Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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mardi 1 septembre 2009

T'es pas né dans un chou mais plutôt dans un trou



Voilà quelque temps que je ne vous ai point parlé de Griffe d’Encre, non ? Eh bien je vais me rattraper aujourd’hui (et très bientôt encore, pour vous parler de la prochaine novella à paraître) avec Le chant d’Ekhirit, novella très réaliste d’Olivier May, avec seulement une pointe de fantastique, bref ! un ouvrage qui ne doit pas effrayer les réticents à la science-fiction ou au fantastique.

Ce court roman (moins de 100 pages) s’ouvre sur un drame familial : la petite Maya, 7 ans et petite princesse dans sa famille, est enlevée alors qu’elle était sous la responsabilité de son grand frère Jon. On est alors en 2017. Sept ans plus tard, on retrouve la famille Zorn, amputée d’un de ses membres, et voguant toujours entre deux réalités : le deuil – aussitôt suivi de la culpabilité de ne plus y croire – et l’attente teintée d’un espoir confiant factice et de fait d’autant plus douloureux. Le père, enquêteur principal pour la réunion des polices européennes (Europol), est plutôt résigné et souhaiterait tourner la page, mais il peine à soutenir sa femme comme il conviendrait, tandis qu’elle vogue aux frontières entre folie et raison. La solution, ils la tiennent peut-être : ils iront se ressourcer et se recentrer dans un monastère bouddhiste au bord du lac Baïkal. La communion avec la nature et surtout le chant d’Ekhirit pourront peut-être sauver les parents, mais Jon est loin d’en avoir fini avec son passé. Celui qui jusqu’alors s’était fait plutôt discret devient le principal protagoniste du roman, dévoilant au lecteur un visage nouveau et quelque peu inquiétant !

Il serait difficile de mettre cette novella sous un genre particulier : un peu roman psychologique, un peu suspense, un peu policier… C’est d’ailleurs en bonne partie ce qui fait son point fort, cette multiplicité des angles d’approche qui nous est donnée sans que ça soit fouillis du tout… Justement, c’est cela qui, à mon avis, donne du rythme au roman (notamment au début) et renouvelle l’intérêt du lecteur en le faisant se concentrer sur un personnage, une quête, un point de vue…

Quant au ton global du roman, il est plutôt sombre : le monde imaginé par Olivier May dans quelques années n’est guère différent de celui d’aujourd’hui, quelques évolutions technologiques et géopolitiques mises à part, et les monstres, malfrats et autres esclavagistes que nous connaissons ne manqueront pas de successeurs. Des enfants continueront d’y souffrir, privés de liberté, chosifiés, rendus invisibles ou rongés par une culpabilité qui les dépasse (et à ce titre, la position de l’auteur sur le sujet dénote une subtilité certaine, car, focalisés que nous sommes sur Maya et ses nombreux semblables, que dire de Jon, ou même d’Ekhirit – sur lequel on s’attarde finalement très peu et quant auquel on pourrait presque oublier de se poser certaines questions… – ?). La « morale » que l’on pourrait voir dans cette histoire (même si je ne pense pas que ce soit le but de l’auteur que de faire une quelconque généralisation à partir de cette fiction) n’est pas vraiment politiquement correcte mais, comme dans certains films américains, on est quand même bien contents que ça se passe comme ça. Je me doute que mes propos sont un peu obscurs pour qui n’a pas lu le livre, mais quoi ! le but est aussi de vous donner envie d’aller le lire ! ;-) Que ma dernière phrase ne vous fasse pour autant pas craindre un happy end dégoulinant : je vois mal comment parler d’un « happy-quoi-que-ce-soit » après une telle histoire…

Un roman qui pose sans en avoir toujours l’air pas mal de questions sur l’enfance et qui, malgré sa touche de fantastique et les dates du calendrier, est bien ancré dans notre monde d’aujourd’hui.

Vous pouvez en lire le premier chapitre ici, et découvrir quelques mots sur l’auteur (Olivier May) et l’illustrateur (Zariel) sur le site de Griffe d’Encre.

P.S. : Ce sont les douces paroles de « Respire » de Mickey 3D, qui me servent de titre pour ce billet. J’aurais aussi bien pu prendre, quelques lignes au-dessus : « Alors voilà petit, l’histoire de l’être humain. C’est pas joli-joli ». Ca, non !

3 commentaires:

Karine:) a dit…

Décidément, cette maison d'édition semble proposer tout plein de titres particuliers! Et cool, j'en ai un dans ma pile! :) Mais celui-ci semble vraiment très bien, également!

Pierre-Louis a dit…

La mer à lire ce n'est pas la mer à boire.

Lucile a dit…

@ Karine : comme tu l'as sûrement vu à travers mes billets, j'ai rarement été déçue par un ouvrage de leur sélection. Il font vraiment un gros boulot en amont, autant les éditeurs qui sont vraiment exigeants sur ce qu'ils acceptent de publier, que les auteurs, qui se plient souvent au difficile exercice de la réécriture... Mais bon, je les aime, de toute façon ; pour un peu je manquerais de partialité! :)

@ Pierre-Louis : heu, tout à fait; C'est justement à cause de cette réflexion que j'ai donné ce nom à mon blog! Et bienvenue ici! :)