Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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dimanche 28 novembre 2010

"Jusqu'à ce qu'arrive la nuit du monde, celle où ce sera mon tour de manipuler les hommes."

Comme souvent ces derniers temps, me voici à rédiger un billet des semaines (des mois? non, pas quand même!) après avoir terminé ma lecture. D'ordinaire, je dis déjà que c'est difficile, mais avec ce roman-là, la tâche me paraît proprement titanesque! Pourquoi? Eh bien, premièrement parce que ce roman était déjà un bon pavé de plus de 600 pages, deuxièmement, parce que l'histoire qu'il raconte est d'une densité que j'ai rarement rencontrée jusqu'à présent, et enfin, troisièmement parce que j'ai énormément aimé tout en ayant beaucoup beaucoup de difficulté à progresser... Résultat : je ne pense pas pouvoir vraiment conseiller ce roman à quelqu'un, ni avoir une quelconque envie de le relire un jour, ni non plus dire que ce fut un coup de cœur... Bizarre, bizarre... M'enfin, allons-y tout de même : d'ordinaire, j'arrive toujours à parler de mes lectures, même un peu datées. Il n'y a pas de raison que ça ne soit pas le cas cette fois-ci!

Au départ, nous avons une histoire relativement simple : dans une réalité parallèle à la nôtre, dans la grande ville de Regson, un homme tue dans la rue trois personnes, apparemment au hasard, deux hommes et une femme, après quoi il s'endort sur leurs cadavres. Oscar Nexus - c'est son nom - est amnésique : il estime être né à l'âge de 29 ans. Il en a un peu plus de trente. Arrêté, jugé, puis mis en prison sans qu'il ait réagi d'aucune manière, il va assez rapidement bénéficier d'un traitement spécial : Drake, le maire de Regson, persuadé que le triple-assassinat le visait indirectement (la jeune femme qui a été tuée était sa maîtresse), demande à Rilviero, un policier parmi ses vieilles connaissances, et Traumfreund, un psychiatre reconnu pour ses méthodes novatrices, de s'occuper du cas Nexus le temps qu'il faudra pour comprendre ce qu'il s'est passé et qui a tiré les ficelles de tout cela.
Jusque-là, tout va bien. On comprend tout, on est intrigués par ce curieux amnésique et on se demande bien ce qui pousse Drake à penser qu'on l'a visé lui et si c'est la vérité... Sauf que tout se complique. On se rend rapidement compte que Nexus est un très très gros dormeur, et pour cause : il mène une double-vie, dont la plus "vivante" se passe dans ses rêves, justement, dans un pays imaginaire nommé Séabra. Bien vite, nos deux "enquêteurs" et notre amnésique se retrouvent naufragés volontaires dans une étrange maison en forme de bateau, perdue dans la chaîne montagneuse des Rhodiles, un délire d'architecte, une construction au plan en perpétuel mouvement qui aurait presque sa volonté propre et qui en ferait à mon avis rêver plus d'un (architecte) dans notre monde. Dans cet isolement quasi total, le long et curieux récit des nuits de Nexus pourra commencer.
Ce "roman-fleuve-en-crue" va alors dérouler en parallèle les deux histoires : la "vraie" et la "rêvée" (évidemment, on finira par se demander laquelle est laquelle, vous vous en doutez...). Une fois le roman refermé subsiste le doute (que j'ai trouvé délicieux) sur qui a rêvé quoi (même si, lorsque j'ai repris le livre pour noter les citations qui m'avaient marquée, je suis tombée sur certains indices au départ qui nous donnent des pistes préférentielles, tout de même...) tant les deux histoires se font écho. C'est d'ailleurs à cela que l'on doit l'étiquette "fantastique" que j'ai collée à ce billet et qui s'affirme peu à peu vers la fin du roman, dans le monde du Séabra. Certes on est dans le monde du rêve, mais je me suis personnellement plu à interpréter les étranges correspondances qui se faisaient jour avec la réalité comme du fantastique ; d'aucuns n'y verront qu'un léger parfum de mystère, sans doute.

Bon, voilà le décor à peu près planté. Passons maintenant aux commentaires.
Je vous ai dit en introduction que ce roman était d'une rare densité. J'y ai progressé avec lenteur, mais pas du tout avec l'impression de m'y empêtrer. C'était plutôt... comment dire? un effort agréable. Tout le temps de ma lecture, j'ai été en pensée avec les personnages des Veilleurs, parfois les principaux, parfois les secondaires, je me suis promenée dans les lieux qu'ils fréquentaient, que ce soit cette étonnante maison-bateau ou la cité de presque-crête des savants au Séabra... Donc vraiment, pour commencer, sachez que c'est globalement sur une bonne impression et un bon souvenir que me laisse cette lecture.
Et puis, qu'on ne s'y trompe pas : c'est dense, touffu, mais pas mal amené du tout. La complexité s'invite et s'installe peu à peu dans l'histoire : le monde du Séabra, qui commence par nous apparaître comme le refuge de Nexus, cet inadapté à toute vie sociale, perd assez rapidement ses caractéristiques de lieu féérique et idéal pour se transformer en monde bien plus complexe que celui où notre héros finit toujours par se réveiller, un monde dans lequel sa place est autrement plus cruciale que son quotidien d'anonyme à Regson.

