Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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jeudi 12 novembre 2009

Sois belle, cultivée, bonne chanteuse, danseuse hors-pair... et parle (mais pas trop)


Plusieurs blogueurs m'avaient parlé de cette autobiographie lorsque j'avais lu Geisha, de Arthur Golden. Evidemment, en le trouvant dans les rayonnages de ma petite - mais non moins pleine de ressources - bibliothèque de village, je ne pouvais résister à la tentation...

Après lecture, j'ai du mal à "classer" ces deux livres l'un par rapport à l'autre : ils m'ont en effet semblé très proches, à la fois dans le contenu et dans le style, et comme j'avais beaucoup aimé le premier, j'ai également beaucoup aimé celui-là... L'effet "découverte" en moins, étant donné que la plupart des termes et des concepts m'étaient déjà connus par le biais du Golden ; l'effet "vérité" en plus, puisque pour le coup, là on a du vrai de vrai! Et c'est ça qui est proprement hallucinant : le fait de penser que ça se passait encore comme ça dans les années 1960 et 1970... Cette dame-là a rencontré la reine d'Angleterre et le duc d'Edimbourg, le créateur Aldo Gucci, Elizabeth Taylor, le prince Charles, bref! autant de personnalités qui nous évoquent franchement quelque chose. Pourtant les rituels, l'étiquette d'un monde d'un autre siècle perduraient encore il y a quelques décennies à peine... (Je me demande d'ailleurs ce qu'il en reste aujourd'hui)

Mais revenons à ce livre : nous suivons ici le parcours de l'étonnante Mineko Iwasaki, héritière (atotori) de l'une des plus grandes maisons de geishas de Gion-Kobu, un quartier de divertissement (karyukai) de Kyoto. A travers son récit on découvre l'incroyable formalisme du "monde des fleurs et des saules" (traduction littérale de "karyukai", "car si la geisha est une fleur parmi les fleurs, elle possède aussi la grâce, la souplesse et la force d'un saule" p. 7), que ce soit en termes de hiérarchie (des okiyas - ou maisons de geishas - entre elles, de leurs liens avec les ochayas - maisons de thé - , ou des geishas entre elles, selon leur âge, leur expérience, etc.) ou de cérémonials (comment ouvrir une porte, servir le thé, saluer ses professeurs...) sans parler des façons très précises de se coiffer ou de s'habiller selon les circonstances... Si beaucoup de ces notions m'avaient été apportées par le Geisha d'Arthur Golden (qui a notamment été rédigé suite à un entretien avec Mineko Iwasaki, comme le signale l'auteur dans les remerciements), ce livre-là va plus dans le détail, conséquence directe de l'expérience personnelle de l'auteur et de sa connaissance du milieu "de l'intérieur".

Ainsi on apprendra qu'il existe des nuances au terme de "geisha", et que si Sayuri ne précisait pas sa condition, je sais aujourd'hui qu'elle n'appartenait pas à la même catégorie que Mineko, (qui était elle une geiko, c'est-à-dire "une femme qui excelle dans les arts"). On découvrira aussi qu'avant de devenir geiko, on commence par être minarai (observatrice) puis maiko (c'est-à-dire que l'on peut commencer à animer des banquets) avant la cérémonie du "retournement de col" (erikae) qui traduira directement dans l'habillement le changement de statut de la maiko en geiko. Et moult autres choses intéressantes, permettant de faire plus ample connaissance avec ce monde mystérieux et fantasmé des geishas.

A ce propos, il faut signaler que Mineko est une femme de caractère qui a depuis toujours essayé de faire changer le système à Gion-Kobu, complètement sclérosé pour certains points par le poids de traditions dépassées (par exemple l'interdiction pure et simple de pratiquer la danse inoue, la passion de la narratrice, en-dehors de certains cadres bien précis). C'est cette force de caractère qui lui a justement dicté sa démission de la profession à l'âge de 29 ans (un véritable chamboulement à Gion étant donné qu'elle était parmi les geishas les plus connues de sa génération), qui l'a poussée à ouvrir une boîte de nuit, à écrire un livre, à devenir agent artistique...

Un parcours étonnant dans un monde à part, rédigé d'une façon très pédagogique qui ne perdra pas les novices : une lecture joignant l'utile à l'agréable, en somme!

5 commentaires:

Laëtitia a dit…

Et un petit tag ciné, ça se tente, non ?!

chiffonnette a dit…

Je lorgne dessus! C'est un univers qui me fascine, tout comme me fascine la culture japonaise en fait!

Lucile a dit…

@ Laetitia : allez hop! Soyons fous! ;-) La semaine prochaine, je devrais avoir un peu de temps!

@ Chiffonnette : je pense que c'est une valeur sûre, et tu apprendra certainement plein de choses. C'est très accessible! :)

Karine:) a dit…

Je me promets de le lire depuis je ne sais pas combien de temps, celui-là... et bizarrement, c'est pas encore fait! Les joies de la pile!

Lucile a dit…

@ Karine : je pense que ça aurait été pareil pour moi si je n'étais pas tombée dessus tout à fait par hasard dans ma bibliothèque! :)