Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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samedi 4 décembre 2010

Quel discours? Quelle tombe?... Quelle histoire!

Voici un roman dont j'avais entendu parler par le biais de l'émission de radio La Librairie francophone, sur France Inter. Les échanges entre Emmanuel Khérad, l'animateur, et Julie Mazzieri, l'auteur, ainsi que la réaction des libraires de différents pays (Canada, Belgique, Suisse et France) m'avaient convaincue, et je m'étais promis de lire Le Discours sur la tombe de l'idiot si j'en avais l'occasion un jour. Et figurez-vous que ma toute petite bibliothèque de village est formidable et pleine de surprises puisque lors de ma dernière visite, ledit roman était fièrement exposé parmi les livres qui venaient de rejoindre les rayonnages... J'ai donc sauté sur l'occasion, mais je dois bien avouer que ce fut une déception.

L'intrigue se déroule dans le village de Chester, qu'on ne situe pas très bien. J'ai eu tendance à le placer au Québec, dans la mesure où l'auteure est née là-bas, mais après tout peu importe! On est surtout dans un petit village de campagne, en été, avec tous ses personnages typiques : le maire et ses adjoints, préoccupés par la venue prochaine du ministre dans leur village, le curé, la famille d'"étrangers" qui vient de s'installer sous les regards circonspects des voisins, les paysans, l'ouvrier agricole venu de la ville et dont on se méfie, les jeunes du village qui attendent impatiemment la fête de l'été pour "sortir", le berger, la prostituée, la guérisseuse, l'idiot du village, dont le sort est réglé dès les premières pages du roman, mais qui le "hantera" encore longtemps... Deux meurtres et autres menus actes criminels viennent secouer le quotidien plutôt terne de Chester et ajouter à une ambiance déjà pas forcément idyllique au départ. Regards en coin, suspicions en tout genre et climat plus qu'orageux, voilà le cadre, mais également le sujet de ce roman.

Alors, pourquoi cela n'a-t-il pas marché? Je ne peux certes pas reprocher à La Librairie francophone de m'avoir induite en erreur : je savais bien que tout était affaire d'ambiance dans ce roman. D'ailleurs, elle est certes fort bien rendue, mais peut-être simplement n'était-ce pas ce que j'avais envie de lire à ce moment-là? Le fait est que je me suis très vite lassée de ce climat lourdingue, qui vous englue complètement (comme la pâte à pain au début, vous voyez?), des réactions méfiantes et obtuses de ces personnages, des silences qui feraient mieux de ne pas en être, des regards baissés, de la folie qui s'installe, le tout dans une sorte d'indifférence générale...
Je savais également que le titre parlait d'un non-événement : il n'y aura pas de discours sur la tombe de l'idiot. D'ailleurs, l'idiot n'a même pas de tombe, alors. Mais j'espérais quand même repérer une symbolique, quelque chose, retirer un message quelconque de ce roman. Hormis les ravages que peuvent provoquer les cancans dans les petits villages (poussés à l'extrême en plus ; il y a de quoi dégoûter définitivement les citadins de la vie à la campagne!), j'ai un peu de mal à voir...

Quelques mots sur l'objet-livre, tout de même : c'était la première fois que j'avais entre les mains un ouvrage des éditions José Corti, et je dois dire que j'ai particulièrement aimé le format : les larges marges laissées tout autour du texte, la qualité du papier, le bouquin qui s'ouvre largement sans faire de chichis... Vraiment, j'ai apprécié!

Je suis donc résolument passée à côté de ce roman... Si ce n'est pas votre cas, manifestez-vous, je serais curieuse de voir tout ce que j'ai bien pu rater...

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