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mercredi 3 mars 2010

Le plus fort, c'est mon grand-père

Il y a eu un moment où j'ai eu l'impression de n'entendre parler que de Philippe Claudel, sur les blogs. Et uniquement en des termes élogieux. De cette époque datent les quelques romans de lui que j'ai intégrés à ma LAL (c'était donc quand je tenais encore ma LAL à jour). Un jour de déception en librairie (comprenez que je cherchai en vain une œuvre bien précise dans une toute petite boutique), pour ne pas sortir les mains vides - car ça porte malheur  (oui les LCA ont leurs superstitions à elles! ^_^) - j'emportai ce très court roman, pensant au billet élogieux que Tamara en avait fait. Puis, comme beaucoup de mes livres, il a sédimenté un peu dans ma bibliothèque, il a déménagé... Quand je l'ai ressorti tout récemment, donc, je ne savais plus trop ce que je devais en attendre. C'est mieux comme ça, car ce fut une très jolie parenthèse littéraire, comme un bijou très simple à base de souvenirs d'enfance qui esquissent, en camée, le portrait d'un grand-père.

Je croyais me rappeler que L'Excelsior dont il était question ici était le fameux café chic de Nancy, tout proche de la gare, avec sa déco art nouveau, ses dorures et ses grands miroirs. Je trouvais d'ailleurs la couverture du poche un peu en décalage avec ce haut lieu de la fin du XIXe, mais tout s'est rapidement expliqué : le Café de l'Excelsior est l'établissement un tout petit peu moins classe, dans une morne bourgade de l'Est, que tient le grand-père du narrateur. Il a juste le même nom que celui "de la ville".

Le narrateur, donc, nous raconte son enfance d'orphelin recueilli par son grand-père, propriétaire d'un petit bar où il passe tout son temps. Ou plutôt il nous livre des souvenirs : son grand-père derrière son comptoir, les dialogues écrits d'avance avec certains habitués, les femmes qui n'étaient pas les bienvenues, les étrangers que l'on regarde en coin. Les balades le long du canal, les histoires merveilleuses que le grand-père inventait à partir des noms des péniches - le narrateur le sait aujourd'hui - pour dépeindre au petit garçon une ascendance de rêve en lieu et place de son sordide passé. Les siestes à la cave, le portrait de la grand-mère, morte si jeune, l'alcool dès le matin et les rideaux sales... Puis un homme cravaté qui vient retirer l'enfant à son grand-père, ce vieil homme digne et alcoolisé dont le petit gardera toujours l'image d'un saint, ou d'un père Noël endormi sur des caisses de vin après le repas de midi.

Malgré la simplicité et le dépouillement avec lesquels ces petites choses, qui ont fait le quotidien du narrateur, sont rapportées, ou peut-être grâce à eux justement, Le Café de l'Excelsior est un roman émouvant (oui, j'avoue avoir versé quelques larmes) sur une relation authentique entre un grand-père et son petit-fils. Quand on referme ces 85 pages, la scène finale donne l'impression d'un ciel qui se dégagerait après avoir été longtemps gris ; cela contribue à vous faire penser que vous avez un joli moment, délicat, entre les mains. Je pense en revanche que j'aurais été déçue si j'en avais attendu quelque chose de précis...

Je vous conseille donc ce roman, pas comme un chef-d'œuvre, mais simplement pour ce qu'il est : de jolies pages pleines de nostalgie.

P.S. : Le titre de ce billet est détourné à partir de la chanson de Lynda Lemay, Le plus fort, c'est mon père, dont la tonalité m'évoque un peu celle de ce roman.

6 commentaires:

La plume et la page a dit…

Je n'ai jamais lu de livres de Philippe Claudel et pour le coup, tu me tentes... Je crois bien que je vais ajouter ce titre à ma LAL. Et tant pis si elle est déjà trop longue.

Lucile a dit…

@ La plume et la page : Bah, il est tout petit! Ce n'est pas très grave! ;-)

**Fleur** a dit…

J'aime tous les romans de Philippe Claudel ! Bon je suis originaire de la Lorraine c'est peut être pour ça :)
Tu as raison l'Excelsior à Nancy existe toujours et c'est bien un café très chic !

Par contre, moi je conseille davantage de lire ses livres chez son éditeur nancéen La Dragonne (sauf quand il publie chez Stock bien sûr) plutôt que la version poche. Par exemple pour le Café de l'Excelsior, il y a de magnifiques photos qui accompagnent la narration, sans elles pour moi il me manque quelque chose...

Lucile a dit…

@ Fleur : Merci du conseil! Je vais voir si ma bibliothèque les a en broché... Je compte encore en lire quelques-uns de cet auteur! :)

Caro[line] a dit…

Tiens, un Claudel que je n'ai pas lu ! :-)

Lucile a dit…

@ Caro[line] : ah ben il est tout court en plus! Si tu veux compléter ton "tableau de chasse" Claudel, ça ne te prendra pas beaucoup de temps! ;-)