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lundi 29 août 2011

Je suis contre!

Dépitée par la quantité de billets en retard (mais consciencieusement notés sur une petite liste parmi mes dizaines de petites listes de choses à faire...), je choisis la formule offensive, comme dirait l'autre. La voie de la facilité diront certains. N'empêche, les résultats sont là : voici un billet! :)


Je vais vous parler aujourd'hui de ce tout petit livre qui a tellement fait jaser. Ce sera vite fait, parce que l'ouvrage en question est vraiment très très court (cela explique aussi sans doute pourquoi il s'est tellement vendu, le prix étant en rapport avec la taille). A ce propos, étant un peu en ermitage bloguesque depuis plus d'un an, j'ignore si les blogs se sont fait l'écho de ce succès ou non, ni dans quels termes, ni s'il y a eu des débats passionnés sur la Toile, donc pardonnez, le cas échéant, le manque de pertinence de mon billet. Bref! 

De la page 9 à la page 22 de cet opuscule, nous pouvons donc lire une sorte de lettre ouverte à tous les Français (et même au monde entier, d'ailleurs) de Stéphane Hessel. Le gros du message est dans le titre, je ne vais donc pas vous résumer le propos du livre.

Je dirai simplement que ce qu'il contient m'a paru assez proche du bon sens et des évidences, et qu'il est effectivement frappant de constater les écarts qui peuvent exister entre théorie et pratique, par exemple entre l'idée que l'on se fait de la démocratie et la démocratie que l'on vit et que l'on tolère au quotidien. Remplacez ici "démocratie" par "respect des droits de l'homme", "égalité entre les citoyens", etc. à l'envi. Le gros mérite de ce livre est donc celui de nous remettre, encore une fois, face à nos contradictions et nos lâchetés, de nous rappeler qu'il ne suffit pas de fermer les yeux ou de regarder ailleurs pour que les problèmes disparaissent.

Cela dit - et l'auteur a le tact, l'intelligence, la gentillesse ou je ne sais comment le dire, de le reconnaître -, il n'est pas forcément aisé aujourd'hui de s'indigner, ou plutôt de savoir à qui faire part de son indignation.
"C'est vrai, les raisons de s'indigner peuvent paraître aujourd'hui moins nettes ou le monde trop complexe. Qui commande, qui décide? Il n'est pas toujours facile de distinguer entre tous les courants qui nous gouvernent. Nous n'avons plus affaire à une petite élite dont nous comprenons clairement les agissements. C'est un vaste monde, dont nous sentons bien qu'il est interdépendant. (...) Mais dans ce monde, il y a des choses insupportables. (...) La pire des attitudes est l'indifférence, dire : "je n'y peux rien, je me débrouille". "
Indignez-vous!, p. 14
Suite à la lecture de ce livre, j'ai eu l'occasion d'avoir des conversations (assez déprimantes) avec des personnes travaillant en hôpital ou dans de grosses entreprises connues pour mettre la pression à leurs employés. Je me suis demandé auprès de qui m'indigner de leurs conditions de travail, sans trouver de réponse. On a réfléchi à des solutions à notre échelle sans en trouver (tout passait par la loi, la politique d'embauche de l'entreprise ou autre domaine fort fort lointain). Je suis sortie de cette discussion complètement démoralisée sur le monde de l'entreprise et sur la société individualiste dans laquelle nous vivons, en me disant que j'étais bien irresponsable d'avoir envoyé un pauvre bébé innocent qui n'avait rien demandé se dépatouiller là-dedans... mais en aucun cas en me sentant maître de quoi que ce soit.

Donc oui, certes, effectivement : il faut s'indigner. Je n'en doute pas, et ça fait du bien de se l'entendre dire, surtout par un "Ancien" (d'ordinaire, on a plutôt tendance à penser que les agitateurs sont des jeunes). A ce propos, j'aime particulièrement ce passage, où l'expérience du résistant vient appuyer le propos :
"On ose nous dire que l’État ne peut plus assurer le coût de ces mesures citoyennes [les conquêtes sociales de la Résistance, à savoir sécurité sociale, retraites, éducation pour tous, liberté de la presse]. Mais comment peut-il aujourd'hui manquer de l'argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l'Europe était ruinée? Sinon parce que le pouvoir de l'argent, tellement combattu par la Résistance, n'a jamais été aussi grand, insolent, égoïste, avec ses propres serviteurs jusque dans les plus hautes sphères de l’État."
Indignez-vous!, p. 11
Mais la mise en application est un peu problématique... Forte de ce remontage de bretelles (que je n'hésiterai pas à renouveler vu l'épaisseur du livre, que j'ai déjà d'ailleurs relu), je me propose donc de rester ouverte aux motifs d'indignation et surtout aux possibilité de s'indigner avec efficacité, histoire de ne pas être qu'une Française moyenne qui ronchonne tout le temps... :)

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