Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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jeudi 15 avril 2010

Fil conducteur ou "De la transmission"

Ce roman a beaucoup fait parler de lui, du moins dans mon entourage. Je me rappelle l'avoir découvert grâce à un billet très alléchant d'Amanda, ou peut-être était-ce chez Émeraude... Ensuite, c'est Laëtitia qui avait été conquise. J'avais donc vraiment hâte de découvrir ce fameux roman... Comme cela arrive souvent dans ces cas-là, j'ai été déçue. Certes, c'est un joli livre, très dense, mais j'en attendais plus d'émotion...

On a ici quelque chose qui ressemble à une saga sur beaucoup moins de temps que des romans plus classiques de ce genre littéraire puisqu'on suit ici la vie de Frasquita Carasco et de ses enfants sur à peine plus d'une génération. Si l'histoire s'étire donc sur beaucoup moins de temps, il ne s'y passe néanmoins pas moins de choses, ce qui en fait un roman foisonnant. Mais avant d'aller plus loin, je vais vous dire quelques mots de l'histoire...

Cette femme que l'on va suivre au long du livre, Frasquita Carasco, est issue d'une lignée de "sorcières" : de mère en fille, on s'initie à l'adolescence, on se transmet des prières au sens obscur et une boîte de bois qui, après une période semblable à une gestation, livre à chaque nouvelle initiée un présent qui l'accompagnera sa vie durant. Chacun des enfants issus de cette lignée paraît en outre doté dès sa naissance d'une capacité particulière : Frasquita  cousait déjà merveilleusement bien avant d'ouvrir la boîte, les chants d'Angela rivalisent avec ceux des oiseaux, Clara vit au rythme du soleil, Pedro dessine sans cesse... Ajoutez à cette ambiance magique parfois proche du fantastique les éléments dignes d'une tragédie grecque qui forment l'histoire de cette famille, de l'amour, un exode à pied et la chaleur des oliveraies d'Espagne et vous vous trouvez en présence de quelque chose qui rappelle un peu Cent ans de solitude, plus ancré dans le réel, peut-être (par exemple, on croise des révolutionnaires dans le récit, parmi les indices permettant de situer plus précisément l'action que dans le cas de Marquez).

Pourtant, la magie n'a pas opéré pour moi, et j'ai du mal à me l'expliquer. Je suppose que la raison est à chercher du côté du style, car bien que rien ne m'ait spécialement choquée dans celui-ci, je ne me rappelle pas non plus avoir été frappée d'une adéquation entre le fond et la forme, d'une poésie particulière dans les mots... C'est sûrement ce qui m'a manqué, car pour le reste, je n'ai rien à dire : les multiples histoires composant la fresque de cette famille (on pense aussi à ces peintures murales de Diego Rivera, truffées de détails, mais au tracé très simple, presque naïf) sont poétiques (notamment toutes les images autour de la couture sont très parlantes) et ont souvent une valeur hautement symbolique qui donne au tout une dimension de "concentré" que j'ai beaucoup aimée. Toutefois, les contours nets de ces scènes ne donnent pas au roman une facture naïve, car des thèmes graves sont abordés et des horreurs sont perpétrées au fil de ces 440 pages, relatées de la même manière que les événements heureux (cela renforce encore le parallèle avec Cent ans de solitude), dans une sorte de continuité, un peu comme pour dire "C'est la vie!", sans rompre le fil qui relie tous ces éléments entre eux.

Malgré toutes ces qualités, j'ai trouvé par moments des longueurs dans le récit, je me suis interrogée sur la pertinence de certains développements. Je me suis demandée si un autre découpage de la narration n'aurait pas été plus opportun...

En conclusion, je dirais que Le Cœur cousu est certes un excellent premier roman, mais pas un coup de cœur pour moi. Lisez-le quand même si ce billet vous inspire : le roman vaut le détour!

P.S. : Pour finir, vous remarquerez que mon avis est vraiment très proche de celui d'Émeraude (que je viens de retourner lire après avoir fini de rédiger mon billet), même si je suis moins enthousiaste qu'elle.

10 commentaires:

constance93 a dit…

je crois bien que tu es la seule à ne pas avoir crochée^^
dans tous cas, moi, j'ai été emportée par la magie des mots de ce récit...

A_girl_from_earth a dit…

J'avais commencé ce livre il y a quelque temps suite à l'enthousiasme général de la blogosphère... et abandonné au bout de 4 pages... après avoir feuilleté un peu plus loin quand même pour être sûre de ne pas regretter - j'avais l'impression que je pondrais très exactement ton commentaire (à quelques mots près:)), du coup je ne regrette pas l'abandon!

Shana a dit…

J'ai bien envie de noter ce roman !

Lucile a dit…

@ Constance 93 : oui, et je le regrette, vraiment! ^_^

@ A_girl : je t'admire d'avoir senti ça dès le départ (j'en suis incapable, quel que soit le livre)! Bon, cela dit, le roman avait quand même beaucoup de qualités! (Contente de te voir ici, au fait! :D )

@ Shana : fais donc! Il a énormément plu à beaucoup de monde, et c'est de toute façon une bonne lecture. Peut-être que mon billet t'aidera à ne pas trop en attendre de prime abord... et donc de mieux l'apprécier?

Karine:) a dit…

Je l'ai tellement aimé, ce roman!! La magie a vraiment opéré pour moi. Pourtant, maman s'est ennuyée au possible!!

Lucile a dit…

@ Karine : ça confirme ce que nous savons depuis longtemps : on a tous notre façon d'appréhender les livres (et les choses). C'est rassurant, quelque part! ^_^

La Nymphette a dit…

Pareil pour moi, cela n'a pas pris. En fait, il m'a aussi fait penser à Cent ans de solitude ou encore Chocolat amer de L ESQUIVEL, rien de novateur donc, mais je l'ai lu quand même sans déplaisir!

Lucile a dit…

@ La Nymphette : nos avis sont vraiment proches, alors! C'est ça : sans déplaisir, mais sans plus.

dasola a dit…

Bonjour, c'est sur le conseil d'une blogueuse que j'ai lu ce roman. Je ne regrette pas du tout. C'est très bien écrit et l'histoire est vraiment originale. J'ai adoré la grande première partie. Le roman aurait dû s'arrêter là (mon billet du 15/08/09). Bonne soirée.

Lucile a dit…

@ Dasola : merci pour ton passage ici. Ça me rassure de lire que même ceux qui l'ont franchement aimé peuvent avoir des réserves...