Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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mardi 20 mars 2012

Mon salon du Livre de Paris, édition 2012...

Comme vous le savez probablement, hier se clôturait le 32e salon du Livre de Paris. N'écoutant que mon courage (et aussi mon envie de voir mescopinesCarolineLaëtitia et Fanny - qui ne blogue pas mais quand même...), je montai donc vendredi matin dans un TGV au départ de Bordeaux et à destination de Paris-Montparnasse (imaginez ici la voix de la dame SNCF) pour me joindre à la frénésie littéraire généralisée qui régnait Porte de Versailles... Je ne suis pas sûre de retrouver l'éloquence de mon dernier compte-rendu, mais enfin, je vais faire de mon mieux pour vous narrer ces quelques journées passées au Salon...



Ma "feuille de route" initiale était on ne peut plus floue : je voulais essentiellement aller saluer ceux de mes clients qui étaient présents sur le salon (car, me disais-je, il y en aurait forcément), essayer de retrouver les personnes que j'avais rencontrées en 2010, et éventuellement prendre de nouveaux contacts. Il se trouve qu'aucun de mes clients n'était sur le Salon cette année (la faute à la crise, paraît-il), ou alors pas en même temps que moi ; même chose pour une bonne partie de mes contacts d'il y a deux ans... Quant à prospecter, sans cartes de visite et en contexte économique peu favorable, cela n'a pas été des plus réussi... Mention spéciale tout de même pour l'accueil glacial, voire ouvertement méprisant, d'un des responsables de la maison du Dilettante, qui n'a même pas daigné me regarder quand il me parlait. Les yeux fixés au loin sur quelque chose qui nécessitait visiblement toute son attention et qui ne souffrait pas que je l'incommode plus longtemps, il m'a débité un laïus fort bien tourné me faisant comprendre que j'étais trop jeune pour être compétente et que j'étais la dernière personne de laquelle il avait besoin. Un jeune vendeur, à côté de lui, avait l'air dépité pour moi ; qu'importe, ce n'est pas demain la veille que je rachèterai un bouquin de chez eux. Quel dommage qu'une seule personne puisse ainsi salir dans mon esprit l'image d'une maison qui, jusqu'alors, y jouissait d'un a priori franchement positif... Surtout que d'autres éditeurs ont été capables de me dire qu'ils avaient un correcteur attitré qui leur convenait sans être désagréables pour autant (et même au contraire!). Bref, dans la mesure où cette malencontreuse scène s'est produite dès mon arrivée, je n'ai plus trop eu la tête à démarcher qui que ce soit ensuite...

C'est sans doute ce qui explique le drame de tout cet argent liquide volatilisé en si peu de temps. Quand j'avais été on ne peut plus raisonnable en 2010 (alors que j'étais restée plus longtemps sur le Salon, si mes souvenirs sont bons...) en n'achetant qu'un seul bouquin, j'en suis repartie cette fois-ci avec pas moins de 5 achats! 

 
Sur la photo, vous comptez 7 livres, n'est-ce pas? Vous avez raison. :)

Pour vous les présenter rapidement :

- Le Chien Iodok, d'Aleksej Meshkof, a été publié aux éditions de L'Arbre Vengeur, qui me faisaient de l'oeil depuis bien longtemps (j'adore la majorité de leurs couvertures). Elles sont relativement connues par rapport à un projet qu'elles mènent depuis plusieurs années avec Eric Chevillard : le Journal de l'autofictif. L'histoire de celui-ci est celle d'un homme malheureux parmi ses congénères qui décide de se faire passer pour un chien ; si j'ai bien suivi, on est là dans une fable sombre qui traite notamment de la question du totalitarisme. Si ce sujet de fond m'attire assez, le parallèle que je vois avec le fantastique à la Yan Marchand (que j'ai lu chez Griffe d'Encre) et le rappel à Métropolitain (une histoire de chien aussi, mais fort différente, je pense) ont sans doute joué aussi dans ma décision d'emmener ce roman...

