentiment ^_^).

2 commentaires:

chiffonnette a dit…

Euuuh, je demande? :-) J'ai lu le recueil de Silhol ^édité chez eux, que j'ai trouvé étrange mais vriament, vraiment intéressant! Mais bon, j'adore Léa Silhol!

Lucile a dit…

@ Chiffonnette : entendu, je te le mets dans mon prochain paquet pour la capitale! :)