Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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samedi 5 septembre 2009

« L’amour, c’est sûr, est beaucoup moins bien réparti que la haine »


Dans mon nouveau petit village de mille âmes, il y a une petite bibliothèque sans prétention. Deux petites pièces d’environ 9 m² chacune, dont une entièrement réservée aux enfants. L’autre contient donc indifféremment les fictions, les policiers, les biographies/autobiographies, les dictionnaires et encyclopédies (et une table pour les consulter) et les BDs. Je vous laisse imaginer le choix qu’on peut y trouver une fois écartées les œuvres complètes d’auteurs abonnés aux best-sellers (Christian Jacq, Mary Higgins Clark, Marc Lévy, etc.) qui occupent une bonne partie des rayonnages. N’empêche. Le fait qu’on ait une bibliothèque est appréciable et je n’irai pas m’en plaindre. D’ailleurs, j’y suis allée faire un tour récemment, et j’ai quand même trouvé Bord de mer, de Véronique Olmi, que j’avais vu pour la première fois sur le blog d’Amanda puis sur de nombreux autres blogs, et toujours en des termes on ne peut plus alléchants. J’ai donc pris ma carte à la bibliothèque municipale et suis repartie avec ledit ouvrage.

On suit dans ce roman le premier voyage à la mer d’une maman et de ses deux petits garçons. Le sujet devrait être joyeux, mais la mère qui veut ainsi faire plaisir à ses enfants, qu’elle élève seule, est profondément dépressive et rien ne marche comme elle l’espérait. Tout l’épuise, l’idée même de se lever le matin ou de faire quelque chose, d’aller quelque part, lui paraît incompréhensible. Elle se sent différente de tout le monde, et jugée sans arrêt par tous ; elle voudrait qu’on la laisse tranquille et ne voir personne. On comprend assez vite qu’elle en est arrivée à un point de non-retour et qu’elle s’est marginalisée tout à fait de la société, à laquelle seuls la rattachent ses enfants. Des enfants qui grandissent, et qui commencent eux aussi (surtout Stan, l’aîné) à lui renvoyer d’elle-même l’image d’une personne différente des autres. Avec ce voyage elle veut leur montrer qu’ils peuvent faire comme tout le monde et aller à la mer. Même si ce n’est pas les vacances, ni la saison.

Mon Dieu, que ce roman est poignant ! Le style de Véronique Olmi, à travers la voix de la mère, m’a réellement prise aux tripes dès le début dans une totale empathie pour cette femme épuisée, sans arrêt angoissée de tout, avec « plus de questions que de réponses ». On se demande si elle a jamais fait autre chose que de baisser les bras devant le moindre petit « souci » quotidien, battue d’avance depuis toujours (même la météo devient pour elle un ennemi personnel)… Pourtant, sa façon de se questionner, de penser à ses enfants, de chercher sans arrêt à se convaincre que les assistantes sociales ne comprennent rien (mais comme on s’imagine bien soi-même décochant à cette femme des regards soupçonneux !) nous rendent plus compatissants qu’hostiles envers cette maman qui, malgré tout l’amour qu’elle porte à ses enfants, n’est pas à la hauteur au quotidien. J’ai ressenti sa détresse, je me suis demandé ce qu’elle aurait pu faire, si on aurait pu l’aider, ou si c’est comme ça, s’il y a des gens qui ont « moins de chimie que les autres » et c’est tout.

Le personnage de Stan également est extrêmement attachant, ce petit gars de même pas dix ans qui a déjà tout compris, qui prend soin de sa mère et de son petit frère, qui est sérieux et grave quand il devrait être en train de jouer et de s’amuser… Il en veut à sa mère de ne pas être comme tout le monde tout en ne pouvant se départir de cette immense responsabilité d’homme de la maison, qui doit veiller sur tout le monde. Rendu à travers les yeux de sa mère, qui ne comprend évidemment pas tout cela, dans le brouillard et la subjectivité exacerbée qui sont les siens, cela n’en devient que plus pathétique. D’autant plus que des petits Stan, ça n’existe pas que dans les livres.

Enfin voilà : je l’ai lu d’une traite, oppressée par ce style et ces mots simples, pour finir bouleversée. Un court roman très fort, pas gai du tout (à éviter si on déprime), mais sinon à lire pour les émotions denses et pures qu’il ne peut manquer de susciter.

P.S. : Le titre du billet est extrait du roman.

5 commentaires:

amanda a dit…

je suis d'accrod avec toi : poignant et bouleversant

In Cold Blog a dit…

Un très court roman mais tellement marquant, qui sonne tellement vrai. Un "joli" choc littéraire pour moi.

Lucile a dit…

@ amanda : ben en fait, c'est moi qui suis d'accord avec toi, surtout que j'ai suivi ton conseil suite à ton billet! ;-)

@ in cold blog : tout pareil! :)

chiffonnette a dit…

J'avais beaucoup aimé Numéro 6! Celui-èci est sur ma LAL!

Lucile a dit…

@ Chiffonnette : Bien! Je retiens ce titre-là pour continuer avec l'auteur, alors! :) Quant à celui-ci, tu ne devrais pas être déçue!