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JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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vendredi 18 septembre 2009

Le prisme Foenkinos


C’est curieux, pour quelqu’un qui se targue de varier beaucoup ses lectures, cela fait trois livres du même auteur que je lis en quelques mois… Il faut dire que ce n’est pas n’importe quel auteur non plus, puisque je veux parler de David Foenkinos, l’auteur-chouchou number one de Caro[line] (auteur que j’ai d’ailleurs entendu à la radio sur France Inter il y a quelques jours ; il a très bien parlé de son dernier roman, La Délicatesse). Après m’être fait un devoir de le découvrir lui pour mieux la connaître elle avec Le Potentiel érotique de ma femme, j’avais fait connaissance avec une facette plus subtile du personnage dans Qui se souvient de David Foenkinos ? C’est d’ailleurs Daniel Fattore, qui commentait ce dernier billet, qui m’avait donné envie d’enchaîner sur Les cœurs autonomes (qu’il jugeait être « le meilleur roman de David Foenkinos »). Si je ne partage pas son enthousiasme sur ce roman, je dois reconnaître que de l’avoir lu enrichit sans conteste ma connaissance de l’auteur, en le dotant d’une facette supplémentaire

Ce roman, inspiré d’un fait divers sordide, raconte l’histoire d’elle et lui. Ils n’ont ni nom, ni prénom. Ils ne sont que deux jeunes amants passionnés : lui, passionné pour sa cause (au départ des revendications d’extrême-gauche, ensuite son mal-être et sa marginalité qui se déguisent en revendications d’extrême-gauche) ; elle, passionnée pour lui, sans partage, sans jugement, sans condition. Le narrateur non plus n’a pas de nom. On sait simplement qu’il les a côtoyés, tous les deux, tant que ses opinions politiques ne l’éloignait pas trop d’eux. Ensuite, il ne les a plus vus, et il reconstitue l’histoire d’après ce qu’il a pu lire dans les journaux. Car évidemment, tout cela va très mal finir, on le sait depuis le départ. Sauf qu’on n’imagine pas que cette fin soit si pathétiquement ironique, que tout tourne tellement mal.

Cette histoire est profondément tragique, justement en ce qu’elle a de pathétique et, presque, de ridicule. Il est question ici de grands idéaux et de jeunesse perdue, d’amour aveugle et incroyablement inconditionnel, du genre que l’on n’imagine que dans les livres… Je ne sais pas dans quelle mesure le roman reprend la réalité, mais la simple idée que cette histoire puisse se produire m’a fait froid dans le dos. Pour cette jeunesse gâchée, surtout. Pour rien. C’est-à-dire qu’il et elle ne se sont même pas sacrifiés pour quelque chose en quoi ils croyaient. Le bilan est négatif pour tout le monde. Absurde. Le sujet est indéniablement bien choisi.

La forme, elle aussi, est remarquable, et c’est elle qui m’a révélé une autre facette foenkinesque : sachez, mesdames et messieurs, que le Foenkinos peut aussi se faire oublier ! Ici, point d’humour ; le narrateur est anonyme et n’est pas le centre de l’histoire mais simplement le prétexte à la raconter, un peu comme Zweig fait souvent démarrer ses nouvelles sur une rencontre avec un personnage hors du commun. La seule chose que j’ai retrouvée ici de ce que j’avais déjà lu de l’auteur est cette poésie très subtile que j’avais trouvée dans Qui se souvient de David Foenkinos ? Cette légèreté vaguement nostalgique est omniprésente dans le roman, et lui donne dès le départ la teinte tragique des événements qui vont suivre, sans en faire tout un plat non plus. Encore une fois, j’ai beaucoup aimé cette délicatesse, mais, paradoxalement, je pense que c’est à ce ton que je dois de n’avoir pas été plus embarquée que cela dans le roman : il me semble qu’on comprend tellement bien le gâchis que cela va être (au ton du narrateur) qu’on met tout de suite une certaine distance entre nous et les personnages (et avec elle, surtout).

En conclusion, c’est un beau roman qui traite vraiment bien son sujet, mais je ne suis pas chamboulée non plus, et comme j’aime bien retrouver les blagounettes foenkinesques, j’enchaînerai sûrement (pour cet auteur) avec son dernier roman, qui m’a l’air pas mal du tout à ce que j’ai pu en juger par un extrait lu par David himself à la radio…

Merci Caro[line] pour le prêt ! :)

7 commentaires:

Stephie a dit…

Il va vraiment falloir que je découvre cet auteur

Leiloona a dit…

J'aurais pu écrire le même commentaire que Stéphie !
Caroline en dit tellement de bien qu'elle va toutes nous convaincre ! :D

Lucile a dit…

@ Stephie : sans le classer comme un "must", je le trouve en tout cas très intéressant à suivre d'un roman à l'autre! :)

@ Leiloona : c'est vrai! Et en plus elle est patiente... Elle nous aura tous(tes) à l'usure! ;-)

petiteslecturesentreamis a dit…

la délicatesse est le meilleur bouquin de Foenkinos ! Mais je n'ai pas encore tenté celui-là...

Lucile a dit…

@ petiteslecturesentreamis : bonjour et bienvenue! :) Oui, c'est ce que l'auteur affirme aussi, et je le lui ai acheté à la journée dédicaces de Sciences-Po le 5 décembre dernier! :) J'espère ne pas trop tarder à le lire!

DF a dit…

Merci pour le lien!

Un Foenkinos d'autant plus authentique qu'il ne se cache pas derrière les gags! Je maintiens mon enthousiasme pour ce titre - d'autant plus qu'il n'a pas eu la visibilité d'autres romans du même auteur.

Bonne journée!

Lucile a dit…

@ DF : Mais de rien, Daniel! :) (Un instant, en voyant "DF" commenter ce message, j'ai eu un doute, j'avoue! ;-) ) Un merci à retardement pour ce "bonne journée"! J'ignore quand j'aurai le temps de faire plus que passer répondre aux commentaires... pour rédiger un billet, par exemple!