Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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dimanche 9 août 2009

Paris’Cops, deuxième partie : le swing du nul


Si lors de notre petit repas d’adieux Laetitia a donc choisi de me faire découvrir Chloé Delaume, Caro[line] s’est elle concentrée sur son Auteur Chouchou n°1, duquel je n’avais lu à ce jour qu’un seul roman (Le Potentiel érotique de ma femme, quand même). Il fallait que je prolonge ma découverte, et pour ce faire, macopinecaroline a choisi Qui se souvient de David Foenkinos ?, le quatrième roman dudit David Foenkinos.

Le titre est assez proche du contenu : notre écrivain est égocentré à mort, à tendance dépressivo-défaitiste (si jamais ça existe… ^_^). Il n’a plus d’inspiration, et l’ensemble de sa vie part en vrille sous ses yeux même pas surpris : un divorce, des déboires sentimentaux minables pour cause de lâcheté masculine caractérisée, plus de vie sociale, bref la totale. Pendant un peu moins des deux premiers tiers du roman, on a assez l’impression d’une litanie plaintive qui ronronnerait sans fin mais, étonnamment, pas aussi énervante qu’on pourrait le penser (ce qui tient du tour de force en ce qui me concerne car j’ai horreur des gens qui se plaignent…). Bon, je ne suis pas allée non plus jusqu’à compatir, mais je pense que la lucidité de l’homme sur lui-même et ses réactions débiles et sa passivité presque masochiste a plaidé en sa faveur. Une sorte de circonstance atténuante, quoi ! Cela dit, j’avoue m’être inquiétée à l’idée que tout le roman ne soit que ça, me demandant par avance ce que je pourrais bien retenir de 180 pages du même style…

Et puis arrive un passage tragique : la mort passe par là et, sans que cela soit dit ouvertement, à partir de là notre homme change progressivement. Il reprend les rênes sans en être conscient, fait les choses en tâtonnant, sans trop de raison mais FAIT au moins. Sans grande déclaration sur la beauté et la finitude de la vie d’où découlerait l’absolue nécessité de la vivre à cent pour cent, le David Foenkinos de l’histoire se remet à flots, ou est remis à flots (globalement, il donne l’image d’un personnage extrêmement passif, dans le bon comme dans le mauvais, ce qui donne dans ce dernier cas un boulet geignard, et dans le premier cas un ingénu touché par une sorte de grâce providentielle. Etrange, tout de même, non ?). Toute cette seconde partie du roman est empreinte de poésie, pas flagrante mais latente, qui reste en surimpression une fois qu’on a fini le roman. L’humour du Potentiel est encore là mais beaucoup moins appuyé, moins systématique. L’auteur s’auto-critique d’ailleurs pas mal sur ses blagues faciles et lourdingues (que personnellement j’apprécie beaucoup quand même… Hum !) et on sent qu’il a effectivement gagné en subtilité. L’histoire d’un auteur dans le creux de la vague qui arrive à s’en sortir.

En conclusion, sous des abords peut-être moins avenants que Le Potentiel érotique de ma femme, je pense que ce roman-ci est meilleur : plus subtil, plus nuancé, plus concret. J’avoue que ce jugement n’était pas exactement le même au moment précis où j’ai refermé le livre : la réminiscence a franchement du bon ! ;-) A noter également, la (non-)frontière trouble entre le David Foenkinos fictif et le réel : j’ai assez aimé ce mélange des genres après un petit temps de déstabilisation…

Merci beaucoup Caro[line], et surtout pour tes petits mots partout ! (Moi aussi j’adore quand tu écris dans mes livres ;-) )

P.S. : En titre, vous aurez peut-être reconnu le titre d’une chanson très chouette de Sanseverino, artiste dont je vous conseille l’écoute de façon générale (et pas seulement pour ce titre-là).

14 commentaires:

Caro[line] a dit…

Je suis ravie, car j'avais peur après ton coup de foudre pour Chloé Delhaume que David te paraisse un peu fade... mais non, et je crois que tout cela tient à l'humour de David Foenkinos. ;-)

Je comprends qu'on puisse avoir peur à la lecture de la 1ère partie, ce fut la même chose pour moi, autant te dire que j'étais en panique !!! Mais (heureusement !) arrive cet événement tragique qui m'a fait mal au ventre et la deuxième partie coule de source !