Pour rester quelque temps sur l'histoire, qu'on se le dise tout de suite : l'aspect éventuellement policier que pourrait laisser espérer la situation de départ est extrêmement limité. On aura bien quelques explications sur le mystère du départ, quelques (très petits) passages du roman faisant état d'une petite progression de l'enquête, mais ce triple-meurtre passera tout de même en arrière-plan assez rapidement, éclipsé par le cas étrange de ce rêveur d'Oscar Nexus.

Il y aurait mille choses à dire sur l'univers créé par Vincent Message dans ce roman. Pour commencer, on pourrait par exemple signaler que tout cet imaginaire est porté par son écriture ; notons en effet que le style est assez particulier, avec de nombreux termes inventés, une certaine poésie dans la manière d'accoler des mots qui ne vont d'ordinaire pas forcément ensemble. Les noms propres inventés sont évocateurs (celui de Traumfreund le psychiatre est par exemple assez parlant, à la lisière entre les traumatismes de l'esprit et Freud qui tente de les guérir) voire assez troublants au départ (je me suis longtemps demandé si la "réalité" de Regson et des lieux associés correspondait à quelque chose de ce que je connaissais). J'imagine que l'auteur a mûrement réfléchi toutes ces dénominations et pour ma part, j'y ai été très sensible puisque j'ai été complètement plongée dans cet univers, soit relativement familier dans le monde réel, soit complètement allégorique au Séabra.
Un autre point qui a sans doute fait que j'ai été vivement interpellée par les propos de Vincent Message est les résonances perpétuelles que j'ai trouvées entre ses mots et un contexte, notamment politique, tout à fait contemporain. J'ai relevé une tonne de passages, mais voici certains des plus parlants...

"Ayons le courage de craindre le pire : imaginons que l'oubli ronge. Nous risquons de nous mettre à croire que ce présent était inéluctable. Certains viendront, diront : voilà ce qu'il faut faire ; si on regarde la réalité avec un peu de bon sens, c'est le seul choix possible. Quand on s'enferre dans cette croyance-là - qu'on ne cesse d'invoquer "la réalité" et "le bon sens" - on ne peut plus penser à l'avenir. On ne peut que le laisser déferler ; on confie la suite des événements aux événements eux-mêmes."
p. 369

"Rien de plus agaçant que les gens qui refusent de s'écarter de leur but - un but qu'ils se sont fixé parfois sans réfléchir, ou à un âge si jeune qu'ils ne prenaient pas en compte l'intérêt général. Mieux vaut laisser les gens choisir entre des professions dont l'expérience a démontré l'utilité. Ça permet à chacun de se construire une identité viable et saine, de se lever le matin avec des tâches bien définies à accomplir, et de se coucher le soir avec le sentiment que cette journée bien remplie aura permis de faire un pas de plus vers la Paix."
p. 446

"On n'a jamais vu un livre nourrir qui que ce soit. S'il y a de la beauté à écrire et à lire des livres, il faut avouer que c'est un luxe réservé à un petit nombre de gens ; parfois, en les feuilletant, on voit que leurs auteurs sont des individus sentimentaux et généreux, qui dénoncent la misère - mais la dénoncer n'y change rien. Et puis, il y a déjà beaucoup de livres. Assez pour le moment, peut-être?"
p. 446
No comment, n'est-ce pas?

Mille choses à dire aussi sur le pays du Séabra, que j'ai interprété comme une allégorie de notre monde à nous. C'est un pays en vase clos, en forme d'île, la mer autour de ce monde étant elle-même délimitée par de curieuses barrières "naturelles", en tout cas infranchissables, du moins c'est ce qui se dit, mais presque personne n'est jamais allé vérifier. D'ailleurs, en a-t-on vraiment envie? Il est "découpé" en différentes régions spécialisées ; dans l'agriculture, l'industrie, la vie intellectuelle... Ce découpage servira de prétexte à caractériser les habitants et leurs sociétés. Et puis, au milieu de cet étrange pays, il y a le désert qui avance...

