Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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mardi 28 juillet 2009

La mer, les zouzous!

Une fois n’est pas coutume, voici aujourd’hui un billet spécial « Jeunesse ». Figurez-vous que lorsque j’ai quitté mon emploi, mes collègues m’ont offert pas mal de livres (tiens donc, comme c’est étonnant ! ^_^), dont ces trois livres pour enfants, plus ou moins corrélés avec moi, comme nous allons le voir…

L’école, c’est pas si facile !

Un livre de Stéphanie Duval, illustré par Marylise Morel, dans la collection « C’est la vie Lulu ! DOC », qui aborde différents problèmes que les enfants peuvent rencontrer dans leur scolarité à travers trois parties : « Bien écrire, c’est difficile ! », « Les devoirs, quelle galère ! », et « Un bulletin catastrophique ! ». Chacune de ces parties est constituée d’une double-page de BD mettant en scène Lulu (i.e. Lucie, un personnage du magazine Astrapi) confrontée au problème en question, puis d’une double-page de « témoignages » d’autres enfants qui connaissent les mêmes difficultés, une double-page d’explications (à quoi servent les devoirs, depuis quand écrit-on, etc.) puis 4 à 6 pages de conseils pour s’améliorer.

J’ai trouvé ce petit livre extrêmement bien fait. Bon, évidemment, comme je n’ai pas d’enfants ni ne suis amenée à m’en occuper, j’ai sûrement une vision fausse ou fantasmée du rapport que l’on peut entretenir avec eux. Cela dit, il me semble que le ton est vraiment constructif, ni culpabilisateur ni non plus trop compréhensif, les pistes pour sortir des difficultés sont variées et progressives et peuvent à mon avis rassurer certains parents qui ne savent pas trop comment s’y prendre pour aider leurs enfants. Enfin, le message dédramatise assez les différents problèmes en leur redonnant leur juste importance, autant pour les petits que pour les grands.

Un très bon livre donc, à lire avec son enfant et à utiliser comme support de discussion à volonté. A noter qu’un autre opus de « C’est la vie Lulu ! DOC » existe, consacré lui aux garçons, et qu’une collection de romans jeunesse suivis de conseils est également éditée chez Bayard Jeunesse sur des thèmes aussi variés que la timidité, le racket, le trac, la honte…

Pour l’explication du « pourquoi m’a-t-on offert ce livre » : outre le surnom que me donnent certains (encore que je déteste qu’on m’appelle « Lulu », et que je passe mon temps à le dire… Pfff !), c’est mon écriture inénarrable qui m’a valu de me faire offrir ce livre. Promis, maintenant que j’ai un peu plus de temps, je vais faire des lignes pour être plus lisible ! ;-)


Les deux livres suivants sont deux bandes dessinées d’une quarantaine de pages de la collection « Ainsi va la vie » chez Calligram. Ils ont été écrits par Dominique de Saint-Mars et illustrés par Serge Bloch (dont je n’apprécie pas trop le dessin, en fait ; je lui trouve un aspect bâclé, mais ça n’engage que moi…).

Lili veut protéger la nature

Catastrophée par l’état déplorable de la rivière près de chez elle et par les très mauvaises nouvelles pour la planète qu’elle entend à la télévision, Lili décide d’agir. Elle crée un club de défenseurs de la nature, « les Verts de terre », qui va s’atteler à la tâche avec enthousiasme.

Bon, autant le dire franchement : je n’ai pas du tout accroché avec ce petit livre, qui finalement ressemble plus à un catalogue de bonnes pratiques pour protéger l’environnement au quotidien qu’à une réelle histoire. Parlons-en, d’ailleurs, des « bonnes pratiques » mentionnées : certaines sont franchement critiquables, soit en tant que telles, soit parce qu’elles sont un peu à côté de la plaque. Illustration du premier cas : ne plus acheter de journaux (avec une magnifique faute d’orthographe qui ne saurait être une coquille puisqu’elle revient plusieurs fois : « journeaux ») pour économiser du papier (Lili dit à son père qu’il n’a qu’à regarder la télé à la place !). Commençons déjà par tous refuser la pub dans nos boîtes aux lettres avant de « s’attaquer » à des secteurs qui font vivre des gens… On économisera bien plus de papier et on évitera de s’abêtir plus que de raison devant un poste de télévision dont – au passage – la fabrication, le transport depuis l’Asie (où il est nécessairement fabriqué) et le recyclage sont autrement plus polluants que les équivalents pour un journal… Illustration du second cas : ramasser les crottes de son chien. Ici, on est plus dans le cadre d’avoir une démarche citoyenne que dans la protection de l’environnement. Enfin, sur certains cas, on ne comprend pas si ce que fait Lili est « bien » ou pas : quand elle dit qu’elle ne veut plus surchauffer sa chambre pour ne pas gaspiller d’énergie et que sa mère lui rétorque qu’elle aura l’air malin avec un rhume, qui faut-il écouter ? Pour peu qu’on soit un peu sensibilisé à la question, la réponse est relativement évidente, mais si on a l’habitude d’obéir à ses parents, ça devient plus compliqué étant donné que la maman ne change pas de point de vue…

