Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
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mercredi 20 juillet 2011

En surface des heures souterraines...

Je ne sais pas pour quelle raison, mais il se trouve que j'attendais pas mal des Heures souterraines de Delphine de Vigan. Il me semble qu'il devait être en lice pour un prix littéraire quelconque au moment où je l'ai acheté ; et puis je savais qu'il y était question du harcèlement au travail, ce qui m'intéressait particulièrement à ce moment-là. J'espérais donc lire un bon roman sur le sujet, mais j'ai plutôt été très déçue!


Le problème d'écrire ses billets des mois après avoir lu les livres, c'est qu'on ne se rappelle plus du nom des personnages. Qu'à cela ne tienne, il me suffit de rouvrir le bouquin en question pour retrouver Mathilde, principale protagoniste de ce roman. Je ne me rappelle plus complètement non plus quel poste elle occupe dans son entreprise, mais il me semble que ça s'apparente à "assistante de direction" ; assistante de son supérieur hiérarchique en tout cas (bizarrement, je n'ai pas oublié son prénom à lui : il s'appelle Jacques). L'autre personnage principal non plus, je ne me souviens pas de son prénom ; la quatrième de couverture me rappelle qu'il s'appelle Thibault. Il est médecin et se rend chez les gens qui ont composé le 15, ou le numéro de SOS Médecins. En gros. Ces deux personnages ne se connaissent pas. Ils vont se croiser une toute petite fois, sans y faire attention ; il n'y aura que le lecteur pour le remarquer. Leur point commun c'est qu'ils vont mal : l'une du fait du harcèlement qu'elle subit à son travail, l'autre parce que la femme qu'il aime reste toujours aussi inaccessible et secrète après des mois (des années? Je ne m'en souviens plus) de relation.

Voilà. C'est tout. Le problème, c'est que pour moi, même après 300 pages, ce fut tout. Non, le vrai problème, c'est que tout cela on le sait depuis le tout début, et que donc, j'ai eu la désagréable impression que ce roman n'avait pas de raison d'être. Je sais c'est très cruel, ce que je dis, mais les mois écoulés n'aident pas à tempérer une mauvaise impression "à chaud", du moins, pas dans ce cas. 

J'ai eu l'impression de ne lire qu'un constat : Mathilde est malheureuse à son travail, c'est vrai qu'on lui fait subir des épreuves à se taper la tête contre les murs. Thibault n'est pas aidé, entre son quotidien à sillonner Paris pour s'occuper des petits et gros bobos des gens qu'il ne peut de toute façon pas sauver de leur détresse humaine et sa relation compliquée avec Lila. Sauf que Delphine de Vigan ne m'a donné aucune clé. J'ai eu la désagréable impression de me trouver face à un matériau quasi brut, où mon attention n'était appelée sur rien en particulier, où ce qui aurait pu être intéressant n'était pas approfondi, où aucun "suspense" n'était mis dans la narration alors qu'il aurait pu y en avoir... Quand j'en ai discuté avec celui-qui-avait-fondé-auteurs.tv, il m'a parlé de nouveau roman, de l'objectivité de la réalité que certains auteurs cherchent à retranscrire... Je veux bien. sans aucun doute que dans la réalité on ne nous dit pas "Tiens, c'est là qu'il faut regarder ; c'est ça, qui est important, à ce moment précis". Sauf que je ne lis pas des romans pour être comme dans la vraie vie. Je sais bien qu'un roman n'est pas un essai. Je ne m'attendais pas à ce qu'on m'explique les mécanismes du harcèlement moral ni comment faire pour y faire face. Mais de là à lire ce que je pourrais entendre de la bouche d'une copine pendant une soirée-pyjama...

Bref, vous l'aurez compris, ça n'a pas du tout collé entre Les Heures souterraines et moi... Il y a toujours la possibilité que je sois passée à côté, bien sûr.

P.S. : Il y a une interview de Delphine de Vigan sur auteurs.tv et elle m'est tout de même fort sympathique! Allez, je lui donnerai sûrement de nouveau sa chance (trop sympa! ;-) ) un jour. Et puis, j'avais bien aimé No et moi, quand même.

2 commentaires:

Reka a dit…

Hmn. Je ne l'ai pas lu mais il est un temps où j'avais failli être tentée. Malgré tout, je n'ai apprécié qu'à moitié "No et moi" et "Jours sans faim". Avec le recul, je leur reprocherais bien aussi de m'avoir semblé un peu creux. Pas vides, mais creux.
A présent, c'est "Rien ne s'oppose à la nuit" qui me tente. Delphine de Vigan et Philippe Besson, je pourrais les ranger tous les deux dans le même sac : leurs livres me tentent tous, et ne me séduisent généralement qu'à demi. Drôle de phénomène...

Lucile a dit…

@ Reka : c'est exactement la même chose pour moi (je suis un peu moins négative sur mes lectures de romans de Philippe Besson, même si je comprends parfaitement le rapprochement que tu fais, et que je trouve très intéressant, d'ailleurs! :-) ). "Rien ne s'oppose à la nuit" me tente énormément, malgré ce dernier "soufflé dégonflé", et je trouve Delphine de Vigan très sympathique (encore lors d'une interview, récemment à la radio) - du coup, je ne conçois pas que ses bouquins puissent ne pas me plaire... ^_^