Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
N’HÉSITEZ PAS A LAISSER VOS COMMENTAIRES SUR NOS LECTURES COMMUNES!

samedi 27 février 2010

Cinq histoires maliennes

Dans la série "les livres que j'ai achetés au salon du livre de Gradignan début octobre 2009", je vous présente ces Nouvelles du Mali, dénichées sur le stand de la maison d'édition Magellan & Cie. Il s'agit de l'un des douze recueils de la collection "Miniatures" publiée en collaboration avec Courrier International. J'avais bien envie de découvrir quelque chose comme une "identité malienne écrite" à travers une sélection de nouvelles (j'avais hésité avec le Mexique et Israël, qui me tentaient assez)... mais ce fut plutôt une mauvaise pioche.

Ce recueil regroupe cinq nouvelles plus ou moins longues de "quelques écrivains emblématiques de la scène littéraire malienne contemporaine, qui a pour cadre Bamako" (cf. avant-propos). Les textes de cette sélection sont très distincts entre eux, depuis une sorte de conte à de la poésie, en passant par des récits plus classiques ou de la littérature érotique. De même dans les thèmes abordés, qui vont de la singularité, la différence et le regard des autres au désir, d'une cité fourmillante à des punitions... Pas évident de déduire de tout cela des particularités littéraires maliennes, si ce n'est, peut-être, une forme d'humour bien spécifique, une certaine ironie détachée, un "rions-sans-juger", même quand c'est triste... Cela dit, peu importe en fait qu'un point commun se dégage ou non : j'avais surtout envie de lire de bonnes nouvelles qui me changeraient de ce dont je pouvais avoir l'habitude. Et pour deux des cinq nouvelles (dont une occupant la moitié des pages du recueil environ), je n'ai pas du tout accroché...

Pourtant, cela commençait bien : "Tous les moutons du monde" (de Ousmane Diarra) raconte l'histoire d'un homme intègre et discret, riche et généreux mais athée dans un quartier musulman, au moment du ramadan. La pression sociale du voisinage s'exerçant sur sa femme et ses enfants, puis, démultipliée par eux, sur lui, ne sera guère bonne pour cet homme pourtant sans histoires et exemplaire à bien des égards. Une fable intelligente et bien écrite.

Avec "Bamako, cité des caïmans" (de Sirafily Diango) pourtant, ça se gâte : cette nouvelle ne raconte rien, et se contente de parler de la capitale avec un langage pseudo-poétique, parfois très alambiqué pour faire ressortir consonances et allitérations que j'ai trouvées "faciles" sans forcément de recherche de sens derrière. Et moi, les mots pour les mots... en tout cas, comme ça, j'aime pas trop...

Vient ensuite l'apothéose, "Le Sucre" (de Alpha Mandé Diarra), nouvelle centrale d'environ 45 pages. L'idée au départ n'était pas mauvaise : un petit groupe d'enfants, chacun dans son rôle (le chef, le peureux, celui qui court vite, etc.), tient conseil et échafaude des théories pour savoir d'où vient le sucre et le vérifier. Il y a certes quelques passages assez drôles, mais j'ai trouvé que la narration s'enlisait et on n'en finissait plus de cette historiette scatologique, d'autant que la fin change de tonalité en quelques lignes sans pour autant fournir de chute valable. J'ai poussé un gros "ouf!" de soulagement quand j'en ai eu fini avec celle-là!

Petit mieux avec "Une histoire de chat" (de Moussa Konaté), la nouvelle suivante, où un chat nous raconte à la première personne ses aventures avec son petit copain de la maison et leurs bêtises communes. Si j'ai beaucoup ri des descriptions occasionnées par ce point de vue félin, la chute m'a franchement déconcertée, du fait d'un virage subit de tonalité ici encore, et du décalage entre les faits rapportés et les mots employés dans cette circonstance.

Enfin, on termine heureusement avec "La peau sur l'œil" (de Yambo Ouloguem), une très bonne nouvelle érotique qui se passe dans le métro parisien (c'est par contre ce que j'ai regretté : même si l'auteur est malien, je m'attendais à un dépaysement géographique). Aux heures de pointe, Régis "viole" l'air de rien des jeunes femmes dans les rames bondées ; cette nouvelle raconte l'un de ces épisodes. Je vous avoue que j'ai été très surprise, car je ne savais pas, avant d'arriver à des passages suffisamment explicites, que j'avais commencé à lire une nouvelle érotique.

Bilan très mitigé donc, et globalement une impression plutôt négative sur le recueil. Sauf si j'ai l'occasion de l'emprunter, je ne pense pas en lire un autre de la collection...

Aucun commentaire: