Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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samedi 26 février 2011

Ciel, j'ai bouclé un challenge!

J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle.
La bonne c'est que j'ai retrouvé le temps de lire, et pas qu'un peu. La mauvaise, c'est que j'ai complètement perdu celui de rédiger des billets (allons, ne soyons pas trop négatifs, si je suis là, c'est bien que j'arrive à trouver un peu de temps quelque part... ^_^). On ne peut pas tout avoir, comme disait l'autre. Bon, mais ça ne se fait pas, de terminer sur la mauvaise nouvelle, alors en voici une autre bonne : je vous annonce très solennellement que, pour la première fois de ma vie de blogueuse littéraire, j'ai fini un challenge, et dans les temps! ^_^ Je ne parle évidemment pas de la date de parution de ce billet, mais bien de la date de lecture, sinon ça ne marche pas... Bref! Je vais donc vous parler aujourd'hui de la deuxième partie de mon "Bébé Zweig Challenge" ; j'avais en effet déjà lu Le Monde d'hier dans la catégorie "Essais". Il me restait donc à découvrir une œuvre dans la catégorie "Nouvelles". C'est chose faite avec ce recueil de 6 nouvelles du maître que m'avait offert Caro[line] pour mon anniversaire (vous avez dit "monomaniaque"? ^_^).

Bon, pour être franche, j'ai été un peu déçue. C'est-à-dire que jusqu'à présent, tout ce que j'avais lu de Stefan Zweig m'avait beaucoup plu, soit sur le fond, soit pour la qualité de la langue, aussi je m'attendais a minima à retrouver cette écriture magique qui m'avait toujours emportée dès la première phrase. Vous comprenez donc à mes réserves que ce ne fut pas le cas cette fois-ci. Sur les six nouvelles de ce recueil, une seule m’a vraiment convaincue : la dernière. La Collection invisible met en scène un vieil homme, collectionneur de gravures que le temps a rendu aveugle, mais qui continue, tous les jours, de parcourir ses trésors du bout des doigts, lui qui y tient comme à la prunelle de ses yeux. Le tragique de sa situation, desservi par l’écriture de Zweig qui m’avait tant plu dans mes précédentes lectures, m’a vraiment touchée.

Parmi les autres nouvelles, Le Bouquiniste Mendel était bien parti pour me plaire, mais je dois avouer que la toute fin m’a laissée sur une impression de soufflé qui retombe. Disons que la chute retenue par Zweig m’a semblée bien désinvolte et légère, bien guillerette au vu de l’histoire de ce malheureux bouquiniste démesurément passionné par la bibliographie. Notons toutefois qu'on trouve dans cette nouvelle des passages sympathiques sur la lecture et les livres :
« Il lisait comme d’autres prient, comme des joueurs se passionnent pour leur partie, ou comme des ivrognes suivent une idée fixe. Je l’avais vu lire avec un recueillement si parfait, que la manière dont lisent les autres gens me semble, depuis lors, superficielle et profane. Chose certaine, le pauvre bouquiniste galicien Jacob Mendel m’avait révélé, à moi, jeune étudiant, cette concentration parfaite, propre à l’artiste et au savant, au sage et au fou, ce bonheur ou cette fatalité mystérieuse qui fait de l’homme un véritable possédé. »
p. 183, Le Bouquiniste Mendel.

« Pourtant, je sais que les livres sont faits pour unir les hommes par-delà la mort et nous défendre contre l’ennemi le plus implacable de toute vie, l’oubli. »
p. 207, Le Bouquiniste Mendel.

J'ai également relevé un passage sur les fonctionnaires qui m'a fait sourire (comme quoi, il n'y a pas qu'en France qu'on les pointe du doigt ; je précise tout de suite que ma maman était fonctionnaire et que je n'ai rien contre cette catégorie socio-professionnelle ;-) ) :
« Quand un fonctionnaire ne sait quelle décision prendre, il dresse d’abord un procès-verbal. Un rapport est toujours une bonne chose. S’il ne sert à rien, il ne cause en tout cas aucun tort ; c’est un chiffon de papier à ajouter à d’autres. »
p. 197-198, Le Bouquiniste Mendel.

Enfin, La Peur, Révélation inattendue d’un métier, Leporella et La Femme et le Paysage m’ont toutes lassée, à un moment où à un autre. Je trouvais que Zweig n’en finissait pas de tourner autour du pot (notamment dans Révélation inattendue d’un métier, pour laquelle je l'ai vu venir de très très loin, et Leporella, qui m'a donné une impression de délayage), d’exagérer (dans La Peur, les réactions de l’héroïne m’ont paru très improbables) et donc ne tirait pas tout le potentiel de ces histoires pourtant pas mauvaises qu’il avait imaginées. Notons toutefois que La Femme et le Paysage m’a fait découvrir la capacité de Zweig à écrire de façon fort sensuelle, ce qu’il ne me semblait pas avoir déjà lu dans aucun de ses ouvrages.
« L’artiste n’est artiste que pendant la création, le coupable n’est vraiment coupable qu’à l’instant du délit. »
p. 81, Révélation inattendue d’un métier.

En conclusion, je dirais donc que j'ai trouvé ce recueil décevant et qu'il m'a donné le sentiment de lire des écrits assez novices de Zweig, avec un bon fond et de bonnes idées, mais mal exploitées...
Je ne m'arrêterai évidemment pas là avec les livres de cet auteur, puisque j'ai encore dans ma PAL Vingt-quatre heures de la vie d'une femme...

4 commentaires:

Karine:) a dit…

Tiens, dommage que tu ne sois pas conquise plus que ça. Bon, par contre, je n'ai rien lu de ces nouvelles, à part La peur alors c'est bien difficile d'en discuter, hein!

Lucile a dit…

@ Karine : bon, heureusement Stefan a écrit pleeeein d'autres choses que je n'ai pas encore lues. ^_^

Bénédicte a dit…

c'est la nouvelle par laquelle je suis devenue une inconditionnelle de Zweig Je l'ai trouvé carrément génial. Quel dommage que tu ne l'ai pas plus appréciée que cela D'ailleurs je suis un peu nostalgique de ce challenge auquel nous participions toutes les deux. Je poursuis ma découverte de l'auteur et je viens de terminer Fouché, une excellente biographie que je te recommande. Bonne journée Lucile

Lucile a dit…

@ Bénédicte : ah, les biographies me tentent beaucoup! Je crois que mon papa en a quelques-unes. J'irai sans doute les lui piquer un de ces quatre! ^_^