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JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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vendredi 21 octobre 2016

"La colle tient mal au gouffre."

 
Bonjour! Oui, je sais, la reprise du blog laisse complètement à désirer. Plus de trois mois entre deux billets de lecture. La grosse loose. (Et je parle comme je veux.) Mais bon, j'y tiens, je reviens, voilà c'est tout! :-) Bon, aujourd'hui, c'est pour parler d'un flop de lecture (lu il y a plus de trois mois, là aussi, et donc rédigé exclusivement à partir de mes notes de lecture ; pardonnez du coup mon style plus factuel sur ce billet). Mais tant pis : bloguons, les amis, bloguons...

Et pour commencer, disons quelques mots de l'histoire... Dans une ville de la banlieue déshéritée et "à problèmes" de Boston, un retraité est retrouvé égorgé et le visage mutilé dans sa voiture. Le shérif McCarthy va devoir enquêter sur ce cas.



Alors autant vous le dire tout de suite, malgré la couverture très réussie (de mon point de vue) et le titre prometteur, ce roman ne doit certainement pas être lu pour l'intrigue policière - qui piétine toute la durée du livre et se dénoue finalement brusquement sans même que le lecteur obtienne toutes les réponses à ses questions. Du coup, je ne vous en parle pas plus non plus, hein. Etant donné que c'était bien un roman policier que j'étais venue chercher, ça commençait plutôt mal... 

Malheureusement, je n'ai pas non plus spécialement apprécié les personnages principaux, au nombre de deux.
Tout d'abord, le shérif McCarthy, sorte d'homme parfait (bon père de famille, impliqué dans la vie de sa paroisse, intègre), mais en perpétuel questionnement sur l'utilité de son travail et de son engagement - ce dont j'avoue avoir fini par me lasser vu le peu d'évolution du personnage sur le roman. Disons que "désabusé" est un qualificatif qui lui va comme un gant. C'est d'ailleurs son seul point commun avec Franck, que la quatrième de couverture présente comme "le double sombre du shérif".
Lui est un détective privé d'une trentaine d'années sans aucune morale, méprisant à peu près la terre entière, passant son temps à se droguer (le "nuage de coke" du titre s'approche clairement du cumulo-nimbus, presque exclusivement consommé par Franck). J'ai été vraiment déçue de ce personnage, sur qui je comptais pour animer ma lecture. J'ai malheureusement trouvé assez inconsistant celui que l'on nous présente en quatrième de couverture comme un "dandy" (car non, pour moi, il ne suffit pas d'être cultivé et de lire Pélardon pour être un dandy. D'ailleurs, on trouve aussi, dans les citations mises en exergue en début de chapitres, du Gombrowicz, qui me semble-t-il est le même genre d'écrivain sulfureux. Juste au cas où on n'aurait pas compris qu'on est dans un livre de dandy - bon, je sais, je frôle la méchanceté. Désolée, Quentin Mouron, mais ça m'a teeeellement agacée!). 

"J'aimerais vous dire quelque chose d'original. Mais j'ai l'impression (son regard se voile de tristesse) de n'être qu'une marionnette, une sorte de casse-noisette boiteux. Ou pire, un personnage de roman que son auteur tenterait de mouvoir au mépris le plus flagrant des règles de la psychologie humaine. Un auteur pervers qui aurait soif de liberté, de fantaisie - sans toutefois être capable d'en finir avec la fatalité, avec la banalité... Je vous semble fou... ce n'est pas le cas : tel que vous me voyez, je ne suis qu'un petit toxicomane ordinaire duquel le premier médecin venu pourrait proposer une explication complète. Je vous semble coloré, chatoyant... erreur! Ce n'est qu'une réaction épidermique à la grisaille du monde. Vous voyez en moi un homme assuré : allons, vous êtes peut-être plus courageux que moi! Vous me demandez qui je suis... Que répondre? Un masque, je suis un masque. Appliqué tant bien que mal sur un éclatement, et qui glisse, glisse... La colle tient mal au gouffre."
p. 188/189 (un bon portrait, en effet)

En fait, je n'ai jamais très bien compris ce que Franck faisait dans cette histoire, ni pourquoi à peu près personne ne s'émouvait de sa présence alors qu'elle me paraissait personnellement tellement incongrue. Par ailleurs, j'ai trouvé que son statut de privé permettait de justifier un peu trop facilement le fait qu'il sache à peu près tout sur tout le monde sans avoir à s'en expliquer. C'est bien commode, et bien frustrant pour le lecteur (un peu) rationnel dans mon genre.

Bref, pour finir sur ces personnages, l'un comme l'autre m'ont semblé complètement figés dans les portraits que Mouron en avait brossé dès le départ : statiques, sans surprise, ennuyeux. Les conceptions de la vie et de la société de l'un et de l'autre étant détaillées à l'envi, je me suis du coup sentie plusieurs fois "chaperonnée" dans mon interprétation de ce que je lisais (et s'il y a une chose que je déteste, c'est qu'on me dise quoi penser... même si c'est vrai! Non mais! ^_^ ).

Quant à l'ambiance, au décor, disons qu'on ne quitte jamais une ville poisseuse et ses milieux interlopes (hormis une escapade au musée). Certaines scènes ont bien lieu dans des maisons proprettes, voire franchement cossues de la ville, mais sont toujours noircies par la présence de personnages tourmentés ou peu fréquentables, et ça, ça manquait vraiment trop de contraste pour moi...

Bon voilà, en résumé je me suis ennuyée, soit que je sois passée complètement à côté des qualités de ce livre, soit que je sois juste totalement hermétique au dandysme et aux milieux louches...

Pour finir sur une note positive, et ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain, il faut reconnaître à l'auteur un véritable talent dans le style, qui nous projette dans l'histoire avec un génie tout cinématographique. Lorsqu'il amène un personnage nouveau dans l'intrigue, il nous livre une sorte de mini-résumé comportant des infos que seul le narrateur omniscient peut connaître et qui rend le tout très visuel, comme si on avait un condensé des infos à connaître pour bien situer le personnage et pouvoir suivre l'intrigue correctement. J'ai adoré ce procédé, que je n'ai malheureusement pu goûter que dans les premières pages du livre, puisque c'est là que nous sont présentés les personnages, Cela me fait dire que selon le sujet du prochain qui me tombera entre les mains, je n'exclus pas de me faire à nouveau du Mouron un de ces jours.

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