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vendredi 14 octobre 2011

Plus beau métier du monde, qu'y disaient!

J'ai l'impression que Martin Vidberg est déjà relativement connu sur le Net à travers son blog, L'Actu en patates, car les quelques personnes à qui j'ai parlé de cette lecture BD - une fois n'est pas coutume - le situaient déjà très bien. Ce n'était pas du tout mon cas lorsque j'ai ouvert Le Journal d'un remplaçant (parfois plus proche du roman graphique que de la BD, d'ailleurs), et si le style patatoïde me laissait plutôt sceptique au départ, il faut bien avouer que ça a finalement très bien fonctionné.

Je ne déroge pas à mon petit rituel : voici quelques mots pour que vous puissiez situer le contenu. Comme le titre et le dessin de couverture le laissent entendre, ce que nous nous apprêtons à lire sont donc les (més)aventures quotidiennes d'un instituteur remplaçant au fil d'une année scolaire. Si l'année démarre de façon plutôt calme et classique (des remplacements de quelques jours par-ci par-là et surtout beaucoup d'attente), rapidement, notre narrateur est affecté à une classe d'enfants difficiles pour le restant de l'année scolaire ; son prédécesseur a jeté l'éponge, les enfants étaient trop durs à tenir. Quelque peu anxieux, M. Patate rallie donc sa nouvelle école et fait connaissance avec ses élèves...


Premier point : l'aspect graphique. Le dessin est très épuré : quelques lignes assurées, des à-plats de couleur, des formes rondes... D'emblée, cette BD est très accessible et ne nécessite pas de surcroît de concentration pour être comprise, visuellement parlant. Les personnages en forme de patate m'ont par contre un peu déstabilisée au départ, surtout du fait que leurs yeux soient vides, je crois (quoique, pendant les premières vignettes, j'avais aussi du mal avec leurs cheveux, qui me faisaient immanquablement penser à des moumoutes posées sur des patates...). Mais très rapidement, je m'y suis faite pour ne plus me concentrer que sur l'histoire (à tel point que je me suis même demandée à un moment si je regardais encore les dessins... C'est sûrement qu'ils devaient être très efficaces et ne pas me donner l'impression d'avoir une BD sous les yeux...). Le texte est écrit, comme le titre sur la couverture, de cette écriture scolaire et régulière qu'on prête souvent aux instituteurs (celle que je n'aurai jamais réussi à avoir! ^_^), pour nous mettre un peu plus dans l'ambiance. Notons enfin dans ce paragraphe sur l'aspect graphique la maîtrise de l'espace dans le dessin. Je pense ici à certaines représentations d'une cour d'école en train de se vider, par exemple, tellement bien faite qu'on a l'impression d'entendre aussi le calme qui revient, celui qui fait du bien quand on a entendu des enfants crier (oh, pardon! Des enfants "enthousiastes") toute la journée, mais aussi celui qui fait un peu trop calme et qui serre un peu la gorge.

Deuxièmement, en tant que fille d'institutrice, j'ai trouvé que le milieu de l'école primaire vu par les enseignants était extrêmement bien rendu. Bon, certes ce n'est pas étonnant, car Martin Vidberg est bel et bien (a été?) remplaçant dans des écoles primaires, donc il sait de quoi il parle (mais enfin, entre savoir et être capable de le restituer, il peut y avoir un monde). J'ai été touchée de lire ici cette passion des enseignants pour leur métier et pour leurs élèves malgré la fatigue, l'énervement, la lassitude... Derrière les images et les mots, on ressent le feu qui anime les bons instits, et je trouve que ça fait du bien... J'ai bien aimé aussi le regard critique que l'auteur portait sur l’Éducation Nationale et sa réaction sur le traitement des grèves d'enseignants par les médias (qui montrent la France paralysée par les grèves et ne parlent pas du motif de celles-ci) ; ça m'a rappelé des choses! ^_^ En tout cas, voilà un super moyen de faire découvrir un métier et ses clichés aux non-avertis!

Enfin, pour être moins générale sur le contenu de fond de cette BD, je dirai qu'on dépasse le simple passage en revue des petits riens qui font le quotidien d'un instituteur (ce qui, pour m'a part, m'aurait déjà suffi, puisqu'elles apportent leur lot d'humour, parfois un peu grinçant), puisqu'on suit également "l'aventure" scolaire de cette poignée d'enfants terribles un peu à la manière d'un thriller (y arrivera? y arrivera pas?) - bon, d'accord, j'exagère un peu, mais l'esprit est là. Comme le narrateur, on finit par s'attacher à chacun d'eux, à s'émouvoir du succès de l'un, à vouloir aller nous-mêmes sortir un autre de conditions familiales déplorables, etc. J'ai pour ma part vraiment accroché à ce qui m'était raconté.

Si l'on fait le bilan, on a donc une forme graphique très efficace, une histoire qui accroche, de l'humour, de l'émotion et une immersion parfaitement réussie dans le monde des enseignants d'école primaire... Ça fait donc un excellent score moyen, et ça me fait dire que vous passerez assurément un bon moment en lisant cette BD! :)

Merci Gilles pour le prêt! :)

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