Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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samedi 23 octobre 2010

Première parution aux éditions Fin mars début avril!

Depuis que j'ai créé ce blog, le nom de Sébastien Fritsch est déjà apparu un certain nombre de fois. Pour chacun de ses livres, en fait. Hormis le premier, Le Mariage d'Anne d'Orval, qui était déjà paru depuis un moment quand je l'ai chroniqué, pour les autres (Le Sixième Crime et Derrière toute chose exquise), vous avez eu droit à des nouvelles à peu près fraîches... Aujourd'hui, c'est le top du top : mesdames et messieurs, je vous chronique Invitation pour la petite fille qui parle au vent (son quatrième roman, donc, si vous avez bien suivi) le jour de sa sortie! N'est-ce pas merveilleux?

Une fois encore, Sébastien ne déroge pas à la règle en nous pondant un roman qui ne ressemble à rien de ce qu'il a déjà pu écrire, car ici ni roman historique, ni roman policier (encore qu'on mène bien un peu l'enquête, quelque part, mais bon...), qu'il soit "littéraire" (comme j'avais qualifié Le Sixième Crime) ou non. Nous suivons dans ce roman l'histoire d'une famille sur une cinquantaine d'années, mais la narration n'est pas linéaire pour autant puisqu'on va se focaliser sur quatre périodes clés de cette plage de temps. Les différents chapitres naviguent de l'une à l'autre, nous laissant le soin de reconstituer l'histoire dans son entier, de faire les connexions qui s'imposent tout en avançant prudemment.

Dans ce roman, il sera question d'un grand rêveur qui parle aux morts, d'une mère névrosée qui ne sait comment gérer la crise d'adolescence de sa fille aînée, d'une jeune femme pleine de mélancolie, d'amertume et de questions après une mission humanitaire de deux ans qui ne s'est pas passée comme elle l'avait prévu, d'une femme parfaite qui aurait préféré être plus ordinaire, d'une petite fille qui parle au vent et de bien d'autres choses encore. L'amour dans ses différentes déclinaisons tient aussi une place importante dans ce roman (comme souvent lorsque l'on aborde le thème de la famille), et les relations familiales plus généralement...

Pour en venir à mon avis, il est légèrement en demi-teintes... Soyons clairs : j'ai beaucoup aimé cette histoire. Je la trouve magnifique tout en étant simple et crédible (j'aurais envie de dire "accessible"... Allez, je le dis : accessible! ^_^ ). On y retrouve toute la sensibilité de l'auteur, que l'on pouvait déjà sentir, à travers ses descriptions et son phrasé notamment, dans ses précédents romans (ou à travers ses poèmes, que l'on peut lire sur son blog), et je dois dire que le transfert de cette délicatesse de la forme vers le fond est une réussite sans partage à mon avis. J'applaudis des deux mains! En plus, mais c'est une raison tout à fait personnelle, une partie de l'intrigue se déroule à Nancy, une ville où j'ai passé presque trois ans, donc j'ai vraiment aimé y retourner par cette lecture...

Mais il y a d'autres points sur lesquels je suis moins entière : par exemple, j'ai trouvé que le style que j'avais tant aimé dans les autres ouvrages mettait du temps à se réinstaller dans cet opus-ci. Au bout de quelques chapitres, je l'ai retrouvé bien sûr (ouf!), mais le démarrage était loin d'être aussi évident, aussi fluide que ce que je connaissais de la plume de Sébastien Fritsch... Ajoutez à cela certaines situations ou réactions de personnages (surtout au début aussi, d'ailleurs) qui m'ont paru disproportionnées ou très caricaturales, et pendant quelques pages j'ai eu la franche impression d'être mal partie avec ce roman! J'ai d'abord pensé que c'était dû au fait que Invitation pour la petite fille qui parle au vent était le premier roman écrit par l'auteur (et pas édité, vous connaissez la distinction...), et j'ai mis ces "défauts" sur le compte d'un manque d'expérience de l'écriture à l'époque ; mais pour avoir assez longuement échangé avec l'auteur suite à ma lecture, je sais aujourd'hui qu'une bonne partie de ces petites choses qui m'ont fait tiquer ne sont pas là par hasard. N'empêche : ça laisse tout de même une ombre dans ma lecture. (Et j'ajoute aussi, après relecture de mon billet sur Derrière toute chose exquise, que des réactions pas très logiques, j'en avais aussi trouvé chez Jonas, mais dans ce cas-là, cela m'avait moins gênée... Était-ce amené différemment?) Il y a aussi de mon côté un petit bémol sur l'enchaînement de certains épisodes de différentes époques (disons que certains n'auraient à mon sens pas eu besoin d'être autant développés, ou alors pas à ce moment-là), mais bon, je conçois qu'il soit difficile de structurer un roman comme celui-la, et puis ici encore, Sébastien sait très bien ce qu'il a voulu faire (vous savez qu'il est très coriace, quand on discute de ses livres? Non, je plaisante, il faudrait plutôt dire qu'il a longtemps tout réfléchi et que donc il a à peu près pensé à tout...). 
Enfin, j'insiste bien sur le fait que cette impression ne concerne pour ma part que quelques passages ; le reste, au contraire, est remarquablement bien construit et rythmé entre les différentes époques. Ces allers-retours permettent de focaliser l'histoire tantôt sur un sujet, tantôt sur un autre et, globalement, la maîtrise de ce rythme est remarquable!

En conclusion, je vous recommande la lecture de ce roman, mes bémols n'étant ma foi que ceux d'une lectrice lambda parmi d'autres, et le reste de la partition valant largement le coup, ne serait-ce que pour lire une belle histoire!

