Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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lundi 19 octobre 2009

Piège à LCA, épisode 1

Dans les librairies, généralement sur des présentoirs tout près des caisses, il y a souvent plein de livres plus ou moins épais, plus ou moins onéreux, aux titres très attirants pour les LCA ; des ouvrages qui traitent de la lecture elle-même, des livres, des mots, des courants littéraires… Je passe généralement sans sourciller devant lesdits présentoirs, m’en tenant sagement aux quelques bouquins que j’ai extirpés des rayonnages comme autant de trésors et que, de toute façon, je n’avais pas besoin d’acheter étant donné que ma PAL avoisine les 150 titres… Mais, comme vous le constatez, j’ai craqué au salon du livre de Gradignan, toute enfiévrée que j’étais du trop d’argent liquide dans mon portefeuille (c’est bien pour ça que je n’en ai jamais ordinairement ; c’est si immédiatement disponible, l’argent liquide…). J’ai ainsi ajouté à la pile prévue (par « prévue », j’entends « envisagée au moment où je songeai à rejoindre la caisse » et non « mûrement réfléchie à l’avance » ; au passage, vous constatez que les « quelques bouquins » dont je parlais plus haut se sont ici transformés en « pile », autre effet secondaire du « trop de liquidités disponibles ») un tout petit livre de rien du tout sur l’OuLiPo (dont je vous parlerai prochainement) et Les scandales littéraires de Claire Julliard (petit, pas cher et bon pour ma culture littéraire ; une occasion comme ça, ça ne se refuse pas, non ?). Bon, après lecture, je me sens juste un tout petit peu frustrée et incontestablement trompée sur la marchandise

Mais avant tout, résumons ce que l’on trouve dans ce petit volume paru chez Librio : l’auteur s’intéresse, en neuf chapitres, à différentes catégories de « scandales » littéraires. Les fiascos éditoriaux (plutôt dans le sens des génies qu’on a laissés filer, voire carrément mis à la porte sans ménagement), les Goncourt surprenants, les mystificateurs (dont ceux qui se tirent une balle dans le pied tous seuls comme des grands), les pseudos – eux-mêmes divisés en différentes catégories dont je n’ai pas toujours saisi ce qui les distinguait les unes des autres –, les « nègres », la littérature érotique…

Bon, d’abord, première critique ou remarque : je ne dois pas avoir la même définition pour le mot « scandale » que l’auteur et/ou l’éditeur. Évidemment que ça fait plus vendre sur le coup de mettre « scandale » dans un titre de bouquin plutôt que « anecdote », sauf qu’à long terme, je pense que je vais avoir tendance à sacrément me méfier de Claire Julliard et des éditions Librio. M’enfin, ce n’est certainement pas mon petit cas personnel qui va les émouvoir, et je suppose qu’ils ont fait leurs calculs. N’empêche que ça m’a pas mal déçue. Car je me suis donc retrouvée avec une énumération d’anecdotes littéraires dont je me demande à la fin si elles sont tellement mémorables pour le milieu…

Mais soit, dépassons notre déception initiale et soyons constructifs. Car ce bouquin ne manque certes pas de qualités. Prenons cette phrase du quatrième de couverture : « A coups d’anecdotes, de secrets dévoilés, et au travers d’une perspective historique, Claire Julliard dépeint un monde plein d’obstacles et de tractations ». Si l’idée de synthèse ou de perspective y est véhiculée sans raison au vu de l’ouvrage (à mon avis, bien sûr), effectivement on progresse à coups d’anecdotes au fil des chapitres. Certes pas au sujet d’écrivains ou personnalités particulièrement connus (de moi, toujours pareil, et ma culture littéraire est sans doute limitée, mais quand même), mais tout de même, on y apprend des choses, à commencer par l’existence de certains des écrivains impliqués dans ces « scandales », par exemple Marc-Édouard Nabe, Jean-Edern Hallier, Jean-Jacques Pauvert… Voilà des noms qui m’étaient totalement inconnus avant que j’ouvre ce livre (j’ai un doute sur le deuxième, tout de même). Je ne suis pas sûre de m’en rappeler longtemps, mais au moins si je les retrouve quelque part, j’aurai de petites notions…

Certes, je vous concède qu’à l’instant j’étais encore un chouïa ironique ; me voici totalement sincère en revanche pour dire que j’ai été bien contente d’en savoir plus sur Émile Ajar/Romain Gary et comment il a monté et fait durer la supercherie, ou encore de connaître l’histoire du passage du Goncourt juste sous le nez de Céline puis de Vian quelques années plus tard (et leurs réactions respectives à ce non-événement). Plusieurs des anecdotes relatées ici m’ont vraiment intéressée et m’ont donné envie d’aller un peu plus loin pour découvrir les auteurs concernés, les « affaires » dont il était question, les livres qui ont fait débat. Mais quitte à ne pas avoir de synthèse et de vision d’ensemble de tout cela (comme semblait le promettre le quatrième de couverture), j’aurais aimé avoir plus de ces anecdotes à me mettre sous la dent… Tant pis !

Vous aurez compris que je suis déçue par ce livre, qui peut aussi être considéré comme un petit bouquin distrayant à condition de ne pas trop en attendre au départ. Ça m’apprendra à regarder les présentoirs de bord de caisse !

8 commentaires:

LVE a dit…

Ah, ben moi cela m'a donné envie de le lire...

Reka a dit…

Je me serais de toute évidence arrêtée aussi devant ce bouquin s'il avait été mis sous mes yeux en librairie. Maintenant, ta critique m'encourage à l'épargne. Merci, Lucile ! ;)

chiffonnette a dit…

Bon ben ça au moins, c'est fait!! :-)

Lucile a dit…

@ LVE : comme quoi, même quand ils ne sont pas enthousiastes, les blogs sont toujours un bon moyen de promotion pour les livres! ^_^

@ Reka : merci à toi de me réconforter... La chair (de LCA) est faible! ;-)

@ Chiffonnette : ^_^

Karine:) a dit…

Tiens, je suis curieuse sur ces histoires, même si tu es un peu déçue! C'est le genre de livre que j'aurais pris tout de suite si je l'avais vu!

Lucile a dit…

@ Karine : Hé oui, il semble qu'on soit toutes faites pour réagir aux mêmes déclics! ^_^

Caro[line] a dit…

C'est vrai qu'il y a souvent des livres tentants aux comptoirs. Et en plus, ils sont tout petits, donc on a moins de scrupules à les acheter... Ton exemple devrait nous servir de leçon ! ;-) (Je te confirme que je suis à la bourre dans ma lecture de ton blog !!!)

Lucile a dit…

@ Caro[line] : tu es toujours moins à la bourre que moi! :)