Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
N’HÉSITEZ PAS A LAISSER VOS COMMENTAIRES SUR NOS LECTURES COMMUNES!

mardi 30 juin 2009

La femme qui détestait les hommes qui n'aimaient pas les femmes


J'entends d'ici les cris que vous poussez, tous, depuis votre côté de l'écran : "Quoi?! Tu l'avais pas encore lu!?!!". Bah non (un de plus). Mais voilà, c'est réparé! :)
Au départ, ce sont les couvertures de la série qui m'ont attirée. Ensuite j'ai commencé à fréquenter les blogs, au moment où une déferlante de billets archi-élogieux a fleuri un peu partout. C'était du temps où j'agrémentais encore ma LAL, aussi ai-je noté la série bien sagement, puis acheté le tome 1 dès que j'ai pu entrer dans une librairie. Ensuite, il est resté un bon moment (plus d'un an... Hum!) sur mes étagères, puis l'adaptation cinématographique est sortie, et voilà, à force d'en entendre parler, j'ai jeté mon dévolu sur ces hommes qui n'aimaient pas les femmes.

Et j'ai un peu de mal à me prononcer sur ce livre, maintenant que j'en ai tellement entendu parler. Bien sûr, je l'ai aimé, mais je ne suis pas sûre que je me joindrai au choeur de louanges inconditionnelles.

Avant de détailler mes impressions, résumons l'histoire en quelques mots : Mikael Blomkvist, journaliste rebelle mais reconnu, spécialisé dans la finance, est condamné pour diffamation à l'encontre d'un grand patron et doit se faire oublier quelque temps. Il accepte alors une mission pour le moins étrange : revenir, trente ans après, sur la mystérieuse disparition de Harriet Vanger, la nièce d'un ex-magnat de l'industrie suédoise. Henrik Vanger est vieillissant et souhaite, une dernière fois et sans trop y croire, tenter de faire la lumière sur cet épisode de l'histoire de sa famille. Contre toute attente, "Super Blomkvist" va changer la donne et apporter du nouveau, avec l'aide de Lisbeth Salander, une jeune hacker marginale et surdouée, détective des temps modernes.

Ce qui m'a beaucoup plu dans ce roman, et ce qui fait qu'on tourne les pages avec de plus en plus d'avidité, c'est évidemment l'enquête et sa progression. Je suppose qu'on aime tous les énigmes, à des degrés divers sans doute, et que c'est parce que ce roman en propose une bien belle, bien juteuse, et que sa résolution est bien orchestrée, ni trop rapide ni trop lente, qu'il a tellement bien marché (et aussi que plus j'avançais dans l'histoire, moins je pouvais lâcher mon livre). Le puzzle est presque parfait : à part une ou deux ficelles que j'ai trouvées un peu grosses, je n'ai pas grand-chose à redire sur tout cet aspect-là. Je suis assez fière de quelques intuitions que j'ai eues plus ou moins longtemps avant les "enquêteurs", mais j'ai aussi eu mon lot de surprises. Donc très bien, vraiment.

Sur le fond, on a les secrets plus ou moins secrets (et plus ou moins glauques) d'une famille. Je sais bien que toute famille a ses secrets, mais enfin celle-là, elle les cumule, et pas des moindres! Et la noirceur déborde largement le cadre du passé puisqu'on croise de belles ordures dans le roman, ainsi que des chiffres effrayants en exergue des différentes parties du livre (notamment celui-ci : "En Suède, 92% des femmes ayant subi des violences sexuelles à l'occasion d'une agression n'ont pas porté plainte" !!!). A ce titre, l'engagement de Stieg Larsson en faveur des femmes m'a paru remarquable et m'a souvent fait penser aux aventures de ce fabuleux Vagin, que j'ai lu il y a quelques mois. Le côté "noir" de l'histoire m'a laissée songeuse, hésitante entre "Non, c'est exagéré!" et "ou pas" ; le fait même que je puisse hésiter a suffi à me calmer...
Voilà pour le fond.

Ensuite, il y a les personnages. Je suis un peu mitigée sur ce point-là : en fait, j'ai trouvé que le personnage de Blomkvist manquait de cohérence. Le journaliste impertinent et vif qu'il est censé être n'apparaît qu'à deux ou trois reprises dans le roman, en-dehors de l'affirmation du narrateur omniscient comme quoi il est effectivement impertinent et vif. Le reste du temps, il m'est plutôt apparu comme une sorte de gros nounours apathique, un type avec un bon fond mais plutôt lâche, qui se laisse porter. Pour moi, les deux facettes du personnages ne collaient pas vraiment ensemble.
Bon, de l'autre côté, on a Lisbeth. Aaaah, Lisbeth c'est autre chose! Voilà un personnage complexe ET crédible, à mon avis. Et attachante. Un condensé d'extrême violence et de fragilité, de sauvagerie et d'intelligence, d'asociabilité et d'empathie, le tout dans 42 kilos piercés, tatoués et vêtus de cuir noir. La fin du roman lui confère d'ailleurs une autre dimension, toute en finesse et en ruse, qu'elle n'avait jamais eue auparavant. Voilà qui promet pour la suite, et voilà la raison majeure qui fait que je lirai les tomes suivants (en plus des commentaires enthousiastes, encore une fois).

Je ne m'attarde pas sur le style, qui a été partout épinglé (ou du moins celui de la traduction française, qui est parfois très approximative). Je ne sais pas si cela reflète une qualité passable au départ ou pas, mais bon : disons que ce n'est pas le point fort du livre!

Au bilan, donc : un très bon moment de lecture à condition de ne pas se formaliser du style, avec, indéniablement, un page-turner, une histoire qui tient la route et un personnage très prometteur.

La liste des bloggueurs qui ont lu et commenté ce premier volet est longue comme le bras, voire comme les deux. Aussi vous renvoie-je vers ce bon vieux BOB : cliquez ! Il y a aussi l'avis de Laetitia ici.

6 commentaires:

Orchidee a dit…

moi je ne l'ai pas encore lu !!! je l'ai dans ma PAL , prêt d'une amie ...

Lucile a dit…

à orchidée : ouf! Je n'étais donc pas la dernière? ;-) Bonne lecture alors! :)

Fantômette a dit…

Je fais partie des enthousiastes de la première heure, mais à présent je m'interroge sur le film. Les seules personnes de mon entourage qui l'ont vu ont été convaincues mais... elles n'avaient pas lu le roman avant...

Lucile a dit…

@ fantômette : je pense que je regarderai le film si j'en ai l'occasion vu qu'a priori il n'a pas l'air mal du tout... Laetitia, qui a lu et adoré le roman, a également adoré le film si ça peut te rassurer! :)

Nicolas a dit…

J'ai adoré ce polar, un vrai régal. Quelques longueurs au début mais après ça décoiffe! Il mérite amplement son succès.

Lucile a dit…

@ Nicolas : je reste sceptique sur le "amplement", mais je partage le reste de l'analyse : après quelques longueurs, ça décoiffe! ;-)