Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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lundi 1 mars 2010

"Son royaume pour un cheval"

Continuons notre jeu des sept familles, ou plutôt des sept salons du livre, puisque j’ai décidé de lire le plus rapidement possible les bouquins que j’ai achetés dans les dernières manifestations littéraires où je me suis rendue… Cette fois-ci, c’est au salon de Lacanau, le 17 octobre 2009, que j’ai craqué pour ce livre, avec De loin on dirait une île de Éric Holder, et Bordeaux Blues, un polar régional de Christian Cétois (dont j’espère vous parler rapidement, du moins dès que j'aurai rattrapé mon retard dans mes publications!). J'étais allée discuter avec l'éditrice Delphine Montalant sur son stand, et voilà que je tombe nez-à-nez avec Accès direct à la plage et 1979 de Jean-Philippe Blondel, et Elle fait des galettes, c'est toute sa vie, de Karine de Fougeray, des titres que je connaissais pour en avoir entendu parler du temps où je ne faisais pas trop attention à l'identité des éditeurs (et aussi, pour Accès direct à la plage, pour l'avoir lu, mais en poche). Tout ce petit monde édité chez Delphine Montalant, donc. Au moment du salon, j'avais plutôt envie de romans, et notre (charmante) éditrice m'a orientée vers celui-ci. Je me rappelais avoir lu une critique un peu déçue chez une blogueuse, mais il suffit que je la cherche pour ne plus la trouver... Enfin, quoiqu'il en soit, ce roman me fut si bien présenté que je partis avec malgré tout! :)

Ker Violette raconte l'histoire de Clara, mystérieuse et envoûtante jeune femme qui débarque un jour dans un petit port de Bretagne pour chercher son cheval. Évidemment elle ne l'annonce pas comme ça, de but en blanc : ou plutôt elle but du blanc (du champagne en réalité, mais je ne résiste pas devant ce jeu de mots même pas calculé... ^_^) avant de s'effondrer ivre morte et réclamer son cheval à un inconnu. Qui la finit par la déposer chez Violette, une vieille femme propriétaire d'une maison d'hôtes, avec qui le courant va tout de suite passer. Chacune ses secrets et ses blessures, chacune ses petites manies ; de part et d'autre également, le respect d'un chagrin dont on ne sait rien, d'un passé traumatisant. Et puis, il y a les hommes. Clara et les hommes, c'est quelque chose! Elle les ensorcelle tous, sans le vouloir ; elle a un truc, mais elle s'en fiche. Ça ne l'intéresse pas. Elle, elle veut retrouver son cheval, c'est tout.

Et bien que ce roman soit beaucoup plus dense, regroupe de multiples histoires en une seule, je m'arrêterais là dans mon résumé. Car non seulement tout s'enchaîne d'une façon très fluide, mais en plus le genre de ces intrigues permet de renouveler l'attention du lecteur, et on découvre autant des pans d'histoires personnelles (qui expliquent les psychologies) que l'on suit une sorte d'enquête à travers le passé ("les passés" faudrait-il dire). Les narrateurs s'enchaînent d'un chapitre à l'autre. Certains gardent la parole longtemps, d'autres pas ; certains ne parleront qu'une seule fois, d'autres nous accompagneront tout au long du récit... Du point de vue de la technique narrative donc, j'ai trouvé ce roman remarquable.