Je vois que tu as rempli ta mission. Rendez-vous le 15 août ! ;-)

Lucile a dit…

@ Caro[line] : Yes! J'ai accepté et rempli ma mission avec brio (avec qui?)! Et sinon, je sais que je me répète, mais cette subtilité m'a vraiment vraiment plu et agréablement surprise. C'était aussi un très bon choix pour continuer à me faire découvrir "David" (j'ai vu qu'il était dans les rangs pour la prochaine rentrée littéraire, d'ailleurs!). Merci encore! Et à la semaine prochaine! ;-)

Karine :) a dit…

Si je relis Foenkinos, ce sera avec ce roman. Je suis définitivement curieuse!!

Lucile a dit…

@ Karine : hé bien moi je suis curieuse de voir ce que tu pourras en dire! Dès que j'ai de nouveau Internet de façon définitive (là, c'est les vacances en terre civilisée... ^_^) je reviens faire un petit tour sur les blogs!

Reka a dit…

On m'avait déjà recommandé "Le potentiel érotique de ma femme" par le passé. Je ne sais plus par quel livre débuter ma découverte, à présent :))
(Heureusement, j'ai une quarantaine de livres non lus qui patientent sur mon étagère et j'aurai le temps d'y réfléchir environ 52 semaines avant de me décider :D )
PS : c'est une chouette idée d'écrire ses appréciations plusieurs jours après lecture... Cela dit, moi, j'aurais une peur bleue d'avoir oublié la moitié du contenu de chaque livre pour les 3/4 d'entre ceux-ci :/

Lucile a dit…

@ Reka : dans ce cas un petit tour sur les blogs peut peut-être t'aider à te décider! Caro[line] a dû chroniquer les deux, si tu veux. Je pense que "Le Potentiel" est une sorte de valeur sûre. Et puis je ne sais pas si j'aurais autant apprécié celui-là si je n'avais pas eu un point de comparaison pour resituer l'auteur.
Quant à ce que tu dis sur les billets "à retardement", c'est vrai que ça m'arrive régulièrement et que souvent j'ai peur de n'avoir plus rien à dire! Mais au final je trouve toujours, et certainement des choses différentes (forcément un peu plus digérées) de ce que j'aurais écrit sur le vif. C'est assez intéressant comme processus! ^_^

Caro[line] a dit…

@ Reka : J'approuve la recommandation de Lucile ! En plus, "Le potentiel..." est en poche. :-)

Lucile a dit…

@ Caro[line] : merci de ton soutien! ;-)

Daniel Fattore a dit…

Chouette billet! Ce livre de Foenkinos m'avait fait passer un bon moment.

Dans un genre moins "rigolo", plus grave donc d'une profondeur plus visible, je vous conseille, du même auteur, "Les coeurs autonomes" - un roman qui n'a pas fait beaucoup de bruit, mais que je considère être le meilleur de David Foenkinos à ce jour (et j'en ai déjà lu trois ou quatre...)

Bonne lecture!

Lucile a dit…

@ Daniel Fattore : merci beaucoup pour ce conseil! J'irai faire un tour par chez vous pour voir ce que vous en dites! :)

Caro[line] a dit…

Je l'ai, Lucile, si tu veux. :-)

En revanche, c'est un roman à part, une commande, où il parle d'un fait divers, l'affaire Florence Rey si mon souvenir est bon, donc rien de joyeux, ni prétexte à humour. Mais très bien écrit, j'ai trouvé.

Lucile a dit…

@ Caro : Ah, super! :) Tu as un peu de place dans ta valise? :D (sourire enjôleur) (sinon, c'est pas grave, j'ai plein de trucs à lire! ;-) )

Caro[line] a dit…

Pas de problème, je le mets dans ma valise ! (Y a toujours de la place pour David dans ma valise !! ;-))

Lucile a dit…

@ Caro[line] : Cooool! Merci beaucoup m'dame! :)