- Retour à Palerme est le deuxième "roman italien" de Jean-Pierre Cabanes publié aux éditions Aubéron (mais le dix-huitième roman en tout!), après Ciao Bella, que je viens de commenter sur ce blog. C'est parce que j'ai tout aimé de ce dernier que j'ai fait l'acquisition du suivant. Comme ma lecture était toute fraîche, j'ai pu discuter avec l'auteur (qui était présent lors de mon deuxième jour de salon, le samedi) et lui poser toutes les questions qui m'étaient passées par la tête. Cet échange a été des plus agréable et j'espère que le suivant le sera tout autant! Mettrai-je encore deux ans avant de lire le roman, là est la question!

- Un Chien qui hurle, de Denis Parent, chez Stéphane Million éditeur. C'est en voisine que je suis allée me présenter à Stéphane Million : sa maison d'édition est basée à moins d'une demi-heure de chez moi (en voiture, évidemment, on est quand même en Lot-et-Garonne). Sur son stand, j'ai effrayé Guillaume Chérel (que je ne connaissais pas du tout jusqu'alors, alors que, quand même, c'est lui) en lui fourguant un CV alors qu'il n'était pas du tout - mais alors pas du tout - un employeur potentiel (ben oui, je vous l'ai dit, je n'avais pas de cartes de visite!). Très chouette rencontre, en tout cas! Il y avait sur ce stand beaucoup de sourires et de bonne humeur. Du surréalisme aussi (avec par exemple cette dame d'une soixantaine d'années qui est venue demander à Stéphane Million de la renseigner sur le Japon, où elle voulait partir en vacances avec sa fille - Est-ce que les Japonais parlent un peu français ou anglais? Où est-ce qu'on peut dormir? Qu'est-ce qu'on mange? C'est sans doute le numéro de la revue Bordel consacré au Japon qui l'aura mise dans l'erreur...). Il y avait aussi un petit quelque chose du "milieu d'initiés" dans l'ambiance qui m'a fait me sentir très provinciale, par moments, mais enfin, j'y suis tout de même restée un moment à discuter avec des gens sympathiques... D'ailleurs, en partant je me suis vu offrir un numéro de la revue Bordel consacré à "La jeune fille". Merci Stéphane!

- Tous les blues ne donnent pas le cafard, de Adamou Idé, aux éditions de La Cheminante (encore une maison aquitaine!), qui a retenu mon attention par son titre et sa couverture. L'auteur, Nigérien de passage en France pour le salon du Livre de Paris puis pour une résidence d'écriture à Bordeaux jusqu'au 10 avril, était présent sur le stand à ce moment-là et nous avons pu échanger quelques mots. Mon objectif est d'arriver à lire son livre d'ici L'Escale du Livre de Bordeaux, à la fin du mois, et de retourner le voir à cette occasion... Y parviendrai-je? (Suspense!)

- Le haïku en herbe, d'Isabel Asunsolo, aux éditions L'Iroli. Là, c'est un achat prémédité et raisonnable en vue de préparer un atelier d'écriture de haïkus ; rien à dire, donc! Si : l'auteur, Isabel Asunsolo, est une personne solaire, vous savez, le genre dont le sourire est contagieux et radieux. La rencontrer fut un plaisir, bien que notre échange ait été plutôt bref. Elle semble passionnée par ce qu'elle fait et siège d'ailleurs au conseil d'administration de l'Association francophone de Haïku.

