Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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mercredi 7 avril 2010

"On ne refuse jamais un peu de mystère"

Je vous ai déjà dit que j'adorais l'émission Des Papous dans la tête, diffusée sur France Culture le dimanche midi, non? De l'équipe des Papous, je n'avais découvert pour l'instant que Serge Joncour, à travers Combien de fois je t'aime d'abord, puis grâce à L'Idole. Son dernier roman, L'homme qui ne savait pas dire non, est dans ma PAL depuis le mois de décembre dernier, mais la dernière fois que je suis allée à la bibliothèque municipale, un nom a attiré mon attention parmi les titres ayant récemment intégré les rayons... Un nom de Papou : celui de Hervé Le Tellier. Évidemment, j'ai sauté sur l'occasion de découvrir la prose d'un autre des membres de la fine équipe de Françoise Treussard, d'autant que ce titre, Le Voleur de nostalgie, me plaisait bigrement... Je n'ai vraiment pas été déçue!

Dès le départ, on est pris dans cette histoire... Imaginez donc : vous ouvrez le livre et tombez sur une recette de pâtes déguisée en nouvelle, signée par un journaliste "pseudonymé" Giovanni d'Arezzo. Bon. Et à la page suivante, ce journaliste reçoit à l'hebdomadaire pour lequel il travaille une missive du vrai Giovanni d'Arezzo, résidant à Florence, qui est tombé par hasard sur son propre nom dans un journal français. Sauf que le vrai Giovanni omet de donner au faux son adresse. Pour le retrouver, le journaliste va donc écrire à tous les Giovanni d'Arezzo de la ville toscane... Ils ne sont que trois, c'est faisable... Mais voilà que deux autres Giovanni lui répondent! Se met alors en place une gigantesque partie de ping-pong épistolaire parsemée de recettes de sauces pour accommoder les pâtes et émaillée d'humour, de culture, d'amour bien sûr, mais surtout de mystère...

Avec ce livre, j'ai vraiment retrouvé l'ambiance espiègle et brillante que j'aime tant dans les Papous : ce roman essentiellement épistolaire permet en effet à chaque lettre, chaque recette ou chaque extrait des notes du journaliste de devenir un morceau de choix, travaillé avec soin et recelant de petits clins d'œil oulipiens (enfin, j'ai été capable d'en voir quelques-uns, mais il y en avait sûrement plus encore!). Cela tient en grande partie à la personnalité du vrai Giovanni d'Arezzo (du moins, le premier qui écrit au personnage central) : cet homme-là veut jouer. Il est cultivé, il est mordant, et parfois un peu inquiétant, même! D'ailleurs la légèreté et les échanges taquins cèdent parfois la place à des moments plus graves, plus angoissés, une ambiance qui se plombe peu à peu ; une ombre planera sur certains personnages par moments, nous faisant nous interroger sur le sens de tout cela... Est-ce que cet échange est bien si innocent et badin qu'il n'en avait l'air au départ? En même temps, comment pourrait-il en être autrement?

Je n'ose m'étendre plus de peur de trop vous en dire, mais sachez simplement que le seul point qui, un moment, m'avait déçue (je le trouvais un peu trop "facile") revient finalement et comme par magie (mais pas trop facilement!) à une dimension raisonnable... Ah, c'est frustrant de ne pouvoir en dire plus, et en même temps, il faut aborder ce livre sans essayer de rien imaginer a priori... Si vous y parvenez, vous aurez sans doute le même régal que moi à tourner les pages, et la même surprise à les lire!

En conclusion, moi dont les avis sont si souvent tièdes ou, en tout cas, si rarement enthousiastes, je vous annonce un coup de cœur! Le Voleur de nostalgie est un excellent roman : lisez-le! (sans vouloir vous commander) ^_^

P.S. : le titre de ce billet est extrait de la page 118. Il me paraissait tellement bien présenter ce roman que je ne me suis pas donnée la peine d'en chercher un autre...

5 commentaires:

Laëtitia a dit…

Oh je sens qu'il pourrait me plaire très très fort celui là :-) Et tu sais quoi ? L'enthousiasme te va bien !!

La plume et la page a dit…

Il a l'air sympa ce bouquin! J'essaye de caser le titre dans un coin de mon cerveau...

Lucile a dit…

@ Laëtitia : j'ai moins la certitude que ça te plaira qu'avec "Les Armées" par exemple, mais ne serait-ce que pour découvrir mieux l'un des Papous, ça vaut le coup, non? ;-) Et merci pour ce joli compliment! ^_^

@ La plume et la page : oui, il le faut! :)

chiffonnette a dit…

Ce serait un bon moyen de le découvrir! Je l'ai déjà rencontré, mais jamais jamais lu!

Lucile a dit…

@ Chiffonnette : oui, en effet. Les dames du stand du Castor Astral au salon du livre de Paris m'ont dit que c'était son meilleur roman. Moi, je l'ai juste vu très rapidement pour lui faire dédicacer ce roman, justement, mais comme j'étais la première à lui faire signer quelque chose après les Papous, il n'était pas très disponible pour parler. Une autre fois!