Les personnages principaux sont particulièrement consistants. Si ceux de Traumfreund et Rilviero, avec leurs vies personnelles et leurs passés, donnent déjà matière à pas mal de "digressions", celui de Nexus est évidemment le plus fascinant. Certes, on ne croit jamais vraiment qu'il est l'amnésique total que la société civile s'est empressée de condamner devant l'évidence de sa culpabilité sans s'y intéresser plus que cela, mais au fur et à mesure que l'on avance dans le roman et que la vie rêvée de Nexus y prend de plus en plus de place, ce dernier change totalement d'image. Au Séabra, l'histoire de Nexus est avant tout celle d'un voyage initiatique, mais concerne un personnage bien différent de celui qu'il est à Regson : là-bas, on a le net sentiment d'une progression. Il se construit, d'abord en étant très passif et observateur, puis en prenant de plus en plus d'importance ; le personnage qu'il finit par incarner n'a plus rien de commun avec celui qui, dans les Rhodiles, raconte ses rêves, et cette métamorphose nous invite d'ailleurs à le reconsidérer complètement. J'ai personnellement trouvé cela assez vertigineux.

Sur le fond, la richesse des thèmes abordés est impressionnante. Pour vous les lister "en vrac" et donc, dans le désordre, cela peut être des interrogations sur un comportement citoyen qui m'ont beaucoup parlé, notamment la façon dont les dirigeants et les intellectuels s'adressent aux "foules", et les manipulent parfois, et le "pouvoir" qu'ont ces dernières pour rétorquer ; en particulier, j'ai relevé une excellente analyse des microcosmes en tout genre qui se coupent des "vrais gens" et restent entre eux dans des débats et polémiques absconses et inaccessibles au grand public. J'y ai vu un portrait particulièrement réussi du milieu de la recherche (que, paraît-il, on trouve également dans le roman Un tout petit monde, de David Lodge, m'a dit macopineadeline), mais je suppose que cela est valable pour bien des domaines. On trouve également, plutôt au début du voyage initiatique et onirique de Nexus au Séabra en compagnie d'un vieux sage, des réflexions à tendance écologique sur la responsabilité des générations actuelles par rapport aux générations futures. Il y a aussi des références à différentes postures de politique internationale (par exemple, quel comportement adopter face à un groupe qui "ne jouerait pas le jeu" : l'exclure purement et simplement ou ne pas lui tourner le dos?), des réflexions sur l'amitié (avec différents schémas qui nous seront présentés tout au long du roman), des mises en scène de différentes mégalomanies... Enfin, je vous le disais : on trouve de tout dans ce roman, et la qualité des réflexions (à défaut d'une exhaustivité impossible à atteindre) est toujours au rendez-vous.
Un petit extrait pour illustrer cela :
"Car le mythe que la raison a le mieux réussi à diffuser, c'est l'idée qu'un changement de grande ampleur est impossible. La victoire la plus éclatante de la vision étroite, c'est de persuader les penseurs du changement qu'ils sont d'horribles utopistes, de leur donner honte de leurs opinions et de les inciter à ne les exprimer qu'à mi-voix, comme on énumérait autrefois la liste de ses péchés dans l'ombre d'un confessionnal. Pardonnez-moi, mon père, car j'ai rêvé..."
p. 533-534

En conclusion, suite à cette longue lecture, j'ai gardé l'impression d'un roman extrêmement fouillé où rien n'a été laissé au hasard, et qui aborde une foule de thèmes différents avec à chaque fois des réflexions très poussées. L'impression aussi de n'avoir pas tout saisi de la subtilité du roman (par exemple, certains parallèles entre les animaux plus ou moins nocturnes et le caractère des personnes me sont restés totalement opaques, tout comme une partie des développements sur l'art). J'ai ressenti un peu de jalousie aussi, je dois l'avouer, envers cet auteur qui n'a "que" mon âge (oui, car je crois encore que je suis jeune... Ça va me passer, je sais! ;-) ) et qui est capable d'écrire ça. Difficile par contre de dire "C'est un roman sur..." ou de dégager un objectif potentiel recherché par l'auteur à travers son écriture, et je ne saurais donc pas à quel titre le conseiller. Quand j'en ai discuté avec Laëtitia, qui n'avait pas du tout accroché, je lui ai dit : "C'est comme pour Belle du Seigneur : je suis très contente de l'avoir lu, même si c'était long." Oui, je crois que c'est ça : j'ai l'impression d'avoir lu un roman culte. Et j'ai mieux aimé que Belle du Seigneur. :)

Allez, pour la route, une petite citation sympathique pour les LCA (car Oscar Nexus aime les livres) :
"Les livres ont certains avantages : ils ne cherchent pas à s'imposer ; la parole y attend en silence qu'on l'invite à sortir, jamais elle ne vous sautera dessus comme risquent toujours de faire les hommes."
p. 53
Merci beaucoup à Laëtitia pour le prêt! :)