L'avis de Myriam Peyraud, de la librairie du théâtre Zannini, ici.

Avant de vous laisser, quelques mots d'importance, tout de même : Invitation pour la petite fille qui parle au vent est le premier roman paru chez la toute nouvelle maison d'édition Fin mars début avril, créée par Sébastien il y a quelques semaines (mois?). Comme pour toutes les petites structures nouvellement créées, le plus difficile est de se faire connaître pour démarrer, aussi n'hésitez pas à aller visiter son blog et à diffuser l'information autour de vous!

Pour vous procurer Invitation pour la petite fille qui parle au vent, différentes solutions : vous rendre dans l'une des librairies partenaires, le faire commander à votre libraire préféré, ou passer commande directement en ligne sur le blog des éditions Fin mars début avril ou sur Amazon!

P.S. : Merci beaucoup à Sébastien Fritsch de m'avoir permis de découvrir son dernier-né avant (presque) tout le monde et d'avoir pris du temps pour discuter avec moi du pourquoi du comment! :)

EDIT du 25/10/2010 : j'ai dans mes mains un volume tout neuf tout beau de Invitation pour la petite fille qui parle au vent (merci Seb ! ^_^) et j'ajoute que l'objet en soi est très agréable à manier! Et aussi, Sébastien m'a fait remarquer que si je mentionne dans mon billet le fait que ce roman ait été écrit il y a longtemps (pas non plus siiiiii longtemps que ça, contrairement à ce que j'avais moi-même compris : Sébastien a donc commencé à travailler sur sa première version vers 2006), je ne précise pas qu'il ne s'agissait que d'une première version, qui a depuis été plusieurs fois et longuement retravaillée. N'allez pas donc penser que ce que vous pourrez lire sont les premiers écrits de Sébastien Fritsch à l'état brut : si moi j'ai cru y déceler ce côté "novice" par instants, c'est bel et bien le dernier ouvrage sur lequel l'auteur ait sué sang et eau! :)

5 commentaires:

Karine:) a dit…

J'ai vainement cherché deux de ses romans lors de mes précédents passages en France... je vais donc essayer de lire ceux-ci avant vu que tu est un mini-peu-moins convaincue par celui-ci.

Myriam Peyraud. a dit…

C'est vrai, quand on connaît la gentillesse de ce garçon, qu'on a un peu de mal à l'imaginer en train de péter les plombs ! ... Mais ne confondons pas l'homme et l'écrivain, l'auteur et ses personnages ... Sébastien éteint lui-même aux chapîtres 3/4 l'incendie qu'il a allumé aux 1/2 .
J'ai hâte de lire la suite, histoire de voir s'il ne subsiste pas quelque part quelques petites flamèches ...
Ta référence à " Derrière toute chose exquise " m'interesse beaucoup. Ce que j'avais pris au départ pour des incohérences dans le caractère ou le comportement de Jonas me sont apparues ensuite plutôt comme des " étrangetés " .
Nous étions en présence d'un photographe, un voleur d'images, un capteur de vie, le créateur d'une réalité autre. L'indifférence du personnage face à la situation dans laquelle il se trouve à la fin du roman n'était pas sans me rappeler celle de l'Etranger de Camus. J'en avais d'ailleurs fait part à Sébastien, mais bon, être " comparé " à cet immense auteur doit être un peu lourd à porter !
D'autant plus que ce qui fait le talent de sébastien Fritsch c'est aussi son originalité. Il est capable, comme tu le soulignes si bien, d'écrire à chaque fois quelque chose de différent et de tout à fait nouveau ...

Lucile a dit…

@ Karine : à ta guise, très chère! L'histoire de celui-ci est quand même vraiment belle... Il est juste différent des autres... qui ne se ressemblaient déjà pas! ^_^

@ Myriam : oh, une autre inconditionnelle du sieur Fritsch! ^_^ Enchantée! :) Mais tu parles de suite... C'est prévu? C'est vrai que la fin s'y prêterait bien, mais en même temps ne nous laisse pas dans l'expectative, du coup je n'avais pas pensé que ça puisse être prévu... Oh oh, hâte de voir ça aussi, alors! ^_^ A bientôt!

Myriam Peyraud. a dit…

Oh, mince, je vais te décevoir, je parlais de la suite de ma lecture de CE livre ... Quand j'ai passé mon message, je n'en étais même pas encore à mi-parcours... J'ai fini de le déguster ce week-end et non, il ne nous laisse pas sur notre faim. ( fin )
Es tu toi aussi dans cette impression de plénitude ?
Trouves tu, comme moi, que ce roman est résolument optimiste et qu'en cela aussi il se distingue nettement du précédent, beaucoup plus noir ?

Lucile a dit…

@ Myriam : ah, d'accord, j'avais mal compris, en effet! :) Oui, en refermant le livre je poussais de gros soupirs en me disant que j'adorais cette histoire! Je suis d'accord sur l'optimisme, mais pas nécessairement sur le "résolument". C'est sûrement pour ça que je ne pense pas pouvoir parler non plus d'un sentiment de "plénitude" à la fin de ma lecture (mais les gros soupirs étaient là, tout de même! ;-) ). Ma lecture du précédent commence à remonter, mais effectivement le souvenir que je garde de l'ambiance d'ensemble est plus sombre oui ; il y avait un côté un peu désabusé chez les personnages, si je me souviens bien, mais ce n'était pas non plus le noir "total look"...