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JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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dimanche 27 septembre 2009

C’est moi Bubbur, le grand méchant serpent


J’ai acheté ce roman il y a assez longtemps chez un géant du livre parce que l’illustration de couverture et le titre (quelque peu décalé par rapport à celle-ci) m’inspiraient bien. J’ai eu ensuite l’occasion de parcourir sur les blogs des billets plutôt positifs sur ce roman, mais j’ai tout de même traîné pour le lire (j’ai d’ailleurs remarqué depuis peu que les policiers avaient rarement ma préférence lorsque je me plantais devant ma PAL pour choisir ma prochaine victime…). J’ai fini par l’attraper tout de même, et j’ai pu constater qu’il remplissait sans problème son rôle de roman policier : une bonne intrigue où vous n’avez pas tout deviné à la moitié du livre, de l’originalité au rendez-vous, une pincée de culture et une très bonne plume.

Harry Hole, inspecteur pour la police d’Oslo, est envoyé en Australie pour assister les policiers de Sydney sur le viol et l’assassinat d’une jeune norvégienne. Coéquipier d’Andrew Kensington, un aborigène qui s’exprime souvent de façon sibylline, Harry va se retrouver immergé dans le monde de la nuit et de la drogue, des combats de boxe et des numéros de cirque, entouré de drôles de personnages qui lui dévoileront la culture australienne moderne tout comme les légendes, ancestrales celles-là, des aborigènes. Notre héros laissera quelques plumes (supplémentaires) dans cette enquête complexe et mouvementée… Notons que j’aurais pu vous recopier le quatrième de couverture mais, bien qu’il ne raconte pas vraiment de bobards, je le trouve exagérément grandiloquent.

Comme je le disais en introduction, on a donc une bonne intrigue, dans le sens où c’est vraiment tordu, et que de nombreux éléments épars se bousculent là-dedans : des preuves et des secrets, des psychologies et des intérêts... Plusieurs fois, j’ai essayé de poser mon livre et de penser aux articulations entre les différentes implications, mais j’ai abandonné le petit jeu « chiche que je trouve avant l’enquêteur » devant trop d’éléments à intégrer, préférant m’en remettre faiblement au rôle de spectatrice à attendre que l’auteur me dévoile tout (je sais, c’est un peu facile). Et à la fin tout se tient (avec une ou deux coïncidences bien placées, tout de même), c’est la magie du genre, quand il est bien écrit.

Et puisqu’on parle de l’écriture, j’ai vraiment aimé le style de Nesbø, plus construit et soigné à mon avis que ceux de beaucoup d’auteurs policiers (pour lesquels le fond importe plus que la forme), donnant l’impression d’un bonhomme joyeux et ne prenant pas le lecteur pour une tarte (il nous laisse comprendre certaines implications, nous laisse tirer nous-mêmes certaines conclusions qui, bien qu’évidentes, auraient été explicitées par d’autres auteurs…). Et c’est peut-être discriminatoire, mais j’ai trouvé cela d’autant plus remarquable que Jo Nesbø, avant d’être écrivain, a d’abord été journaliste économique et chanteur dans un groupe pop norvégien très célèbre. Voilà qui n’est pas commun, non ?

J’ai aussi parlé d’originalité. Ca commence dans la forme du roman. Celui-ci est en effet structuré en trois parties, nommées selon les principaux protagonistes d’une légende aborigène : Walla, le valeureux combattant, Moora, la belle fiancée, et Bubbur, le méchant serpent (chacun trouvant évidemment son ou ses « doubles » parmi les personnages du roman). Chaque chapitre est ensuite nommé sous la forme d’une énumération, le plus souvent en trois points, de ce qu’il contient sans dévoiler ce qui s’y passe. Par exemple : « Une pute sympathique, un Danois grincheux et le cricket » ou encore : « Des mouches mortes, un remboursement et un hameçon ». Pour ma part, je ne crois pas avoir déjà vu ça (je parle uniquement des titres de chapitres) et j’ai trouvé ça assez amusant, cette façon de « dire sans dire ». Ensuite, j’ai trouvée originale la façon de l’auteur d’exploiter le fait que son héros soit expatrié loin de chez lui : effectivement l’Australie nous est dépeinte, mais on est bien loin des clichés. Quand on nous parle de kangourous, c’est sous la forme de cadavres jonchant le bord des routes, et les grands espaces déserts restent dans notre imagination. On nous racontera par contre plusieurs légendes aborigènes plus ou moins proches des mythes du christianisme, et on saura tout de la vie nocturne de Sydney, à dominante homosexuelle. Et surtout ce qu’on apprendra des Australiens (ou plutôt des habitants de l’Australie, car finalement, des « pur beurre » il n’y en a quasiment pas) se déduira de leurs réactions face à un étranger, à savoir Harry. J’ai trouvé ce portrait « à une bande » (comme au billard, vous voyez la comparaison ?) vraiment judicieux et bien trouvé.

Pour conclure, un bon policier, divertissant et dépaysant. Sympathique. En plus l’auteur a écrit ensuite d’autres enquêtes d’Harry Hole : sans forcément courir après, si elles me tombent entre les mains, je m’y remettrai avec plaisir !

3 commentaires:

A_girl_from_earth a dit…

J'ai vraiment bien aimé ce roman, mon premier de cet auteur. J'ai particulièrement aimé le côté confrontation culturelle Norvège/Australie - l'intrigue, quoique classique, avait du coup ce petit charme dépaysant bien servie par le style de l'auteur. Quelques bémols mais dans l'nsemble, c'est un roman qui me motive à découvrir les autres livres de l'auteur.

Stephie a dit…

Un auteur que j'ai vraiment envie de découvrir... encore un...

Lucile a dit…

@ a_girl : oui, on est grosso modo d'accord alors! :)

@ Stephie : tu m'ôtes les mots de la bouche! ;-)