Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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mercredi 30 juin 2010

Il était une fois...

Ah la la, c'est reparti dans le tourbillon des semaines et week-ends tous plus chargés les uns que les autres... Et La Mer à Lire, dans tout ça?! C'est comme tout, il ne faudrait pas laisser traîner, car plus le retard s'accumule, moins on a envie de s'y mettre... et moins les impressions de lecture sont nettes! Je crois en effet qu'il n'y a pas loin de deux mois que j'ai fini ce roman, emprunté lors de ma dernière virée à la bibliothèque... Ce qui m'a attirée? Le nom de l'auteur, qui m'était familier sans pour autant que je sois capable de lui associer un titre de roman ou autre chose... J'ai donc emporté avec moi La Princesse et le Pêcheur, son premier roman, paru en 2007 (elle en a écrit deux autres depuis).

La narratrice, une jeune femme née et élevée en France de parents vietnamiens, revient dans ce roman sur un amour de jeunesse qui, tout platonique qu'il fut, l'a profondément marquée et transformée. Alors qu'elle a quinze ans, la jeune narratrice part en voyage linguistique en Angleterre avec un groupe de jeunes Français. Dès le trajet aller, le beau Nam se prend d'affection pour elle, elle l'élève sérieuse si réservée et toujours à l'écart des autres. Mis à part leur âge et leur origine, tout les oppose... Pourtant, durant leur séjour britannique et ensuite, lorsqu'ils seront rentrés à Paris, ils se verront très fréquemment pour refaire le monde et discuter du Vietnam... jusqu'à ce que leur relation cesse aussi brusquement qu'elle a commencé.

On trouve différents thèmes dans ce roman. Évidemment, vous pensez sans doute à celui de l'éveil amoureux, et je vous mentirais si je disais qu'il n'en est pas question. Certes, Nam est beau garçon et charmeur mais, au grand dam de la narratrice, leurs rapports seront bien plus comparables à ceux qui lient un frère à sa sœur... Un thème autrement plus fort en revanche est celui du rapport avec ses origines et une piste de réflexion est apportée sur les notions de première et de seconde générations d'émigrés. En effet, avant sa rencontre avec Nam, la narratrice souhaite plutôt ne rien savoir du Vietnam : ses parents lui font prendre des cours de vietnamien qui l'ennuient au possible, elle ne sait presque rien de la vie qu'ils menaient avant de venir vivre en France (où ils se sont rencontrés)... Il faut dire que, hormis sa grand-mère, personne ne lui a jamais vraiment parlé de tout ce qui reste majoritairement des mauvais souvenirs... Nam au contraire est perpétuellement hanté par son pays, qu'il a quitté quelques années avant seulement avec d'autres boat people. Une partie de sa famille est restée derrière lui et il est en permanence tourné vers eux, dans l'attitude obstinée de celui qui se fait du mal et qui s'y complaît, attitude masquée par son aisance naturelle à aborder tout le monde et à discuter de tout et de rien. Sa fascination concerne particulièrement les contes traditionnels vietnamiens dont l'un donne son titre au roman, et dont un autre, sorte de mythe d'œdipe revisité à la sauce "frère et sœur", rythme les chapitres en intercalant régulièrement son déroulement avec celui du roman (précisons que ce goût pour les légendes du Vietnam semble être partagé par l'auteur puisque le deuxième ouvrage que Minh Tran Huy a publié est un recueil de contes de ce pays). Au contact de Nam, la narratrice est amenée à s'interroger sur son désintérêt, son ingratitude presque, envers son pays d'origine, elle qui vit dans des conditions extrêmement favorisées, tandis que son ami, qui a tant souffert par le passé et connait une situation difficile, n'aspire qu'à le retrouver par procuration.

La Princesse et le Pêcheur traduit particulièrement bien dans la forme la position de la jeune narratrice, sa condition de jeune Française d'orgine vietnamienne. Ses préoccupations et son éducation occidentales sont indéniables, tandis que la délicatesse des plumes asiatiques reste présente par la pudeur qu'elle imprime aux mots, la subtilité et les nuances qu'elle induit dans les sentiments, les descriptions. Ce mélange est savamment dosé et fort agréable à lire...

Pour autant, je ne peux pas dire avoir été séduite par ce roman. J'ai sans doute dû passer à côté de l'histoire en tant que telle, car à la fin, j'étais tentée de dire : "Et alors?". Même si le thème du rapport à ses origines est bien traité, à mon sens un thème seul ne fait pas un roman.

Une jolie plume donc, mais qui me convaincra mieux avec un autre roman, j'espère!

2 commentaires:

George a dit…

j'ai lu l'été dernier un roman de cette auteur : "Anna Song"... pas un gros coup de coeur non plus...

Lucile a dit…

@ George : Ah... Je ne suis pas sûre que je testerai de nouveau cet auteur, alors... ^_^