P.S. : Le titre de ce billet est extrait d'un passage plus long que j'ai relevé :
"Encore un trait gravé dans mon destin : j'aurai toujours été l'homme expérimental, censé dire à ceux qui m'observent comment se comporte un être humain qu'on prive de la lumière. On me fabrique, on me donne de l'argent et des pensées pour faire des choses qu'en vérité je réprouve. Jusqu'à ce qu'arrive la nuit du monde, celle où ce sera mon tour de manipuler les hommes."
p. 134

9 commentaires:

constance93 a dit…

wahou !
tu donnes sacrément envie de lire ce livre, quoi que tu en dises !
il est déjà dans ma LAL, mais comme je sais qu'il est sorti en poche, je vais sûrement l'acheter et le lire le plus vite possible !
merci de m'avoir convaincue :P

Lucile a dit…

@ Constance 93 : Eh bien, merci! Surtout reviens me faire signe quand tu l'auras lu! :)

Matthieu a dit…

Hello Lucile,
Résumer ou commenter ce livre est déjà un tour de force, tant son envergure et sa portée sont énormes. Après sa lecture, comme toi, je suis moi aussi convaincu d'avoir lu quelque chose d'important, sans en avoir tout saisi ; mais ce n'est pas grave, le voyage est plus important que la destination, n'est-ce pas, et en l'occurrence, le voyage est réellement fantastique.
Les thèmes abordés sont nombreux, comme tu le dis, mais j'en retiendrais d'autres que ceux que tu as cités ; il y a la schizophrénie en premier lieu : Nexus joue-t-il un rôle ou bien est-il réellement amnésique ? et puis l'amour de l'art ; la plupart des personnages du Séabra ont des noms d'artistes. De plus, les coïncidences et les interférences entre les deux mondes sont plus nombreuses qu'il n'y paraît, et l'enquête policière continue de se jouer en filigrane derrière le récit des rêves...
Il y a beaucoup de choses à en dire, enfin, bref, ça m'a fait plaisir de rencontrer enfin une personne qui a lu ce livre ! :)
A+
Matthieu

Lucile a dit…

@ Matthieu : sur l'amour de l'art, je dois avouer à ma grande honte que je n'avais pas remarqué que les noms des personnages du Séabra correspondaient à des noms d'artistes! Je l'ai lu après avoir rédigé ce billet dans une interview de l'auteur. Quant à la question de la schizophrénie de Nexus, pour moi, elle ne se pose pas vraiment en fait, ou plutôt disons que j'ai pris mon parti ;-), mais le fait que ce soit un thème majeur du bouquin pour toi montre bien à quel point ce roman est riche et prête à interprétation personnelle!

Reka a dit…

Quelle critique dense, fouillée et intéressante ! Merci!
J'ai ce roman à l'oeil depuis sa sortie et me suis jetée dessus dès sa parution en poche, il y a 1 mois ou 2. Je devrais ne pas tarder à le découvrir à mon tour. En tout cas, ce sera très certainement pour 2011 ;)

A_girl_from_earth a dit…

Voilà ce qui s'appelle du commentaire!:)
Je n'ai toujours pas lu ce roman mais tu me convaincrais presque de m'y mettre de suite!

Lucile a dit…

@ Reka : ah, super! Reviens me prévenir dès que tu l'auras lu surtout! Je suis curieuse de lire d'autres avis! :)

@ a_girl : ben ça, c'est un très beau compliment! merci! ^_^

Reka a dit…

Voici Lucile, j'ai fini la lecture des veilleurs et la critique est sur mon blog : http://marecages.be/?p=3366 :)
Mon avis se rapproche pas mal du tien. Tu es peut-être un peu plus optimiste que moi.
En tout cas, je suis rassurée de voir que les deux réflexions par excellence dont je n'ai pas saisi la signification sont celles qui ont été opaques pour toi aussi "(par exemple, certains parallèles entre les animaux plus ou moins nocturnes et le caractère des personnes me sont restés totalement opaques, tout comme une partie des développements sur l'art). "
Tu as un souvenir encore net de ce livre? Le cas Norinha ne t'a-t-il pas semblé désagréablement avorté?

Lucile a dit…

@ Reka : merci d'être revenue te signaler. Je vois que tu as aussi rédigé un bon pavé! :) Oui, j'ai effectivement l'impression d'avoir plus accroché que toi.
Quant à avoir un souvenir net, je ne dirais pas cela (mais même juste après ma lecture, j'étais dans une sorte de flou)... Pour ce qui est de Norinha, c'est vrai que cela aurait pu donner lieu à développement, mais il me semble que bien d'autres éléments aussi tant ce roman est foisonnant et contient de choses. Pour moi, le cas Norinha "sert" surtout à lier étroitement rêve et réalité (et à faire tourner le lecteur en bourrique! ^_^), et il y a tant de mystère dans l'ambiance du Séabra que ça ne m'a pas gênée du tout. Si tu voulais en savoir plus, j'en déduis que tu as bien été prise par l'histoire! ;-)