Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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mercredi 21 octobre 2009

Piège à LCA, épisode 2

Ah, l’OuLiPo ! Voici un courant que j’ai découvert avec les blogs, notamment grâce à l’un des premiers billets d’Emeraude. Je trouvais amusant ce concept d’écriture « sous contrainte », aussi dans ma récente excursion au salon du livre de Gradignan craqué-je pour ce tout petit recueil de textes de l’OuLiPo paru chez les éditions Mille et une nuits suite à la sortie du spectacle Oulipo/Pièces détachées, mis en scène par Michel Abécassis pour le Théâtre de l’Eveil fin 2006 puis début 2008.

Quelques mots tout d’abord sur l’OuLiPo : ce nom de courant reprend le début des mots « ouvroir », « littérature » et « potentielle ». Ouvroir de littérature potentielle : « de la littérature en quantités illimitées, potentiellement productible jusqu’à la fin des temps, en quantités énormes, infinies à toutes fins pratiques », selon les mots de Jacques Roubaud et Marcel Bénamou dans leur petit texte de présentation de l’Oulipo. Le mouvement a été co-fondé par Raymond Queneau et François Le Lionnais en 1960, et compte parmi ses membres les plus connus Georges Perec, François Caradec ou Italo Calvino. Le concept de l’OuLiPo, c’est donc d’écrire en s’inventant des contraintes : pour reprendre l’exemple le plus connu, écrire tout un roman sans jamais utiliser la lettre « e » (La disparition de Georges Perec).

Le résultat est plus ou moins brillant ou probant, les contraintes sont parfois faciles à retrouver et à d’autres moments pas vraiment… En tout cas, cela donne des textes très variés ! Dans la vingtaine de ceux qui ont été réunis dans ce recueil, j’ai beaucoup aimé les Poèmes pour bègue de Jean Lescure dont voici une strophe et sa transcription :

Sisyphe est fait
pour pouvoir voir
si le silence en cet été
vaut vos cris, crimes,
mesures sûres des démons,
mondes de mots morts.

Sisi féfé pourpou voirvoir silesil hensshenss hètt hètté vovo cricri meumeu zursur dédé monmon deudeu momor

Le À quoi tu penses ? de Hervé Le Tellier est également excellent, avec ses aphorismes incongrus (« À quoi tu penses ? Je pense que les poissons ne savent pas quand c’est vendredi » pour vous en citer un assez court) ou encore La dictée de Jacques Jouet où l’on s’empêtre dans des mots pour parler d’orthographe.

Certains de ces exercices de style m’ont évidemment laissée songeuse, comme le Britannicus de Michelle Grangaud, un dialogue de trois pages constitué uniquement d’exclamations courtes (« Ah! Ah! », « Ah! Seigneur! » et compagnie…) entre trois personnages, ou encore les Monovocalismes de Georges Perec, Jacques Jouet et Olivier Salon, où chacun se voit attribuer la seule voyelle à laquelle il a droit (respectivement « a », « o » et « e ») pour composer une histoire à trois voix ; le résultat est qu’on ne comprend rien ou pas grand-chose.

Pour le coup, je ne suis pas du tout déçue de la marchandise : j’ai lu exactement ce à quoi je m’attendais, et découvert du même coup les petits livres des éditions Mille et une nuits, « des chefs-d’œuvre pour le temps d’une attente, d’un voyage, d’une insomnie… ». A lire pour se faire en quelques pages une idée sur l’OuLiPo. Pour en savoir plus il faudra par contre aller creuser ailleurs !

2 commentaires:

Laëtitia a dit…

Creuser ailleurs... ou écouter "des papous dans la tête" sur France culture le dimanche de 12h45 à 14h :-)

Lucile a dit…

@ Laetitia : ou creuser dans sa tête pour trouver des papous? ;-) Il faut que je m'abonne au podcast! :D