Les messages plus généraux éventuellement véhiculés par ce petit livre (car ils ne me paraissent pas clairs) ne me plaisent guère non plus : dire qu’il est normal que des enfants agissent (par exemple, assurent le ramassage de vieux journ(e)aux pour les porter à la déchetterie !) sans aucun soutien des adultes (les parents de cette pauvre Lili sont d’une mollesse, d’un défaitisme pleurnichard… C’est désolant ! Quant au maire, il leur demande de « faire un dossier avec leurs propositions » pour prolonger leurs actions. Ca, c’est de la volonté politique !) me pose un léger problème. Evidemment que les enfants vont jouer un énorme rôle dans l’évolution des mentalités quant à la protection de la nature, mais de là à les représenter en seules personnes intéressées par l’environnement face à un troupeau d’adultes inconscients et statiques, je trouve ça vraiment trop pessimiste !

Donc, non, vraiment, celui-ci je ne le conseille pas.

Quant au lien avec moi, c’est évidemment que comme Lili, je veux protéger la nature (certains le savent déjà bien et se sont mis aux paniers bio, d’ailleurs ! ;-) Mais attention, je ne suis pas non plus une puriste du bio : comme pour tout, « ça dépend »… Je suis open à tout débat avec vous en commentaires ou par échange de mails, à ce propos ou sur le développement durable en général. J ). Du coup, c’est sûrement parce que ce sujet m’est proche que je n’ai pas du tout accroché avec ce livre. Tant pis !

Max embête les filles

A l’école, c’est l’éternelle gué-guerre entre les filles et les garçons. Sauf que là, ça tourne au machisme précoce ! Max, le « chef » des garçons, va-t-il revoir sa position ?

Ici encore, on retrouve certains travers du précédent livre, à savoir (outre l’orthographe) des adultes dépassés, pas du tout présentés comme des repères ou des soutiens pour les enfants (ce qui est un peu embêtant, quand même…) et donc un ton global dans le genre : « les gosses, débrouillez-vous entre vous ! ». Ca donne au livre un petit côté pessimiste, d’autant plus que le côté macho de ces gamins me paraît quand même bien exagéré. Là encore, ce n’est pas mon métier, donc je n’en sais rien, mais j’ose espérer que des garçons en école primaire ne rétorquent pas aux filles qui déclarent vouloir être pilotes d’avions : « Tout ce que vous pouvez piloter, c’est une poussette ou un caddy » (!). Sans parler de la maîtresse qui est plus que modérée dans sa défense des valeurs de la république, et du côté « tout est à construire tellement vos parents sont enfermés dans leurs habitudes sexistes ». Ca va, quand même ! On n’en est pas là ! … Si ? (Rassurez-moi ! O_o )

Bon, après ça, contrairement à Lili veut protéger la nature, on a ici une histoire – avec un équilibre initial, des perturbations, et un équilibre final, tout comme il faut ^_^ . Le message global est clair : fille ou garçon, personne ne vaut plus que l’autre malgré nos différences. O.K. Ca me va.

Je vais encore chipoter, mais j’ai quand même trouvé ça assez caricatural d’une part (les filles sont forcément les gentilles et les garçons sont des machos miniatures, quant à la maîtresse elle préfère les garçons, comme ça c’est réglé), et d’autre part pas toujours adapté au public ciblé. Le débat filles/garçons appelle de la part de ces enfants des arguments qui ne me semblent pas de leur âge (l’exemple de tout à l’heure sur les poussettes et les caddies convient assez bien), et si certains mots ont droit à une astérisque pour les expliciter (« culture », « macho », « égaux »…) on en trouve d’autres qui à mon avis ne doivent pas être évidents pour des enfants (« sadique » (2 fois), « sentence », « responsable », « humanité »…).

Au final, je ne suis pas convaincue par cette série, et même si ce titre est meilleur que celui que je vous ai présenté précédemment, je suis sûre qu’il existe sur les mêmes sujets de meilleurs ouvrages.

Quant au lien avec moi… Là, j’en suis moins sûre, mais je sais que certains de mes collègues masculins ont été marqués par ma réaction lors d’une discussion où je suis partie au quart de tour sur une réflexion que je jugeais sexiste… Peut-être que c’est resté ? Enfin, du coup vous saurez dorénavant que j’ai des convictions, crénom de nom ! ^_^

Encore merci Jannick pour cette incursion personnalisée dans le domaine des enfants ! :)

2 commentaires:

Serafina a dit…

Juste en passant la pub aussi fait vivre les gens. Que ca ne soit pas forcement interessant, ok, mais faut pas oublier que les metiers de la pub sont nombreux, tout autant voir plus que ceux du journalisme !

Lucile a dit…

@ Serafina : bonsoir, d'abord. Ensuite, désolée si mes propos ont pu vous choquer. Cela dit, je ne démords pas du fait que du point de vue de l'empreinte écologique cette proposition n'a pas sa place dans ce livre. On peut toujours en discuter si vous le souhaitez. Merci pour votre commentaire.