Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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samedi 25 février 2012

Y a pas à dire, le titre est bien choisi...

C'est d'une déception que je vais vous parler aujourd'hui. J'étais pourtant fort optimiste quant à ce policier, à classer dans la catégorie "achat impulsif" (le dernier en date, d'ailleurs, et le premier depuis fort longtemps - que voulez-vous, tout se perd...). Alors que je me baladais innocemment entre les tables de la célèbre librairie bordelaise Mollat, les commentaires  archi-enthousiastes des libraires sur leurs petites fiches cartonnées m'avaient semblé le gage d'un agréable moment en perspective... Si la promesse a été tenue sur une bonne première moitié du livre, tout est ensuite retombé comme un soufflé, puis encore bien plus bas (s'il est possible) avec le dénouement...


Comme je l'écrivais donc en préambule à ce billet, au départ, tout allait bien, et même pour le mieux : nous avons ici, comme dans moults romans policiers classiques, une accroche où le narrateur, psychiatre de son état, est mis en présence d'un curieux personnage aux agissements non moins étranges qu'il va décider d'élucider, ce qui va évidemment l'entraîner dans une enquête en bonne et due forme puis dans toute une série d'aventures. Ici, le curieux personnage est Jacob Blunt, jeune héritier richissime et désœuvré qui se croit fou parce qu'il travaille pour des lutins qui lui donnent de l'argent pour porter des fleurs dans ses cheveux, siffler dans les salles de concert, ou se balader en ville avec des percherons (en même temps, le pauvre, on le comprend). Pas méchant, le bougre, mais il devient le suspect numéro 1 lorsqu'on retrouve un percheron attaché à un lampadaire juste devant le domicile d'une artiste en vue fraîchement assassinée. Comme dans les policiers classiques, direction le commissariat, sauf que rapidement, un incident majeur vient bousculer le fil de l'histoire jusque-là pépère (et néanmoins prometteuse) qui s'annonçait, nous projetant plusieurs mois après les faits. 

Là, j'ai été conquise, d'autant plus que j'avais cru comprendre qu'on intégrait même un peu de fantastique dans l'histoire (mais finalement non, et je n'arrive pas à savoir si c'est simplement une mauvaise interprétation de ma part ou si l'auteur avait volontairement laissé penser qu'il y avait bien du fantastique dans l'air pour donner plus d'impact à l'un ses coups de théâtre - ce que je ne trouve pas très fair-play, mais bon...). A ce stade, je voyais la promesse d'un très bon roman avec, en parallèle de cette enquête de base déjà intéressante, une seconde enquête concernant plus spécifiquement le narrateur. Bon, j'imagine que ceux qui parmi vous sont des habitués de romans policiers trouveront le concept galvaudé, déjà vu, revu et rerevu, n'empêche que pour ma part j'ai trouvé ça original... 

Bref, tout se passait fort bien entre moi et La Mort en gros sabots jusqu'à l'apparition réitérée de ce que l'on nomme couramment "les grosses ficelles"... Bon, le coup de l'amnésique dont une partie de la mémoire revient tout d'un coup (et au bon moment, évidemment), qu'on le fasse une fois, c'est déjà limite ; mais deux (et limite trois), je trouve que c'est franchement manquer de respect envers le lecteur! De même, Bardin aurait pu nous épargner la double démonstration finale (parce que la première était fausse - mais aurait pu être vraie sauf que non, c'est pas ça), qui multiplie donc par deux l'aspect artificiel que je trouve déjà à l'exercice en temps normal, les personnages girouettes pas du tout crédibles (mais bien pratiques pour garder du suspense à bon compte) ou les gros sabots comme un carnet qu'on retrouve miraculeusement  quelques pages avant la fin et qui explique tout...

Pour résumer, j'ai été tellement agacée par ces artifices grossiers que je ne saurais même pas dire si l'histoire policière en elle-même est bonne ou non (cela dit, et pour ma défense, il est difficile de détacher l'histoire des personnages subitement devenus caricaturaux qui la jouent...). Donc, je ne saurais malheureusement pas vous conseiller la lecture de La Mort en gros sabots, malgré son démarrage sur les chapeaux de roue, à moins que vous n'ayez rien contre les grosses ficelles pour fabriquer du suspense à la fin de chaque chapitre...

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