Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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dimanche 21 février 2010

Vous avez dit "onirique"?

C'est au salon du livre de Gradignan, début octobre 2009, que j'ai acheté ce livre (rappelez-vous, c'est à ce salon que j'avais longuement discuté avec Serge Joncour). Je commençais alors à rencontrer les éditeurs du sud-ouest de la France pour proposer mes services de correctrice, et je me suis donc présentée au stand des éditions Monsieur Toussaint Louverture, maison dont le nom me disait vaguement quelque chose, mais dont je n'avais jamais vu les livres jusqu'alors...Cette affirmation peut vous paraître bien catégorique, pourtant, en ayant vu l'ensemble de leur collection ce jour-là, je vous assure que je me serais souvenue d'avoir eu entre les mains des bijoux pareils! Ces objets sont réellement magnifiques : la qualité du papier est proprement incroyable (pendant les premières dizaines de pages de celui-ci, quand je tournais une page, je revenais dessus pour la caresser tellement j'étais surprise, c'est dire!), il émane des choix de mise en page et des polices employées un petit côté fin du XIXe siècle, quelque chose connoté "confortable", "gros fauteuil et coin du feu avec Scherlock Holmes et Watson, et puis Agatha Christie, aussi, tiens"... Enfin, j'ai tout de suite adoré les objets livres qui se trouvaient là... Ensuite, j'ai longuement hésité sur l'ouvrage que j'emmènerais avec moi. Pour vous situer la ligne éditoriale en quelques mots, sachez que les éditions Monsieur Toussaint Louverture se spécialisent dans les nouvelles, plutôt comiques ou décalées. Après avoir hésité avec un recueil de textes oubliés (Perdus / Trouvés), j'ai finalement sélectionné le recueil dont je vais vous parler aujourd'hui, présenté par la sympathique jeune femme face à moi comme "très poétique". Vu mon amour pour les jolies phrases, le titre et les jolies arabesques en couverture (l'image ne lui rend pas justice, d'ailleurs, elle est plus belle en vrai!), je me suis décidée pour emporter ce Temps gelé. Malheureusement, cette lecture fut plutôt une déception...

Ce recueil regroupe onze textes - le plus souvent des nouvelles, plus trois "novellas" (terme que je n'avais jamais entendu en-dehors de chez Griffe d'Encre), c'est-à-dire des textes un peu plus longs que des nouvelles mais plus courts que des romans - qui, à défaut d'être poétiques (sauf un ou deux, d'accord) sont surtout extrêmement bizarres et incompréhensibles. J'ai eu l'impression pour l'immense majorité des textes d'être coincée dans un rêve qui n'en finissait pas, auquel je ne comprenais rien et, justement, qui n'était même pas poétique. Ce livre m'a donc le plus souvent mise mal à l'aise, je me suis épuisée à essayer en vain de trouver un sens derrière ces mots (y en avait-il un? Là est ma grande question après cette lecture, car il est aussi probable que je n'aie rien compris à ce que l'auteur essayait de faire passer...). Les digressions dans ces nouvelles se transforment elles-mêmes en histoires à part entière et cessent comme elles ont commencé : on ne comprendra pas plus leur apport à l'histoire principale que le sens de cette dernière. Voilà, c'est comme ça. Il y a un homme et une femme qui s'apprêtent à manger la cervelle de bestioles vivantes "préparées" devant eux (là je vous raccourcis le topo : avant, il s'est passé plein de choses sans queue ni tête) et entre-temps on nous raconte que, dans de lointaines tribus, on transforme des enfants en "araignées" en leur imposant d'horribles déformations dès leur naissance, le tout sur un ton tout à fait détaché, genre "tout est normal" ("5W Club"). Et sans chute. Je crois que c'est trop conceptuel pour moi.

Quand même, pour ne pas être trop négative, j'ajouterai que la nouvelle "Temps gelé" qui donne son titre au roman est, pour le coup, poétique et m'a touchée (même si la fin m'a laissée perplexe) : le principe de départ est l'existence de "geleurs", personnes chargées d'immortaliser des scènes variées à travers l'espace et le temps pour que d'autres puissent y accéder. Les "tableaux" qui en résultent ne sont visibles que par de rares élus et peuvent engendrer des drames... L'idée de geler le temps m'a beaucoup plu, ainsi que la construction du récit en va-et-vient entre plusieurs époques. De même, "L'âme double des faits ordinaires" m'a amusée par son concept : la découverte par des scientifiques marginaux d'une drôle de particularité topologique de l'espace, à savoir "comment faire disparaître les objets en les retournant sur eux-mêmes" (un petit air de La Dernière Nécropole, d'ailleurs!). La fin, sombre à souhait, m'a semblé être la seule chute réussie du recueil.
Et il serait faux de dire que le sens du récit m'a tout le temps échappé : dans "Distorsions" ou "Photographe bleu", l'impression de ne pouvoir me dépêtrer d'un cauchemar était absente... mais je n'ai quand même pas vu l'intérêt...

Voilà : en conclusion, rien de bien brillant pour moi, donc. Reconnaissons toutefois à Thierry Acot-Mirande, un indéniable talent pour retranscrire des ambiances bizarres et oniriques. A tenter pour les curieux, peut-être? (En tous cas, je serais curieuse d'avoir d'autres avis!)

2 commentaires:

Laëtitia a dit…

Bizarre et incompréhensible, tu dis ? Je prends ! Tu me le prêteras en échange des Veilleurs en mars ?! Ravie de te lire ici de nouveau et vive tavoisinemartine ;-)

Lucile a dit…

@ Laëtitia : Pas de souci pour un échange de bons procédés! :) Je suis vraiment curieuse de savoir si ça te plaira, tiens! ^_^ (Et oui vraiment, vive mavoisinemartine! )