Il reste deux éléments non commentés sur la photo : un petit livre sur les proverbes du monde et une "prescription". J'ai récupéré le premier en participant samedi après-midi à la "Dictée pour les Nuls" (où les cattleyas, forsythias, De Dion-Bouton et 2 ou 3 autres fautes d'orthographe plus ou moins pardonnables m'ont écartée du podium...). Quant à la seconde, elle mérite que je vous en dise quelques mots : elle est en effet le bilan de mon passage sur le stand "Ces livres qui changent la vie", où je suis allée voir, en compagnie de Laëtitia, un conseiller littéraire (si ça peut vous rassurer, notre cas ne nécessitait pas de recourir à un bibliothérapeute). Autour d'une table ronde, il nous a fait parler de nos lectures, de ce que nous aimions (ou pas) l'une et l'autre, de l'état que nous recherchions à travers la lecture, etc. à partir de quoi il a établi pour chacune de nous une sorte d'ordonnance... Voici la mienne :

 

L'exercice était vraiment sympathique et distrayant, et le conseiller littéraire m'a semblé avoir une immense culture dans ce domaine (je craignais au contraire qu'on nous case dans un tableau ou que la personne en face se réfère à un support préétabli qui nous conseillerait tel ou tel bouquin). Bon, après je ne suis pas certaine qu'il ait bien cerné mon profil de lectrice, car il m'a semblé s'appesantir beaucoup sur ma mention du fantastique alors que c'est loin d'être la majorité de ce que je lis. Enfin, peu importe : c'était une excellente idée!

J'ai évidemment aussi fureté un peu dans le salon, notamment sur le stand des éditions Pour penser à l'endroit, spécialisée dans les livres pour enfants et engagée dans une démarche écologique. Leurs ouvrages sont vraiment très joliment illustrés et sont des supports idéaux pour de multiples discussions avec les enfants sur tout un tas de sujets. Vous pouvez feuilleter leur catalogue ici, et ils ont même un site spécialement dédié aux enseignants ou aux animateurs qui souhaiteraient utiliser leurs ouvrages en classe!


Enfin, je ne peux terminer mon billet de compte-rendu sans parler des quelques pauses que je me suis offertes sur le stand de e-narrator, où macopineLaëtitia donnait des lectures publiques. Juchée sur son tabouret avec un petit micro, elle a prêté sa voix avec talent aux différents textes publiés par la maison d'édition (qui est aussi une communauté et se veut un réseau social à part entière), ses mots venant se nicher au creux de nos délicates oreilles grâce aux casques prévus sur place... C'était à voir (et surtout à entendre), et je vous conseille de guetter les prochaines interventions de Laëtitia!


Voilà donc, en un gros résumé, mon salon du Livre 2012. En plus de mes achats, quelques prêts sont venus alourdir ma valise... Je suis incorrigible! ^_^ (mais heureusement, en fait!)


 Merci à mescopinesLaëtitia et Fanny pour l'accueil parisien... à charge de revanche! :D

3 commentaires:

Phil a dit…

Je le confesse : je ne suis jamais allé à un salon du livre. Peut-être que je me prive de quelques découvertes... J'ai un peu peur que ça fasse la foire du livre et que je ne sache plus vraiment où donner de la tête...

Caroline a dit…

Merci pour ce compte-rendu Lucile !

Il faut que je te parle de ma séance de bibliothérapie, j'ai failli coller notre conseiller littéraire, qui finalement a sorti un titre (et non, pas une pièce de Racine ;-)). J'ai acheté ce roman et attends LE moment pour m'y mettre.

Lucile a dit…

@ Phil : ce n'est pas tout à fait faux... En fait, ça dépend vraiment de ton état d'esprit (qui peut changer d'un jour à l'autre). Pour ma part, si je suis "en forme", je fais sur les salons des rencontres vraiment intéressantes, et pour cause : les gens qui s'y trouvent sont généralement des passionnés, les éditeurs ont vocation à faire découvrir des choses au public et sont donc bien souvent très ouverts à la discussion et pédagogues... Peut-être que tu devrais essayer, un jour! Un petit salon serait peut-être une bonne occasion de tenter le coup?

@ Caro : ah, génial! Tu sais si tu as vu le même conseiller que nous? Tu veux bien me dire quel titre il t'a conseillé ou c'est indiscret?