Non, lorsque j'ai ouvert ce livre, c'était plutôt l'histoire que j'appréhendais : disons que je n'étais pas sûre d'accrocher avec l'histoire d'une fille obsédée par un cheval, même traumatisée. Enfin, vous savez comme les filles qui font de l'équitation sont passionnées... Moi qui ne suis pas du tout dans ce cas, bien que je n'aie rien contre ces charmantes bêtes, il m'est parfois difficile de rester longtemps intéressée par tous les détails qu'on peut bien avoir à me raconter sur les faits et gestes d'un cheval... Donc, bon, tout simplement, l'idée de me retrouver à lire pendant 250 pages le périple d'une nana à la recherche de son cheval me faisait peur... Que je rassure tout de suite les non-fans de chevaux : ça s'est bien passé! :) Et oui, les chevaux sont très importants dans cette histoire, mais surtout en temps qu'intermédiaires pour traduire d'autres choses. Des facettes sombres des personnalités, par exemple. Les chevaux ne sont ici que les instruments du destin (ou les "instrumentalisés", c'est selon). Et puis il n'y a pas que ça, sans quoi il est probable qu'on se lasserait sans doute... Il y a plein de gens qui n'ont rien à voir avec les chevaux, aussi. Dont cette Violette, cette frêle dame âgée qui s'habille en violet, porte un parfum à la violette, se teint les cheveux  en blanc-violet et a baptisé toutes les chambres de sa maison de noms de fleurs, sauf une : "Vue sur la mer"... la seule depuis laquelle on ne voit pas l'océan. Il y a aussi du mystère là-dessous!

Donc non, vraiment, ce roman n'est pas réservé aux fans de chevaux, ni uniquement aux adeptes de romans "psychologiques". L'ambiance bretonne est bien rendue (la preuve : un mois après avoir fini cette lecture, j'ai encore bien en tête les lieux que j'avais imaginés pour cadre au roman) tout comme les personnages, plus vrais que nature, et certaines scènes m'ont vraiment marquée... Le tout selon moi grâce à un style maîtrisé, en particulier dans les descriptions et "l'animation" des personnages. A noter : j'ai parfois pensé (notamment pour le passage qui se passe en Irlande) à l'ambiance du Treizième conte, de Diane Setterfield...

Un très bon moment de lecture pour moi : je vous conseille Ker Violette! Et du coup, au prochain salon du coin (où je croiserai sans aucun doute de nouveau Delphine Montalant, puisqu'elle aussi est installée dans le Médoc!), je pense continuer avec le recueil de nouvelles de Karine Fougeray, dont on a beaucoup entendu de bien sur la blogosphère littéraire : Elle fait des galettes, c'est toute sa vie.

Les avis de A propos de livres, Bladelor, Clarabel, Bellesahi...

P.S. : Le titre de ce billet est extrait du roman. C'est très drôle car en cherchant précisément la page d'où je l'ai extraite, pensant la trouver au tout début, je me rends compte que toute l'histoire s'est organisée dans mon esprit. Une scène que je pensais à la toute fin me saute aux yeux à la page 50. C'est quand même dingue, la perception du "temps littéraire"... Et du coup, cette citation est tout de même extraite de la page 81! Pas tellement le tout début, en fait! ^_^

7 commentaires:

Mo a dit…

Je vais peut-être tenté, alors, j'avais été un peu déçue par elle fait des galettes; disons que j'avais aimé mais que je me demandais un peu si c'était l'effet madeleine ou un vrai plaisir littéraire (j'suis snob...)

Lucile a dit…

@ Mo : mais oui, soyons snobs! ^_^ Mais du coup, tu me mets un peu la pression... J'espère que tu aimeras! :)

La plume et la page a dit…

Et bien je vais noter le titre de ce livre car tu sembles très emballée. Et puis, la Bretagne, la mer, ce n'est pas si éloignée que ça de la Normandie.

Lucile a dit…

@ La plume et la page : oui, ça devrait te parler encore plus qu'à moi, alors! :)

Anonyme a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
chiffonnette a dit…

Tu arriverais presque à me faire envie, mais les histoires de cheval moi... Ceci dit, vu ta référence au Setterfield, tu pourrais bien me faire changer d'avis!

Lucile a dit…

@ Chiffonnette : Bah, à moins que tu ne sois vraiment allergique à toute mention d'équidé, je t'assure que c'est largement supportable et que ça ne mobilise pas spécialement une fibre "chevalesque" du côté du lecteur! ;-) En lisant d'autres avis tu te feras peut-être une meilleure idée? :)